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Faune Guadeloupe

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Articles avec #etudes asfa

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Le samedi 6 janvier 2018, nous avons organisé une sortie aux Saintes principalement dédiée à la visite des 2 colonies de Pélicans bruns que nous connaissons sur l’archipel.


Cette visite nautique nous a permis de vérifier nos premières estimations réalisées les semaines précédentes depuis des points d’observation terrestre.

Peu d’évolution sur les 2 colonies depuis nos premiers comptages et bien que la saison ne soit pas entièrement terminée, nous avons pu néanmoins observer une baisse des effectifs nicheurs de 15 à 20 % sur les deux colonies par rapport à la saison précédente. 

Comme au Gosier, nous avons également constaté une forte atteinte du littoral par l’ouragan Maria, assez importante sur l’une des colonies qui a perdu de nombreux supports de nidification. 

(Depuis la découverte par L’ASFA de la réinstallation du Pélican comme oiseau nicheur en Guadeloupe en 2007, l’association porte une veille attentive à l’évolution de la population nicheuse.C’est ainsi que nous suivons chaque année les effectifs nicheurs sur les 4 colonies connues actuellement en Guadeloupe). 

Nous étions accompagnés pour cette journée de Christophe Cuby présentateur de l'émission "C'est naturel" sur la radio Guadeloupe 1ère. Ce dernier malgré des conditions de mer pas évidentes a pu néanmoins sortir son micro.

Vous pouvez réécouter l'émission intitulée "Le Pélican à Grand Îlet et Terre-de-Bas" en podcast sur le lien suivant https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe/emissions-radio/c-est-naturel

Régis Gomès de L'ASFA au micro de Christophe Cuby de Guadeloupe La première radio  pour son émission du dimanche matin  (07h30-08h00) "C'est Naturel"

Régis Gomès de L'ASFA au micro de Christophe Cuby de Guadeloupe La première radio pour son émission du dimanche matin (07h30-08h00) "C'est Naturel"

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !
Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Cette sortie fut l'occasion de rechercher d'éventuelles autres colonies de pélicans et d'observer quelques espèces sédentaires comme le fou brun ou hivernantes comme le Grand héron.

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !
Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Après la pose déjeuner, tout le monde est prêt à rechercher les couleuvres ou couresses et les Sphérodactyles sur l'îlet Cabrit

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

L’Archipel des Saintes n’est pas reconnu uniquement pour ses populations d’oiseaux marins, il l’est aussi pour ses reptiles puisque l’archipel accueille pas moins de 4 espèces endémiques dont 3 strictement des Saintes : L’Anolis des Saintes (Anolis terraealtae), le Sphérodactyle des Saintes (Sphaerodactylus phyzacinus) et la Courresse des Saintes (Alsophis sanctonum). Le quatrième, le Scinque de Guadeloupe (Mabuya desiradea) est également encore présent à la Désirade et à Petite Terre. 

   Mis à part l’anolis encore commun, les 3 autres espèces se portent mal. Tellement mal que l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN) vient d'évaluer ces espèces comme confrontées à risque élevé à très élevé d'extinction.  

   Ce mauvais statut de conservation découle directement de la forte altération de leurs habitats principalement due aux ravages que font les cabris dans les sous-bois et à la présence de prédateurs introduits tels que les poules et les chats.

 Nous avons pu constater de visu cet état de fait, en réalisant une courte halte sur l’îlet Cabrit.
Courte car les conditions météorologiques et surtout notre accablement nous ont fait quitter l’îlet rapidement.
Accueillis par des légions de poules, de chats et de cabris laissés à leur sorts, nous avons découvert un îlet à la végétation complètement dégradée. Plus aucune strate herbacée ou arbustive, plus de litière au sol, une très forte érosion du sol : une vision apocalyptique !

Comment un Sphérodactyle ou une courresse peut-elle survivre dans un tel milieu ? 

Nous  trouverons quand même une courresse après 1h30 de recherche, cette dernière tentant de trouver une proie dans ce quasi désert écologique. Par contre aucun sphérodactyle à l'horizon !

Cet îlet est pourtant propriété du Conservatoire du Littoral depuis 2007 et bénéficie d’un plan de gestion depuis 2015 dans lequel la régénération des milieux naturels et la lutte contre les espèces exotiques envahissantes introduites sont identifiées !

Des mesures de conservations urgentes pour les espèces de reptiles en danger d’extinction sur cet îlet seront-elles prises ? Et seront-elles à la hauteur des enjeux ?

Des quantités de cabris, poules, chats sont présents sur l'îlet...

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !
Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Plus aucune litière au sol ! Plus aucune végétation à moins d'un mètre de hauteur !

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Après 1h30 de recherche sur les secteurs pourvus de quelques feuilles au sol, nous trouvons une courresse qui erre à la recherche d'une éventuelle proie...

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

La perte de litière du fait de la déforestation outre la disparition de milieux de vie indispensables à l’entomofaune et aux espèces qui s’en nourrissent, est reconnue comme une des principales causes de dégradations des fonds marins coralliens. La mise à nu des sols, accélère leur érosion par le vent et la pluie. Les eaux de ruissellement emportent les particules de terre qui vont colmater les fonds marins et dégrader lentement mais surement ces derniers (turbidité de l’eau, baisse de la photosynthèse, nécrose des coraux …).

La perte de la strate arbustive permet également au vent de s’engouffrer bien plus facilement dans les peuplements forestiers et les fragilise face aux ouragans. Après le passage de Maria, il est facile de constater les nombreux arbres couchés loin à l’intérieur des îles).

 

Ces îlets constituent un patrimoine remarquable irremplaçable de l'Archipel guadeloupéen , il y a une réelle  URGENCE à tout mettre en oeuvre pour  leur protection effective et leur restauration 

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Fabienne, Nathalie, Pauline, Baptiste et Régis mobilisés pour la sortie nautique de L'ASFA consacrée au suivi des colonies nicheuses de pélicans bruns. C'est aussi l'occasion de réaliser de belles observations naturalistes (Photo: B. Ibéné)

Fabienne, Nathalie, Pauline, Baptiste et Régis mobilisés pour la sortie nautique de L'ASFA consacrée au suivi des colonies nicheuses de pélicans bruns. C'est aussi l'occasion de réaliser de belles observations naturalistes (Photo: B. Ibéné)

Une partie de la colonie de Pélicans bruns du Gosier découverte et suivie par L'ASFA depuis 2008. Une distance minimale de 50 mètres est indispensable pour éviter tout dérangement. (Photo: R. Gomès)

Une partie de la colonie de Pélicans bruns du Gosier découverte et suivie par L'ASFA depuis 2008. Une distance minimale de 50 mètres est indispensable pour éviter tout dérangement. (Photo: R. Gomès)

La colonie de Pélicans bruns du Gosier semble retrouver des couleurs

 

Un beau soleil nous accueille ce dimanche 20 décembre 2015 pour la sortie annuelle de visite des deux colonies de Pélicans bruns du Gosier et du Grand Cul-de-sac marin. Les populations de ce superbe oiseau ont été lourdement affectées - entre autres - par la présence de DDT, un insecticide organochloré très rémanent, dans son environnement, entrainant sa quasi disparition dans les années 70 (bioaccumulation impactant sa reproduction). Depuis l'interdiction de ce pesticide dans les années 70 et il a fallu attendre les années 90 et des plans de restauration américains pour voir  les populations mondiales remonter. 

Réinstallée en Guadeloupe depuis une dizaine d'années (voir archives de février 2015 http://www.faune-guadeloupe.com/article-suivi-de-l-unique-colonie-nicheuse-connue-de-pelicans-bruns-en-guadeloupe-continentale-117290988.html), l'espèce compte actuellement 3 colonies nicheuses suivies par L'ASFA. D’autres s’installeront peut-être…

Notre virée nautique, tout comme celle de début d'année, nous a permis de faire de surprenantes rencontres !

(http://www.faune-guadeloupe.com/2015/02/premiere-observation-confirmee-d-un-balbuzard-pecheur-caribeen-en-guadeloupe.html)

 

Première étape à Gosier, où nous observons le début de la période de reproduction, avec une cinquantaine de nids en place. La colonie s’est légèrement déplacée pour s’éloigner des habitations suite aux dérangements occasionnés (http://www.faune-guadeloupe.com/2015/11/suivi-des-colonies-de-nidification-du-pelican-brun-en-guadeloupe-bilan-saison-2014-2015.html).

Ouf..! Un premier soulagement après la forte baisse constatée à la saison 2014/2015  (- 35% de nids par rapport à la sasion babyboom de 2013/2014).

Pourvu que cette belle saison se poursuive sans encombres notamment sans dérangements auquels les pélicans sont extrêmement  sensibles quand ils sont en période de reproduction.

Retour vers la Rivière salée, non loin de la colonie du Gosier, nous observons un Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus occupé à se délecter de sa proie fraichement pêchée.

 

Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) sur un figuier. C'est un migrateur régulièrement observé en Guadeloupe en cette période (septembre mars). (Photo : R. Gomès)

Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) sur un figuier. C'est un migrateur régulièrement observé en Guadeloupe en cette période (septembre mars). (Photo : R. Gomès)

Un arrêt un peu avant la Rivière Salée, nous sommes interpellés par un groupe de Sternes royales (Thalasseus maximus) posées très scrupuleusement tous les 50 cm sur une structure flottante. Reconnaissables à leur grande taille et leur bec orangé, elles semblent poser pour la photo !

Nous remarquons que 4 d’entre-elles sont baguées, certainement par un ornithologue ou biologiste plus au nord sur un de ses sites de nidification.

Une mouette atricille (Leucophaeus atricilla) encore en plumage d’été est aussi présente. Une sterne de Caugek (Thalasseus sandvicensis) ou, selon les auteurs, Sterne de Cabot (Thalasseus acuflavidus) tente de s'intercaler, mais la résidence affiche complet !

Deux sternes royales et une sterne de Cabot dans le Petit Cul-de-sac-Marin (Photo: R. Gomès)

Deux sternes royales et une sterne de Cabot dans le Petit Cul-de-sac-Marin (Photo: R. Gomès)

De belles surprises côté faune marine

 

Régis nous fait découvrir en mangrove un simple merveille : des méduses de mangrove Cassiopea andromeda. Elles affectionnent ces fonds peu profonds et protégés des courants. Où, posées sur le fond vaseux, ombrelles retournées, tentacules buccaux vers le haut, elles attendent leurs proies qui par malheur pendront leurs jardins de tentacules colorées pour un quelconque herbier…

Une escale rafraichissante dans le lagon de l'îlet Fajou, et à nous un banc de placides barracudas, la majorité d’entre eux dépassant le mètre. Tout près du bateau, une raie pastenague à queue épineuse, Dasyatis centroura dixit Baptiste, enfouie sous le sable, s'est faite discrète. Chirurgiens, Perroquets, Poissons coffres, Mérou de Nassau et autres poissons complètent le tableau multicolore.

Nous sommes gâtés puisqu'un cortège de tortues juste émergées des plages de Fajou, ballotées dans les vagues, et tentant de rejoindre le large, probablement par la fameuse Passe à Caret, défilent devant nous. Emouvant spectacle que ces minuscules bébés courageux, se battant déjà pour leur survie. Une découverte pour nous, à la moindre alerte, les petites tortues font les mortes ramenant leurs membres le long du corps, à les confondre avec des algues flottantes ! Il s'agit là de tortues imbriquées, Eretmochelys imbricata.

 

Sur les rives de l’ilet Fajou, nous pouvons apercevoir quelques limicoles Tournepierres à collier Arenaria interpres et Pluviers argentés Pluvialis squatarola.

Milan noir rapace accidentel poursuivant un balbuzard pêcheur rapace régulier chez nous. (photo : B. Ibéné)

Milan noir rapace accidentel poursuivant un balbuzard pêcheur rapace régulier chez nous. (photo : B. Ibéné)

Un oiseau migrateur européen dérouté, en escale forcée en Guadeloupe

 

De loin, nous observons les silhouettes d'un Milan noir Milvus migrans et d'un Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus carolinensis en vol au dessus de l'îlet Fajou.

Plus tard nous nous rapprochons d'un îlet, où nichent Aigrettes neigeuses Egretta thula, hérons garde-bœufs Bubulcus ibis, Grandes aigrettes Ardea alba...

Et surprise, nous y retrouvons le milan noir !  Il poursuit un balbuzard pêcheur ...peut être par habitude de vouloir lui subtiliser sa pitance.  

Le Milan noir est un oiseau nicheur d'Europe, et migre en général en Afrique tropicale, du Sénégal au Kenya. C'est sans doute égaré lors d'une tempête qu'il s'est retrouvé chez nous http://www.faune-guadeloupe.com/2015/12/une-observation-rarissime-un-milan-noir-milvus-migrans-en-guadeloupe.html

Le Balbuzard pêcheur nommé Gligli montagne est le plus grand rapace (1m60 à 1m80 d'envergure) qu'on puisse observer en Guadeloupe. Il fréquente les milieux humides (rivières, étangs, mangroves, ..) où il recherche des poissons.

Le spectacle continue. Nous observons le milan, en pleine action de chasse sur l'îlet, n'hésitant pas à fondre sur les nids, affolant les hérons garde-bœufs dans un tumulte de protestations. Impassible, un faucon pèlerin Falco peregrinus en pause, observe aussi la scène.  Cet autre rapace est un hivervant régulier en Guadeloupe. Chasseur de haut vol, il est fréquemment observé aux abords des colonies d'oiseaux. C'est le plus rapide des animaux, capable de piqués à plus 300km/h lorsqu'il fond sur sa proie en vol. Généralement un oiseau. Mais les chauves-souris ne sont pas épargnées.

Avec l'observation d'un Crécerelle d'Amérique Falco sparverius sur les falaises du Gosier, ce sont donc 4 espèces de rapaces que nous avons eu la chance de rencontrer lors de cette sortie ! 

Balbuzard pêcheur sur un amandier pays. Un des 5 observés lors de la sortie du 20 décembre. (Photo: B. Ibéné)

Balbuzard pêcheur sur un amandier pays. Un des 5 observés lors de la sortie du 20 décembre. (Photo: B. Ibéné)

Faucon pèlerin (Falco peregrinus) sur un palétuvier rouge. (Photo: R. Gomès)

Faucon pèlerin (Falco peregrinus) sur un palétuvier rouge. (Photo: R. Gomès)

Côté Pélicans du Grand Cul de Sac Marin 

Cette petite colonie du Grand Cul-de-Sac Marin est récente (3 ème année d'installation). Cinq nids sont visibles avec des oiseaux couveurs et plusieurs autres couples en plumage nuptial sont présents. Ce qui est de bonne augure pour un développement de cette colonie située en coeur de Parc National. Pour peu que ni bateaux ni engins volants ne viennent perturber la tranquillité des oiseaux nicheurs...

La petite colonie du Grand Cul-de-Sac Marin en coeur de Parc National.

La petite colonie du Grand Cul-de-Sac Marin en coeur de Parc National.

Observation à la jumelle. Le respect d'une distance de sécurité minimale de 50 mètres et d'une vitesse lente de 5 noeuds est indispensable pour ne pas perturber l'installation des couples et la couvaison. Néanmoins il est admis que la distance minimale la plus sécurisante pour les colonies de pélicans bruns est de 100 mètres ! (Photo : B. Ibéné)

Observation à la jumelle. Le respect d'une distance de sécurité minimale de 50 mètres et d'une vitesse lente de 5 noeuds est indispensable pour ne pas perturber l'installation des couples et la couvaison. Néanmoins il est admis que la distance minimale la plus sécurisante pour les colonies de pélicans bruns est de 100 mètres ! (Photo : B. Ibéné)

Frégate mâle. Les frégates paradent en Guadeloupe mais n'y nidifient plus depuis le 17ème siècle. Les dérangements encore trop fréquents autour des îlets du Grand Cul-de-Sac Marin dissuadent probablement les couples de se réinstaller.

Frégate mâle. Les frégates paradent en Guadeloupe mais n'y nidifient plus depuis le 17ème siècle. Les dérangements encore trop fréquents autour des îlets du Grand Cul-de-Sac Marin dissuadent probablement les couples de se réinstaller.

Un bateau trop proche de la colonie d'oiseaux. Le dérangement est le principal facteur de déclin des colonies nicheuses d'oiseaux marins.

Un bateau trop proche de la colonie d'oiseaux. Le dérangement est le principal facteur de déclin des colonies nicheuses d'oiseaux marins.

Sortie nautique de L'ASFA pour le suivi des colonies de pélicans bruns

Retour à la base, au soleil déclinant, irradiant sur l'horizon des monts de Sainte Rose, avec en tête les images que notre nature nous a offerte, et la conscience d'avoir côtoyé un trésor fragile, à protéger.

Vivement l'année prochaine !

Fabienne

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Milan noir photographié en Guadeloupe lors d'une sortie de l'ASFA (Crédit : Béatrice Ibéné)

Milan noir photographié en Guadeloupe lors d'une sortie de l'ASFA (Crédit : Béatrice Ibéné)

Milan noir scrutant la surface de l'eau, sans doute à la recherche d'un poisson malade ou mort. (crédit : Béatrice Ibéné)

Milan noir scrutant la surface de l'eau, sans doute à la recherche d'un poisson malade ou mort. (crédit : Béatrice Ibéné)

Majestueux milan noir observé le 20 décembre 2015 en Guadeloupe lors de la sortie de L'ASFA consacrée à l'étude des colonies nicheuses de Pélican brun. (Crédit : Régis Gomès)

Majestueux milan noir observé le 20 décembre 2015 en Guadeloupe lors de la sortie de L'ASFA consacrée à l'étude des colonies nicheuses de Pélican brun. (Crédit : Régis Gomès)

Milan noir planant au dessus du Grand Cul de Sac-Marin . (Crédit : Régis Gomès)

Milan noir planant au dessus du Grand Cul de Sac-Marin . (Crédit : Régis Gomès)

Milan noir. Sa queue apparait légèrement fourchue quand elle est déployée. (crédit : Béatrice Ibéné)

Milan noir. Sa queue apparait légèrement fourchue quand elle est déployée. (crédit : Béatrice Ibéné)

Une observation mémorable : un Milan noir en Guadeloupe !

 

Lors de la sortie bateau annuelle de L'ASFA consacrée au suivi des colonies de Pélicans bruns, nous avons pu observer un Milan noir sur le Grand Cul-de-Sac-marin. A notre connaissance,  il s'agit de la deuxième année seulement que ce rapace accidentel est observé en Guadeloupe (la première fois c'était en 2008) !

 

Le Milan noir est un rapace d'assez grande envergure (135 à 155 cm) qui se nourrit principalement de proies mortes, essentiellement aquatiques (poissons) , ou d'autres charognes.

 

Le milan noir observé est sans doute un individu égaré sur sa route de migration hivernale entre l'Europe (où il se reproduit) et le Sud du Sahara (où il hiverne).

 

Nous l'avons observé poursuivant un Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus), pourtant sans poisson dans les serres...

En revanche, nous avons assisté à une de ses remarquables attaques sur une héronnière où il a réussi à prélever un jeune poussin d'héron garde-boeuf (Bubulcus ibis).

 

Souhaitons que cet individu parvienne à traverser l'Atlantique pour regagner son aire de reproduction en Europe à la prochaine saision des amours .. ; et que d'ici là, il ne fasse de mauvaises rencontres, commes les balles d'un chasseur ..

 

Le miIan noir poursuit un balbuzard pêcheur. (crédit : Béatrice Ibéné)

Le miIan noir poursuit un balbuzard pêcheur. (crédit : Béatrice Ibéné)

Course-poursuite Milan noir vs Balbuzard pêcheur (crédit : Régis Gomès)

Course-poursuite Milan noir vs Balbuzard pêcheur (crédit : Régis Gomès)

Milan noir fonçant sur une héronnière avant d'y prélever un jeune poussin d'héron garde-boeuf (Photo : béatrice Ibéné )

Milan noir fonçant sur une héronnière avant d'y prélever un jeune poussin d'héron garde-boeuf (Photo : béatrice Ibéné )

Fabienne, Nathalie, Pauline, Baptiste et Régis enchantés de l'observation du Milan noir ! (Photo: B. Ibéné)

Fabienne, Nathalie, Pauline, Baptiste et Régis enchantés de l'observation du Milan noir ! (Photo: B. Ibéné)

Béatrice et Nathalie en plein émerveillement à la vue du rarissime Milan noir en Guadeloupe ! (Photo: Fabienne Issaly)

Béatrice et Nathalie en plein émerveillement à la vue du rarissime Milan noir en Guadeloupe ! (Photo: Fabienne Issaly)

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Suivi des colonies de nidification du Pélican brun en Guadeloupe : bilan saison 2014/2015
Colonie du Gosier. Au cœur de la colonie, les jeunes au plumage blanc sont très visibles. Au centre un adulte couve encore.

Colonie du Gosier. Au cœur de la colonie, les jeunes au plumage blanc sont très visibles. Au centre un adulte couve encore.

C'est l'heure du bilan sur la nidification 2014/2015 du Pélican brun sur notre archipel

 

La colonie du Gosier

Après une excellente saison 2013/2014 (http://www.faune-guadeloupe.com/archive/2014-12/) et une extension de la colonie, nous craignions que ce bon état de conservation ne soit que de courte durée.

En effet, nous avions identifié plusieurs menaces potentielles sur le site. Nous en avions fait part aux services de l'Etat, notamment au service Ressources Naturelles de la DEAL, auquel nous avions également transmis notre rapport d’étude.

Malheureusement nos prévisions se sont révélées justes et la colonie a été lourdement impactée.

Cette saison toute la partie ouest de la colonie a été abandonnée et son installation s'est trouvée retardée par rapport à l'an passé du fait de deux évènements :

-La démolition d'une habitation juste au-dessus de la colonie en pleine période d'installation,

-La coupe en falaise de nombreux supports d'installation (arbustes et lianes) sous une autre habitation où étaient installés une dizaine de nids la saison passée. Le propriétaire s’était plaint des projections de fientes les jours de grand vent lorsque les oiseaux passaient devant la maison.

Si on peut comprendre cette réaction, il faut néanmoins rappeler que l'espèce est protégée en Guadeloupe et reste encore fragile malgré une évolution positive des effectifs nicheurs. Cette problématique aurait donc dû faire l'objet d'une réflexion entre propriétaires, commune, services de l'Etat et associations pour une issue plus favorable.

Nombre de nids.

Cette saison entre 58 et 61 nids ont été occupés, ce qui représente une chute de 35% par rapport à la saison précédente.

Taux de reproduction.

Il a également chuté au sein de la colonie. On a constaté un plus grand nombre de nichées à un seul jeune et très peu à 3 jeunes. Ce taux présente un nombre de 1,52 jeune par nid contre 1,91 la saison précédente.

Ce résultat est probablement plus imputable à une baisse des ressources alimentaires en quantité et/ou en difficulté d'accès liée aux épisodes d'échouages de sargasses sur le littoral plutôt qu’à un changement de la structure de la colonie (augmentation de la présence de jeunes femelles).

 

La colonie de Terre-de-Bas

La seconde colonie connue en Guadeloupe se trouve sur l'île de Terre-de-Bas sur l'archipel des Saintes. Depuis l'an dernier plusieurs témoignages nous faisaient part de dérangements sur la colonie. Quelle ne fut pas notre surprise cette année lors d'une visite sur l'île dédiée aux couleuvres, de découvrir un sentier aménagé sur le site de la colonie et balisé comme "trace des Pélicans". Un bref passage silencieux sur le sentier, nous permet de constater qu'il traverse de part en part la colonie. Malgré notre grande discrétion et nos extrêmes précautions nous provoquons plusieurs envols des parents. Le sentier passe en effet à quelques mètres sous certains nids et à proximité de beaucoup d'autres ! Nous relevons certaines traces caractéristiques de dérangement au sein de la colonie. Il est alors facile d’imaginer l'impact catastrophique du passage de groupes de visiteurs peu silencieux sur le sentier !

Devant cette atteinte grave, L'ASFA alerte aussitôt les services compétents et les gestionnaires des terrains attenants.

Quelques semaines plus tard, nous participons sur le site même à une réunion de terrain avec la DEAL, l'ONF, M. le Maire et des représentants de l'office de tourisme de Terre-de-Bas. Suite à de fructueux échanges portant sur biologie et le statut de conservation de l'espèce, deux décisions sont prises :

-La fermeture immédiate du sentier (l'itinéraire de ce dernier sera par la suite modifiée pour éviter le secteur de la colonie)

-Le lancement d'un projet éco-touristique autour du Pélican brun à Terre-de-Bas (Sentier, exposition et observatoire avec moyens optiques)

Dans ce cadre, L'ASFA a pu proposer son expertise et être force de propositions. L’association reste partenaire dans l'émergence de ce projet prévu dont le début de réalisation se fait toujours attendre ...

 

La Colonie du Grand Cul de Sac Marin en coeur de Parc National

La bonne nouvelle de cette saison nous vient d'un îlet classé en cœur de parc national dans le Grand Cul-de-sac marin où après la nidification l'an passé d'un seul couple de pélicans (http://www.guadeloupe-parcnational.fr/?Le-Pelican-brun-niche-de-nouveau), l'espèce est revenue cette année y nicher. Ce ne sont pas moins de 7 couples cantonnés sur le même îlet que nous avons pu observer à la mi-février lors d'une sortie en bateau consacrée à notre "Pélican". 5 oiseaux étant déjà sur leur nid.

Espérons que cette nouvelle colonie puisse s'étoffer encore, pour peu que la tranquillité des oiseaux nicheurs soit assurée. Ce qui est la moindre des choses attendues en zone cœur d’un Parc National …

A suivre donc !

 

Aussi, malgré la confirmation de l'installation d'une 3ème colonie sur un îlet du Grand Cul-de-sac marin, force est de constater que cette saison aura été plutôt mauvaise pour nos pélicans de retour en Guadeloupe en tant que nicheurs depuis une petite dizaine d’années seulement. Cette espèce classée menacée par l’UCIN en Guadeloupe bénéficie pourtant d’un grand capital de sympathie auprès de la population et des touristes.

Pour sa part, L’ASFA continuera de suivre la restauration de cette espèce, d’alerter et de sensibiliser tous les acteurs impliqués.

 

Entre Novembre 2014 et Avril 2015, ce sont pas moins de 45 heures bénévoles qui ont été consacrées à l'étude et à la préservation des colonies nicheuses du Pélican brun de l'Archipel guadeloupéen.

Ont participé à l’étude cette année : Régis, Béatrice, Jérôme, Nathalie, Fabienne et Baptiste.
 
NB :  « L’étude Pélican brun » de L’ASFA est entièrement financée par les ressources propres de l’association qui n’a bénéficié d’aucun financement public à cette fin.   
Sortie de terrain aux abords de la colonie avec des représentants des administrations (DEAL), de gestionnaires (ONF),  de la commune (maire, Office du tourisme), de l’ASFA et un prestataire écotouristique. Cette sortie de terrain et de travail a été fructueuse : le sentier a été fermé dans cette portion préservant la tranquillité de la colonie.

Sortie de terrain aux abords de la colonie avec des représentants des administrations (DEAL), de gestionnaires (ONF), de la commune (maire, Office du tourisme), de l’ASFA et un prestataire écotouristique. Cette sortie de terrain et de travail a été fructueuse : le sentier a été fermé dans cette portion préservant la tranquillité de la colonie.

Photographie d'un nid présent à quelques mètres du sentier anciennement ouvert. Les adultes dont l'oiseau couveur se sont levés près à l'envol ! La fermeture de cette portion du sentier empêche désormais tout dérangement terrestre.

Photographie d'un nid présent à quelques mètres du sentier anciennement ouvert. Les adultes dont l'oiseau couveur se sont levés près à l'envol ! La fermeture de cette portion du sentier empêche désormais tout dérangement terrestre.

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Couresse des Saintes. (Credit : Régis Gomès)

Couresse des Saintes. (Credit : Régis Gomès)

 

OFFRE DE STAGE à destination des étudiants de MASTER 1

L'ASFA accueille régulièrement des stagiaires dans le cadre des études menées sur la faune vertébrée de la Guadeloupe.

Pour 2016 nous recherchons des étudiants de Master 1 intéressés par les Couleuvres.

 

 

Sujet Les Couleuvres ou Couresses sont des serpents en très forte régression en Guadeloupe. Parmi elles, la Grande Couresse de Guadeloupe (Alsophis antillensis) et la Petite Couresse (Erythrolamprus juliae copeae) sont aujourd'hui au bord de l'extinction. Endémiques ou sub-endémiques, elles font partie des espèces pour lesquelles une urgence est réelle en terme de conservation parmi la faune guadeloupéenne.

Pour s'y préparer, la localisation des derniers noyaux de populations et la connaissance de la vision du grand public vis-à-vis des couleuvres et des serpents en général sont essentielles et pourraient permettre d'orienter de futures mesures de conservation.

Le stage consistera à compléter les enquêtes de terrain débutées en 2015 autour des derniers sites de témoignages de présence de ces espèces et à en réaliser la synthèse (Répartitions ancienne et actuelle/Eléments de biologie/Relations Homme-serpent).

Parallèlement sera recherché et testé la mise en place d'une méthodologie de suivi de l'abondance des couleuvres sur l'îlet de Terre-de-Bas des Saintes.

Les zones d'études se situent principalement dans le Sud de la Basse Terre.

 

Stage préférentiellement destiné à une équipe composée de deux stagiaires.

 

Durée : 6 à 8 semaines 

Conditions : les stagiaires doivent être motorisés. L'ASFA prend en charge les frais de carburant relatifs à l'étude ainsi que les frais de transport et mission sur les îles des Saintes. 

 

Encadrant : Régis Gomès, L'ASFA (Association de Sauvegarde et de réhabilitation de la Faune des Antilles) mabuya971@gmail.com (adressez une copie à : lasfa@wanadoo.fr)

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Faune Guadeloupe

Site officiel de L'ASFA : L'Association pour la Sauvegarde et la réhabilitation de la Faune des Antilles. Etude et Conservation de la Faune sauvage terrestre de la Guadeloupe et des Petites Antilles : amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères (chauves-souris). Sensibilisation et alerte du public et des autorités sur les menaces qui pèsent sur cette biodiversité, singulièrement sur nos espèces endémiques (dégradation des habitats naturels, chasse, pollutions, espèces exotiques envahissantes, ...). Une association libre et indépendante de défense et de préservation de ce patrimoine unique et irremplaçable !!

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