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Faune Guadeloupe

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Articles avec #oiseaux des zones humides

Fabienne, Nathalie, Pauline, Baptiste et Régis mobilisés pour la sortie nautique de L'ASFA consacrée au suivi des colonies nicheuses de pélicans bruns. C'est aussi l'occasion de réaliser de belles observations naturalistes (Photo: B. Ibéné)

Fabienne, Nathalie, Pauline, Baptiste et Régis mobilisés pour la sortie nautique de L'ASFA consacrée au suivi des colonies nicheuses de pélicans bruns. C'est aussi l'occasion de réaliser de belles observations naturalistes (Photo: B. Ibéné)

Une partie de la colonie de Pélicans bruns du Gosier découverte et suivie par L'ASFA depuis 2008. Une distance minimale de 50 mètres est indispensable pour éviter tout dérangement. (Photo: R. Gomès)

Une partie de la colonie de Pélicans bruns du Gosier découverte et suivie par L'ASFA depuis 2008. Une distance minimale de 50 mètres est indispensable pour éviter tout dérangement. (Photo: R. Gomès)

La colonie de Pélicans bruns du Gosier semble retrouver des couleurs

 

Un beau soleil nous accueille ce dimanche 20 décembre 2015 pour la sortie annuelle de visite des deux colonies de Pélicans bruns du Gosier et du Grand Cul-de-sac marin. Les populations de ce superbe oiseau ont été lourdement affectées - entre autres - par la présence de DDT, un insecticide organochloré très rémanent, dans son environnement, entrainant sa quasi disparition dans les années 70 (bioaccumulation impactant sa reproduction). Depuis l'interdiction de ce pesticide dans les années 70 et il a fallu attendre les années 90 et des plans de restauration américains pour voir  les populations mondiales remonter. 

Réinstallée en Guadeloupe depuis une dizaine d'années (voir archives de février 2015 http://www.faune-guadeloupe.com/article-suivi-de-l-unique-colonie-nicheuse-connue-de-pelicans-bruns-en-guadeloupe-continentale-117290988.html), l'espèce compte actuellement 3 colonies nicheuses suivies par L'ASFA. D’autres s’installeront peut-être…

Notre virée nautique, tout comme celle de début d'année, nous a permis de faire de surprenantes rencontres !

(http://www.faune-guadeloupe.com/2015/02/premiere-observation-confirmee-d-un-balbuzard-pecheur-caribeen-en-guadeloupe.html)

 

Première étape à Gosier, où nous observons le début de la période de reproduction, avec une cinquantaine de nids en place. La colonie s’est légèrement déplacée pour s’éloigner des habitations suite aux dérangements occasionnés (http://www.faune-guadeloupe.com/2015/11/suivi-des-colonies-de-nidification-du-pelican-brun-en-guadeloupe-bilan-saison-2014-2015.html).

Ouf..! Un premier soulagement après la forte baisse constatée à la saison 2014/2015  (- 35% de nids par rapport à la sasion babyboom de 2013/2014).

Pourvu que cette belle saison se poursuive sans encombres notamment sans dérangements auquels les pélicans sont extrêmement  sensibles quand ils sont en période de reproduction.

Retour vers la Rivière salée, non loin de la colonie du Gosier, nous observons un Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus occupé à se délecter de sa proie fraichement pêchée.

 

Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) sur un figuier. C'est un migrateur régulièrement observé en Guadeloupe en cette période (septembre mars). (Photo : R. Gomès)

Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) sur un figuier. C'est un migrateur régulièrement observé en Guadeloupe en cette période (septembre mars). (Photo : R. Gomès)

Un arrêt un peu avant la Rivière Salée, nous sommes interpellés par un groupe de Sternes royales (Thalasseus maximus) posées très scrupuleusement tous les 50 cm sur une structure flottante. Reconnaissables à leur grande taille et leur bec orangé, elles semblent poser pour la photo !

Nous remarquons que 4 d’entre-elles sont baguées, certainement par un ornithologue ou biologiste plus au nord sur un de ses sites de nidification.

Une mouette atricille (Leucophaeus atricilla) encore en plumage d’été est aussi présente. Une sterne de Caugek (Thalasseus sandvicensis) ou, selon les auteurs, Sterne de Cabot (Thalasseus acuflavidus) tente de s'intercaler, mais la résidence affiche complet !

Deux sternes royales et une sterne de Cabot dans le Petit Cul-de-sac-Marin (Photo: R. Gomès)

Deux sternes royales et une sterne de Cabot dans le Petit Cul-de-sac-Marin (Photo: R. Gomès)

De belles surprises côté faune marine

 

Régis nous fait découvrir en mangrove un simple merveille : des méduses de mangrove Cassiopea andromeda. Elles affectionnent ces fonds peu profonds et protégés des courants. Où, posées sur le fond vaseux, ombrelles retournées, tentacules buccaux vers le haut, elles attendent leurs proies qui par malheur pendront leurs jardins de tentacules colorées pour un quelconque herbier…

Une escale rafraichissante dans le lagon de l'îlet Fajou, et à nous un banc de placides barracudas, la majorité d’entre eux dépassant le mètre. Tout près du bateau, une raie pastenague à queue épineuse, Dasyatis centroura dixit Baptiste, enfouie sous le sable, s'est faite discrète. Chirurgiens, Perroquets, Poissons coffres, Mérou de Nassau et autres poissons complètent le tableau multicolore.

Nous sommes gâtés puisqu'un cortège de tortues juste émergées des plages de Fajou, ballotées dans les vagues, et tentant de rejoindre le large, probablement par la fameuse Passe à Caret, défilent devant nous. Emouvant spectacle que ces minuscules bébés courageux, se battant déjà pour leur survie. Une découverte pour nous, à la moindre alerte, les petites tortues font les mortes ramenant leurs membres le long du corps, à les confondre avec des algues flottantes ! Il s'agit là de tortues imbriquées, Eretmochelys imbricata.

 

Sur les rives de l’ilet Fajou, nous pouvons apercevoir quelques limicoles Tournepierres à collier Arenaria interpres et Pluviers argentés Pluvialis squatarola.

Milan noir rapace accidentel poursuivant un balbuzard pêcheur rapace régulier chez nous. (photo : B. Ibéné)

Milan noir rapace accidentel poursuivant un balbuzard pêcheur rapace régulier chez nous. (photo : B. Ibéné)

Un oiseau migrateur européen dérouté, en escale forcée en Guadeloupe

 

De loin, nous observons les silhouettes d'un Milan noir Milvus migrans et d'un Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus carolinensis en vol au dessus de l'îlet Fajou.

Plus tard nous nous rapprochons d'un îlet, où nichent Aigrettes neigeuses Egretta thula, hérons garde-bœufs Bubulcus ibis, Grandes aigrettes Ardea alba...

Et surprise, nous y retrouvons le milan noir !  Il poursuit un balbuzard pêcheur ...peut être par habitude de vouloir lui subtiliser sa pitance.  

Le Milan noir est un oiseau nicheur d'Europe, et migre en général en Afrique tropicale, du Sénégal au Kenya. C'est sans doute égaré lors d'une tempête qu'il s'est retrouvé chez nous http://www.faune-guadeloupe.com/2015/12/une-observation-rarissime-un-milan-noir-milvus-migrans-en-guadeloupe.html

Le Balbuzard pêcheur nommé Gligli montagne est le plus grand rapace (1m60 à 1m80 d'envergure) qu'on puisse observer en Guadeloupe. Il fréquente les milieux humides (rivières, étangs, mangroves, ..) où il recherche des poissons.

Le spectacle continue. Nous observons le milan, en pleine action de chasse sur l'îlet, n'hésitant pas à fondre sur les nids, affolant les hérons garde-bœufs dans un tumulte de protestations. Impassible, un faucon pèlerin Falco peregrinus en pause, observe aussi la scène.  Cet autre rapace est un hivervant régulier en Guadeloupe. Chasseur de haut vol, il est fréquemment observé aux abords des colonies d'oiseaux. C'est le plus rapide des animaux, capable de piqués à plus 300km/h lorsqu'il fond sur sa proie en vol. Généralement un oiseau. Mais les chauves-souris ne sont pas épargnées.

Avec l'observation d'un Crécerelle d'Amérique Falco sparverius sur les falaises du Gosier, ce sont donc 4 espèces de rapaces que nous avons eu la chance de rencontrer lors de cette sortie ! 

Balbuzard pêcheur sur un amandier pays. Un des 5 observés lors de la sortie du 20 décembre. (Photo: B. Ibéné)

Balbuzard pêcheur sur un amandier pays. Un des 5 observés lors de la sortie du 20 décembre. (Photo: B. Ibéné)

Faucon pèlerin (Falco peregrinus) sur un palétuvier rouge. (Photo: R. Gomès)

Faucon pèlerin (Falco peregrinus) sur un palétuvier rouge. (Photo: R. Gomès)

Côté Pélicans du Grand Cul de Sac Marin 

Cette petite colonie du Grand Cul-de-Sac Marin est récente (3 ème année d'installation). Cinq nids sont visibles avec des oiseaux couveurs et plusieurs autres couples en plumage nuptial sont présents. Ce qui est de bonne augure pour un développement de cette colonie située en coeur de Parc National. Pour peu que ni bateaux ni engins volants ne viennent perturber la tranquillité des oiseaux nicheurs...

La petite colonie du Grand Cul-de-Sac Marin en coeur de Parc National.

La petite colonie du Grand Cul-de-Sac Marin en coeur de Parc National.

Observation à la jumelle. Le respect d'une distance de sécurité minimale de 50 mètres et d'une vitesse lente de 5 noeuds est indispensable pour ne pas perturber l'installation des couples et la couvaison. Néanmoins il est admis que la distance minimale la plus sécurisante pour les colonies de pélicans bruns est de 100 mètres ! (Photo : B. Ibéné)

Observation à la jumelle. Le respect d'une distance de sécurité minimale de 50 mètres et d'une vitesse lente de 5 noeuds est indispensable pour ne pas perturber l'installation des couples et la couvaison. Néanmoins il est admis que la distance minimale la plus sécurisante pour les colonies de pélicans bruns est de 100 mètres ! (Photo : B. Ibéné)

Frégate mâle. Les frégates paradent en Guadeloupe mais n'y nidifient plus depuis le 17ème siècle. Les dérangements encore trop fréquents autour des îlets du Grand Cul-de-Sac Marin dissuadent probablement les couples de se réinstaller.

Frégate mâle. Les frégates paradent en Guadeloupe mais n'y nidifient plus depuis le 17ème siècle. Les dérangements encore trop fréquents autour des îlets du Grand Cul-de-Sac Marin dissuadent probablement les couples de se réinstaller.

Un bateau trop proche de la colonie d'oiseaux. Le dérangement est le principal facteur de déclin des colonies nicheuses d'oiseaux marins.

Un bateau trop proche de la colonie d'oiseaux. Le dérangement est le principal facteur de déclin des colonies nicheuses d'oiseaux marins.

Sortie nautique de L'ASFA pour le suivi des colonies de pélicans bruns

Retour à la base, au soleil déclinant, irradiant sur l'horizon des monts de Sainte Rose, avec en tête les images que notre nature nous a offerte, et la conscience d'avoir côtoyé un trésor fragile, à protéger.

Vivement l'année prochaine !

Fabienne

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Milan noir photographié en Guadeloupe lors d'une sortie de l'ASFA (Crédit : Béatrice Ibéné)

Milan noir photographié en Guadeloupe lors d'une sortie de l'ASFA (Crédit : Béatrice Ibéné)

Milan noir scrutant la surface de l'eau, sans doute à la recherche d'un poisson malade ou mort. (crédit : Béatrice Ibéné)

Milan noir scrutant la surface de l'eau, sans doute à la recherche d'un poisson malade ou mort. (crédit : Béatrice Ibéné)

Majestueux milan noir observé le 20 décembre 2015 en Guadeloupe lors de la sortie de L'ASFA consacrée à l'étude des colonies nicheuses de Pélican brun. (Crédit : Régis Gomès)

Majestueux milan noir observé le 20 décembre 2015 en Guadeloupe lors de la sortie de L'ASFA consacrée à l'étude des colonies nicheuses de Pélican brun. (Crédit : Régis Gomès)

Milan noir planant au dessus du Grand Cul de Sac-Marin . (Crédit : Régis Gomès)

Milan noir planant au dessus du Grand Cul de Sac-Marin . (Crédit : Régis Gomès)

Milan noir. Sa queue apparait légèrement fourchue quand elle est déployée. (crédit : Béatrice Ibéné)

Milan noir. Sa queue apparait légèrement fourchue quand elle est déployée. (crédit : Béatrice Ibéné)

Une observation mémorable : un Milan noir en Guadeloupe !

 

Lors de la sortie bateau annuelle de L'ASFA consacrée au suivi des colonies de Pélicans bruns, nous avons pu observer un Milan noir sur le Grand Cul-de-Sac-marin. A notre connaissance,  il s'agit de la deuxième année seulement que ce rapace accidentel est observé en Guadeloupe (la première fois c'était en 2008) !

 

Le Milan noir est un rapace d'assez grande envergure (135 à 155 cm) qui se nourrit principalement de proies mortes, essentiellement aquatiques (poissons) , ou d'autres charognes.

 

Le milan noir observé est sans doute un individu égaré sur sa route de migration hivernale entre l'Europe (où il se reproduit) et le Sud du Sahara (où il hiverne).

 

Nous l'avons observé poursuivant un Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus), pourtant sans poisson dans les serres...

En revanche, nous avons assisté à une de ses remarquables attaques sur une héronnière où il a réussi à prélever un jeune poussin d'héron garde-boeuf (Bubulcus ibis).

 

Souhaitons que cet individu parvienne à traverser l'Atlantique pour regagner son aire de reproduction en Europe à la prochaine saision des amours .. ; et que d'ici là, il ne fasse de mauvaises rencontres, commes les balles d'un chasseur ..

 

Le miIan noir poursuit un balbuzard pêcheur. (crédit : Béatrice Ibéné)

Le miIan noir poursuit un balbuzard pêcheur. (crédit : Béatrice Ibéné)

Course-poursuite Milan noir vs Balbuzard pêcheur (crédit : Régis Gomès)

Course-poursuite Milan noir vs Balbuzard pêcheur (crédit : Régis Gomès)

Milan noir fonçant sur une héronnière avant d'y prélever un jeune poussin d'héron garde-boeuf (Photo : béatrice Ibéné )

Milan noir fonçant sur une héronnière avant d'y prélever un jeune poussin d'héron garde-boeuf (Photo : béatrice Ibéné )

Fabienne, Nathalie, Pauline, Baptiste et Régis enchantés de l'observation du Milan noir ! (Photo: B. Ibéné)

Fabienne, Nathalie, Pauline, Baptiste et Régis enchantés de l'observation du Milan noir ! (Photo: B. Ibéné)

Béatrice et Nathalie en plein émerveillement à la vue du rarissime Milan noir en Guadeloupe ! (Photo: Fabienne Issaly)

Béatrice et Nathalie en plein émerveillement à la vue du rarissime Milan noir en Guadeloupe ! (Photo: Fabienne Issaly)

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Le lieu magnifique de l'observation : la Grande Rivière à Goyaves  (crédit photo : R. Gomès et B. Ibéné).Le lieu magnifique de l'observation : la Grande Rivière à Goyaves  (crédit photo : R. Gomès et B. Ibéné).

Le lieu magnifique de l'observation : la Grande Rivière à Goyaves (crédit photo : R. Gomès et B. Ibéné).

Balbuzards pêcheurs caribéens Pandion haliaetus ridgwayi ( crédit photo : dfaulder et Matthieu Sileo)   Balbuzards pêcheurs caribéens Pandion haliaetus ridgwayi ( crédit photo : dfaulder et Matthieu Sileo)

Balbuzards pêcheurs caribéens Pandion haliaetus ridgwayi ( crédit photo : dfaulder et Matthieu Sileo)

 

Première observation exaltante d'un couple

de Balbuzards pêcheurs caribéens

Pandion haliaetus ridgwayi

 

C'est ce dimanche 15 février, que nous avons pu faire cette observation au cours d'une sortie nautique réalisée par L'ASFA dans le cadre du suivi consacré essentiellement au Pélican brun (dont nous suivons le retour en tant que nicheur en Guadeloupe depuis une petite dizaine d'années). Mais bien sûr un oeil attentif est également porté aux autres oiseaux marins et de zones humides .

 

Le Balbuzard

Le balbuzard pêcheur est également appelé aigle pêcheur, mais aussi chez nous Gligli Montagne. Avec son mètre soixante d'envergure, c'est le plus grand rapace qu'il nous est permis d'observer en Guadeloupe.  Il chasse dans les eaux cotières et dans les zones humides (mangrove , étangs , rivières, ...).
 

Mais Il y a balbuzard et balbuzard !

En effet, si le balbuzard pêcheur s'observe régulièrement sur notre archipel, jusqu'alors les observations rapportées étaient toujours celles d'individus de la sous-espèce nord américaine Pandion haliaetus carolinensis .

 

L'observation...

Alors que nous naviguons sur la Grande Rivière à Goyaves non loin de son embouchure, balbuzards en vue !

Et comme à chaque fois, grande attention est portée aux signes distincitifs.

Et là, pour la première fois en 15 ans d'observation pour l'ASFA : nous observons un couple caribéen !

Le première individu, sans doute un mâle, qui vole droit devant est petit et très clair : ventre, poitrine et tête sont entièrement blancs. Aucune tache sur la poitrine et pas l'ombre d'un quelconque bandeau noir traversant l'oeil. A cet instant on comprend que nous avons au-dessus de nous un balbuzard de la sous-espèce caribéenne P. h. ridgwayi. Celle qui nichait chez nous au temps des Amérindiens et qu'aucun ornithologue comtemporain n'a observé depuis en Guadeloupe.

La femelle derrière, plus imposante présente une poitrine et un ventre tout aussi blancs. Nous ne pouvons observer le dessus de sa tête, en revanche, elle possède un bandeau foncé au travers de l'œil comme chez la sous-espèce nord-américaine. 

 

Le Balbuzard pêcheur caribéen Pandion haliaetus ridgwayi

Cette sous-sespèce autrefois largement répandue dans les Caraïbes a vu son aire de nidification se réduire fortement, nififiant aujourd'hui des Grandes Antilles jusqu'au Bélize. Quelques essais de nidification sont rapportés des Îles Vierges, de Puerto Rico et de Sainte-Lucie où elle a nidifié en 2006.

Elle est irrégulièrement vue aussi à la Barbade, à la Dominique, à la Martinique et jusqu'à Sainte-Lucie.

Nous avons bien recueuilli quleques témoignages de nidification du Balbuzard ces 20 dernières années en Guadeloupe mais aucun d'entre-eux n'a pu être prouvé. Quelques signes plus précis depuis l'an passé, nous laissent à penser que l'espèce pourrait de nouveau s'installer en Guadeloupe.

Mais quelle sous-espèce sera la première à nicher ?  P. h. ridgwayi ou P. h. carolinensis ?

Cette dernière est un hôte régulier en Guadeloupe, où les individus nichant au nord du continent américain viennent chaque année passer l'hiver sur le littoral et les rivières des îles de la Caraïbes et de l'Amérique du sud. Les individus immatures restent sous nos latitudes un peu plus longtemps et peuvent être vus toute l'année. Ils regagneront leur pays d'origine lorsqu'ils seront assez mûres pour se reproduire, vers l'âge de 3 ans.

 

 

 

Livrez- vous à un exercice de science participative !

Faites-nous faire part de toute observation d'oiseaux nicheurs

(nids, balbuzard transportant une branche, ...)

lasfa@wanadoo.fr

tel : 0690 50 72 32 

-------------------

 

Attention, le Balbuzard pêcheur comme tous les grands rapaces

est extrêmement sensible au dérangement sur son aire de nidification.

Il est recommandé de ne pas approcher à moins de 300 mètres de son nid

et surtout de ne pas y rester longtemps ! 

 

 

Béatrice Ibéné, Nathalie Serrand, Fabienne Issaly et Régis Gomès

 

 

 

Fabienne, Nathalie et Régis de L'ASFA  (crédit photo B . Ibéné)

Fabienne, Nathalie et Régis de L'ASFA (crédit photo B . Ibéné)

Autre source d'émerveillement lors de cette sortie : de somptueuses Grandes aigrettes (Ardea alba) en parade nuptiale (photo: R.Gomès)

Autre source d'émerveillement lors de cette sortie : de somptueuses Grandes aigrettes (Ardea alba) en parade nuptiale (photo: R.Gomès)

et lors d'une petite pause aquatique en PMT : un superbe et très zen barracuda et un trop joli poisson coffre mouton (crédit photos : R. Gomès) !et lors d'une petite pause aquatique en PMT : un superbe et très zen barracuda et un trop joli poisson coffre mouton (crédit photos : R. Gomès) !

et lors d'une petite pause aquatique en PMT : un superbe et très zen barracuda et un trop joli poisson coffre mouton (crédit photos : R. Gomès) !

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crédit photo : Régis Gomès

crédit photo : Régis Gomès

Suivi de la reproduction de la colonie de Pélicans bruns (Pelecanus occidentalis occidentalis) du Gosier (Guadeloupe, Antilles françaises) saison 2013/2014 - L'ASFA - Août 2014 

 

Monitoring of reproduction in 2014 of the colony of Brown Pelican (Pelecanus occidentalis occidentalis) in Le Gosier (Guadeloupe, French West Indies).

 

 

Téléchargez l'article de L'ASFA : ICI 

 

R. Gomès et B. Ibéné, 2014. Suivi de la reproduction de la colonie de Pélicans bruns (Pelecanus occidentalis occidentalis) du Gosier (Guadeloupe, Antilles françaises) saison 2013/2014. L'ASFA - Août 2014 

Crédit : Régis Gomès

Crédit : Régis Gomès

I - Historique de la nidification du Pélican brun en Guadeloupe

Le Pélican brun semblait être un nicheur commun en Guadeloupe au 17ème siècle. Suite à une chasse outrancière réalisée aux 18 et 19ème siècles, il disparut de nos îles comme oiseau nicheur. Il devint rare à observer jusqu’au milieu du 20ème siècle.

Les années 1990 virent un renouveau des populations dans la Caraïbe. Cette dynamique positive combinée à sa protection intégrale en Guadeloupe est à l’origine de l’augmentation des observations dans l’archipel guadeloupéen.

Ces trente dernières années quelques cas isolés de tentatives de nidification sont cités : - nidification d'un couple à Grand Ilet - Les Saintes en 1984 (E.Benito Espinal) - nidification d'un couple en 1996 à la plage Caraïbe de Pointe-Noire (AEVA)

Puis vinrent les installations de deux colonies de reproduction dans les années 2000 :

- l'une en Grande Terre sur la commune du Gosier, découverte par l’ASFA (1) en 2007 (installation probable en 2005)

- l'autre à Terre de Bas des Saintes ;

La colonie du Gosier la seule connue en Guadeloupe continentale fait l’objet d’une surveillance annuelle par L’ASFA. Elle comportait chaque année entre zéro et une dizaine de nids depuis sa découverte. La forte augmentation des effectifs en 2013 (2) nous a conduit à réaliser un suivi régulier et rigoureux pour la saison 2013 /2014.

 

II - Situation de la colonie

La colonie se trouve sur la commune du Gosier sur Grande-Terre. Elle est située en milieu péri-urbain sur une falaise de 25 à 30 mètres de hauteur. Celle-ci est en grande majorité entièrement recouverte d’une végétation arbustive et lianescente dans ses parties les plus verticales et arborée dans les parties à forte pente.

 

III – Objectifs

Le but principal de ce suivi est de connaitre la phénologie de la reproduction au sein de cette colonie ainsi que ses effectifs. De plus, les observations réalisées concourent à l’amélioration de la connaissance générale de l’espèce en Guadeloupe.

Les résultats obtenus pourront contribuer à la conservation de cette espèce protégée classée "Vulnérable" dans la liste rouge des oiseaux menacés de Guadeloupe(3) et inscrite en annexe II du protocole SPAW.

 

IV - Méthode de suivi

12 sorties ont été réalisées depuis le littoral de Décembre 2013 à Août 2014 : 24/12 en 2013, et 20/01, 03/02, 06/02, 21/02, 21/03, 23/03, 24/03, 13/04, 10/05, 31/05, 12/07, 03/08 en 2014.

Les observations ont été réalisées depuis 2 points distincts : . Le premier, est situé en contre bas et à l’écart de la colonie (distant de 200 à 300m des nids). Il nous a permis

de calculer le taux de reproduction en suivant tout le long de la saison deux échantillons de nids. . Le second point, se situe lui au-dessus de la colonie sur une propriété privée où les oiseaux ont l’habitude de la présence humaine. De ce point, nous avons pu observer les oiseaux de plus près et suivre les différents stades

d’élevage des poussins.

Aucun point depuis le littoral ne permettant d’observer l’ensemble de la colonie, les observations ont été complétées par 3 sorties nautiques (19/01, 02/02, 16/04. Des photographies de l’ensemble de la colonie ont été réalisées à chaque sortie afin de comptabiliser les nids (l’état de la mer ne permettant pas une bonne observation à la jumelle).

Cette méthode nous a permis de réduire le temps passé en bateau sous la colonie (moins de 10 minutes). Ainsi a été minimisé le stress des oiseaux les plus bas installés. De même, afin d’éviter tout dérangement, nous avons toujours gardé une distance minimale de 120 mètres vis à vis du pied de falaise, et réalisé une approche tangentielle à vitesse lente.

Les dates figurant dans les résultats correspondent à des observations directes. Les périodes moins précises découlent de ces dates et ont été estimées selon l’âge des poussins observés et les données bibliographiques (Temps d’incubation, durée d’élevage, temps de construction du nid...).

 

IV - Résultats

 

Phénologie de la période de reproduction

Les premières parades nuptiales sur le site de la colonie débutent à la mi-octobre, suivies de la construction des nids. Les premières pontes sont réalisées lors de la seconde décade de novembre.

Les premiers poussins âgés de quelques jours sont observés le 24 décembre.

Le 19 janvier, un comptage depuis la mer en face de la colonie, nous permet de comptabiliser 57 nids sur l’ensemble de la colonie à tous les stades de développement.

Début février, la reproduction bat son plein avec 66 nids observés. De nouveaux couples s’installent plus au nord probablement en raison d’une saturation au sein de la colonie principale.

6 couples s’installent à une centaine de mètres et 5 autres à environ 200 mètres sur l’ancien site découvert dans les années 2000. Ils rejoignent un couple déjà installé qui nourrit un jeune âgé d’environ 4 semaines. Ces nouveaux couples installent leur nid pour la majorité dans des Poiriers pays encore dépourvus de feuilles.

Fin mars, 11 couples viennent les rejoindre et s’installent plus bas sur un amandier et sur des Figuiers blancs (Ficus citrifolia).

Mi-Avril sur la colonie principale, beaucoup de jeunes se sont envolés où sont proches de l'envol. Il n’y a plus de poussins en duvet et seuls 2 nids sont encore au stade couvaison. Les 2 dernières pontes ont lieu respectivement vers la première semaine d’avril et la première semaine de mai.

Ces dates sont comparables à celles de la saison passée où la dernière ponte avait eu lieu à la mi-avril.

Ces 2 pontes ont été réalisées sur la colonie initiale sur des nids qui avaient déjà été utilisés cette année avec élevage de jeunes.

Ainsi la dernière éclosion a eu lieu début juin, pour un envol des jeunes début Août. Le 3 août, il ne reste que 3 nichées qui n’ont pas encore pris leur envol mais ce qui ne devraient pas tarder.

Aussi, l’activité de reproduction cette saison 2013/ 2014 aura débuté en octobre pour prendre fin en Août : elle s’est donc étalée sur 10 mois.

Nombre de couvées

Cette saison, ce n’est pas moins de 91 nids occupés qui ont été observés sur la colonie, ces derniers donnant 88 nichées.

 

 

Etendue de la colonie, distribution

La colonie initiale située sur le site déjà utilisé les années précédentes (A) s’étale sur une longueur de 45 mètres. Des installations de nids y auront lieu d’octobre à Janvier. Un nid isolé (Point orange A’) bien plus à l’est est découvert en février lors de la perte des feuilles. Ce dernier occupé par un couple avec un jeune d’environ 4 semaines a dû s’installer à la mi-novembre.

Elle s’agrandit de part et d’autre (B) à la mi-janvier pour s’étaler sur une longueur totale de 70 mètres. C’est sur cette partie ouest que la grande majorité des couples s’installeront. Cette partie de la colonie sera utilisée jusqu’à début juin, hormis les deux couples qui se sont installés sur des anciens nids (point vert).

Elle s’étendra plus au nord début février (C) puis fin mars (D) pour atteindre 160 mètres de longueur.

 

 

Hauteur des nids

La hauteur des nids varie selon les zones utilisées et donc suivant la végétation. Dans la partie ouest (A et B) les nids sont installés à partir de 7 mètres jusqu’en haut de la falaise à 25 mètres. Dans la zone est (C et D), les nids sont installés sur des arbres à des hauteurs variant de 12 à près de 40 mètres. Les plus hauts sont installés au sommet de Poiriers pays (Tabebuia heterophylla), de 20-25 m de hauteur situés à mi falaise. Seuls deux nids sont installés très bas à l’extrême nord sur des Lianes à barriques (Trichostigma octandrum) recouvrant des Pandanus sp. à environ 4 ou 5 m de hauteur par rapport à la mer.

 

Supports de nids

La colonie principale (A) est située sur une partie de falaise verticale couverte d’une végétation arbustive et lianescente. La grande majorité des nids sont installés sur de la Liane à Barrique (Trichostigma octandrum) qui forme une couverture quasi continue et recouvre une grande partie des arbustes présents. Les arbustes émergents du tapis de liane sont également utilisés.

Un grand raisinier bord de mer (Coccoloba uvifera) situé en limite de la colonie principale accueille 4 nids. Les zones utilisées restantes sont à pente abrupte et couvertes d’une végétation arborée. Des nids y ont été installés sur des Poiriers pays (Tabebuia heterophylla), un Amandier pays (Terminalia catappa), des Figuiers blancs (Ficus citrifolia) ainsi qu’un Gommier rouge (Bursera simaruba) sur lequel un nid est situé à une enfourchure de branches.

L’attractivité des zones recouvertes par la Liane à Barrique pour l’installation des nids est évidente pour le Pélican brun sur ce site.

En effet, cette liane grimpante recouvrante offre aux pélicans plusieurs avantages par rapport à une installation dans un arbre :

- - -

un support solide et plan pour la construction du nid et l’entrainement des jeunes avant l’envol, une très bonne visibilité pour l’oiseau couveur lui permettant une surveillance aisée, une accessibilité facile au nid. Ce qui est important lors des phases de nourrissages ainsi qu’en cas de dérangement.

 

Nombre de poussins à l’envol

Chaque nid n’a pu être suivi du fait de l’étendue de la colonie et de l’impossibilité d’observer la totalité des nids depuis nos points d’observation terrestre. Néanmoins, nous avons observé et suivi jusqu’à l’envol des jeunes deux échantillons de nids : l’un en début de saison (n=13 du 24/12 au 03/02) et le second en fin de saison (n=17 du 13/04 au 12/07).

Nous pouvons constater que le taux de reproduction est plus faible en seconde partie de saison : 1,53 poussin par nid contre 2,07 en début. De plus, nous avons observé près de 18% d’échecs en fin de saison alors que nous n’en avions pas observé en début. Le pourcentage de nichées à 3 jeunes est également plus faible en fin de saison qu’au début : 5,88% contre 38,46%.

Tableau 1 : Nombre de poussins à l’envol par nids sur les deux échantillons étudiés.

En appliquant ces deux taux de reproduction pour les nids réalisés en première partie (n=66) et seconde partie de la période de nidification (n=25), nous arrivons donc à la production de 175 jeunes en 2014.

 

Mortalité de poussins

Nous avons constaté la présence d’au minimum 4 poussins morts sur la colonie ; tombés du nid où à proximité. Ils avaient tous à des âges compris entre 3 et 5 semaines. Il est fort possible que des poussins plus petits morts soient passés inaperçus.

Chez cette espèce, il est connu que les oisillons éclos les premiers peuvent tuer leurs jeunes frères et sœurs. Soit directement en les picorant la tête soit en les poussant hors du nid ou indirectement, en ne leur permettant pas d’accéder à la nourriture apportée par les parents.

 

Dans un nid, nous avons pu observer le plus jeune poussin subir des coups de bec d’un autre poussin (Photographie 5) mais sans que cela n’ait eu de répercussion, tous les poussins s’étant envolés.

En revanche, un poussin assez grand, âgé d’environ 5 semaines est mort certainement de faim. Nous avons en effet observé à plusieurs reprises que seul le second poussin récupérait toute la nourriture à chaque nourrissage du ou des parents.

Il convient de noter que la zone comporte une grande densité d’iguanes communs (Iguana iguana). Toutefois, aucune interaction entre les deux espèces n’a été constatée.

 

V - Cohabitation avec les riverains

Jusqu’alors, la taille plus modeste et la situation de la colonie faisaient qu’elle n’était remarquée que par les riverains les plus proches. En outre, elle ne semblait pas les gêner. Le fort développement des effectifs nicheurs cette saison a engendré un étalement de la colonie et l’installation de nombreux nids en haut de falaise. Ainsi des nids ont été construits à proximité immédiate de soubassements de terrasses (jusqu’à moins de 5 mètres des terrasses).

Le Pélican brun est connu pour être très sensible au dérangement en période de reproduction. Il évite généralement la cohabitation avec l’homme. Aussi, il apparaît surprenant que la colonie, dans sa partie sud, soit installée directement sous quatre habitations. En réalité, 3 d’entre elles sont inoccupées, leur apportant ainsi la tranquillité nécessaire. La quatrième maison est certes habitée mais ses occupants font preuve de bienveillance envers la colonie.

Néanmoins, au pic de la saison les occupants nous ont fait part des désagréments occasionnés plus importants cette année (forte odeur du guano et déjections des oiseaux sur la terrasse). Dans la partie nord les nids étant installés en zone boisée et plus éloignés des habitations, ils n’occasionnent pas de désagrément pour les riverains.

 

VI – Menaces avérées et potentielles

 

Survols aériens

Lors de nos observations le passage d’aéronefs à proximité de la colonie est apparu comme une menace pouvant être sérieuse selon le type d’aéronef, la hauteur et la distance de vol. En effet nous avons pu constater :

 

 

- que le passage de petits avions de tourisme parallèlement à la côte à une distance de 400 à 500 m n’a pas entrainé de réaction apparente des oiseaux. Ce qui pourrait laisser à penser que cette distance de vol n’occasionne pas dérangement. Néanmoins cette absence de réaction peut aussi s’expliquer par une habituation des oiseaux au passage de certains avions aux horaires et caps identiques.

- qu’à hauteur identique la réaction des oiseaux au passage d’un hélicoptère est plus perturbatrice que celle d’un avion de tourisme.

- que le passage d’un hélicoptère au-dessus de la colonie à une hauteur d’environ 250 mètres a provoqué une réaction d’inquiétude au sein de la colonie sans envol d’oiseaux.

- le passage d’un hélicoptère virant devant la colonie (200 à 250 m) pour des prises de vues à une hauteur d’environ 150 m au-dessus de la mer a provoqué une panique générale au sein de la colonie avec l’envol de tous les jeunes oiseaux volants et adultes. De nombreux poussins non volants étant paniqués au nid.

Ainsi certaines approches aériennes, notamment répétées, doivent avoir un impact important lors de l’installation des couples et l’élevage des jeunes.

 

Dérangement et destruction de nids par des travaux

La réalisation de travaux lourds dans les habitations situées juste au-dessus du cœur de la colonie, peuvent engendrer un impact important s’ils sont réalisés en pleine période de reproduction, notamment lors de l’installation des nids et lorsque les poussins sont âgés de moins d’un mois.

Rappelons qu’il y a quelques années L’ASFA avait dû intervenir auprès d’un des propriétaires d’une villa en rénovation afin de faire cesser le rejet de déblais de travaux par dessus la falaise qui portait directement les nids présents ! C’est d’ailleurs la saison suivante qu’aucune nidification n’avait pu être observée.

 

Dérangement par les engins nautiques.

Le site de la colonie a été jusqu’à aujourd’hui relativement peu dérangé du fait sa situation en falaise. Son approche par voie terrestre est impossible du fait de la présence de propriétés résidentielles privées tout le long. Et côté mer, elle se situe en dehors des voies courantes de navigation. La grande majorité des embarcations passant à plus de 400 mètres de distance.

La taille de la colonie jusqu’alors peu importante la faisait passer inaperçue. Mais, avec l’explosion cette année des effectifs, ce n’est plus le cas pour un œil averti. Un dérangement important est alors à redouter si la colonie devient connue du grand public.

Le développement anarchique de visites en embarcations nautiques, notamment en cas d’approches bruyantes, trop rapides ou à trop faible distance du pied de falaise, risque fort de dissuader des couples nicheurs de s’y installer et de provoquer l’abandon des nids les plus bas.

L’impact sera d’autant plus important en période d’installation des nids et lors de l’élevage des jeunes poussins (moins d’un mois).

 

 

Prédation

Bien qu’aucune interaction entre les pélicans et les iguanes n’ait été constatée lors de nos observations, il conviendrait d’exercer une pression d’observation plus importante autour des nids. En effet, certains auteurs (4) rapportent des cas de prédation d’iguanes communs sur des œufs de pélicans bruns.

 

Discussion

La bonne dynamique de la colonie du Gosier est attestée cette année par l’explosion des effectifs et assure ainsi au pélican brun le statut d’oiseau nicheur régulier en Grande Terre. Elle a peut-être déjà été à l’origine d’un essaimage de couples, comme celui s’étant installé dans le Grand Cul-de-sac marin (5). Afin de mieux appréhender la restauration de cette espèce menacée de Guadeloupe, il apparait crucial de vérifier à la prochaine saison si la colonie des Saintes connaît elle aussi une telle dynamique et si d’autres couples s’installent sur les îlets du Grand cul de sac marin, tout en réitérant le monitoring de la colonie du Gosier.

Sans attendre les résultats de ces études, compte tenu des menaces pouvant apparaitre, la commune du Gosier se doit de tout faire pour préserver durablement sa colonie. Elle peut en effet s’enorgueillir d’abriter sans doute la principale colonie nicheuse de Pélicans bruns de Guadeloupe, emblème de la commune qui lui a donné son nom.

Le suivi de cette colonie permet de vérifier que la quiétude des sites de nidification constitue bien un facteur prépondérant d’attractivité comme le rapporte la littérature scientifique.

Bien d’autres sites potentiels existent en Guadeloupe notamment ceux utilisées par les oiseaux comme reposoirs et/ou dortoirs (îlots de mangroves, îlet Kahouanne, Grande saline de Saint-félix, ...). L’exemple de la colonie du Gosier nous confirme que ces sites utilisés pour le repos sont très souvent choisis ensuite pour la nidification pour peu que les oiseaux y trouvent une quiétude suffisante.

Aussi, conviendrait-il :

- - -

d’inventorier les sites potentiels de façon exhaustive, d’identifier les plus favorables,

et de mettre en œuvre toutes les mesures adéquates afin d’assurer la tranquillité des oiseaux sur les sites ainsi retenus. Ces mesures devront être appliquées de façon continue et durable.

 

 

Cette nécessaire durabilité des mesures est une autre leçon à tirer du monitoring de la colonie du Gosier. Suite à l’installation de couples pionniers, le développement d’une colonie en bon état de santé n’est assuré qu’au bout de plusieurs années de conditions favorables. En l’occurrence, Il aura fallu près de 10 ans pour celle du Gosier.

En outre, ces mesures pourraient également favoriser le retour de la Frégate magnifique (Fregata magnificens) en tant qu’oiseau nicheur en Guadeloupe. Décimée sur ses sites de nidification aux 17ème et 18ème siècles, cette autre espèce emblématique extrêmement sensible au dérangement, n’a jamais pu recouvrer son statut de nicheur en Guadeloupe. Pourtant notre archipel ce situe entre la plus grande colonie des Petites Antilles qui se situe au nord à moins de 150 km (Barbuda) et au sud par une petite colonie installée depuis quelques années à une centaine de kilomètres (Dominique).

 

 

Remerciements

Nous tenons à adresser nos plus vifs remerciements à Madame DUPIN qui nous a permis d’accéder à sa propriété, pour sa disponibilité et la transmission de ses précieuses observations. Sa bienveillance à l’égard de la colonie est à saluer. Jacques Fournet pour son aimable aide à la diagnose des essences support.

Isabelle Houllemare (L’ASFA) et Fanny Ballard-Guerard qui nous ont accompagnées lors d’une sortie nautique de L’ASFA dédiée à la nidification du pélican.

 

 

 

 

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Baby-boom chez les Gwan Gosyé !!

                                  pelican-ad-et-poussin-frais-eclos.jpg

C’est une heureuse surprise qui nous attendait cette semaine lors de notre visite de contrôle sur la colonie de Pélicans brun (Pelecanus o. occidentalis) du Gosier.


 

Cette année, la colonie (la seule connue de Guadeloupe continentale,)  se porte bien. La totalité de cette dernière  n’était pas entièrement visible de notre point d’observation mais nous avons pu observer une trentaine de jeunes à tous les stades d’élevage.
 C'est la première année depuis la découverte de cette colonie en 2007 par L'ASFA, que nous comptons autant de petits !

En effet, chez cette espèce la saison de reproduction s’étale sur 4 à 5 mois. Ainsi, lors d’observations réalisées en milieu de saison, il est possible d’observer en même temps des juvéniles déjà volants,  des poussins âgés de quelques semaines et des poussins frais éclos.

Un poussin étant âgé de quelques jours et un adulte étant encore en train de couver, il va falloir attendre encore 3 mois pour que la totalité des jeunes aient quitté les nids.
Pendant cette période, nul ne va s’en dire que tout dérangement est proscrit.

 Les perturbations humaines sont en Guadeloupe le principal facteur limitant pour l’installation de cette espèce patrimoniale. Des sites très favorables sont présents sur certains îlets comme dans le Grand Cul-de-sac marin mais aujourd’hui le dérangement occasionné par les embarcations s'approchant trop près des reposoirs (Bateaux, VNM, Kayaks,…)  dissuadent les couples d’y entamer une nidification.

 

Rappelons  que  le Pélican brun est une espèce  menacée en tant que nicheuse en Guadeloupe. Elle est classée "vulnérable" sur la liste rouge régionale de l'UICN (UICN France, MNHN, AMAZONA, AEVA, ASFA & ONCFS (2012). La Liste rouge des espèces menacées en France - Chapitre Oiseaux de Guadeloupe. Dossier électronique).  

 Ce timide retour de l'espèce en tant que nicheuse est donc à surveiller !

                           Pelicans-1.jpg

L'ASFA continuera le monitoring cette colonie de "grands gosiers", une espèce qui a donné son nom à la ville du Gosier.

 

 

Régis Gomès et Béatrice Ibéné (Asssociation L'ASFA)

Crédits phtos :  Régis Gomès

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