Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Faune Guadeloupe

1 2 3 > >>

Articles avec #reptiles

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Le samedi 6 janvier 2018, nous avons organisé une sortie aux Saintes principalement dédiée à la visite des 2 colonies de Pélicans bruns que nous connaissons sur l’archipel.


Cette visite nautique nous a permis de vérifier nos premières estimations réalisées les semaines précédentes depuis des points d’observation terrestre.

Peu d’évolution sur les 2 colonies depuis nos premiers comptages et bien que la saison ne soit pas entièrement terminée, nous avons pu néanmoins observer une baisse des effectifs nicheurs de 15 à 20 % sur les deux colonies par rapport à la saison précédente. 

Comme au Gosier, nous avons également constaté une forte atteinte du littoral par l’ouragan Maria, assez importante sur l’une des colonies qui a perdu de nombreux supports de nidification. 

(Depuis la découverte par L’ASFA de la réinstallation du Pélican comme oiseau nicheur en Guadeloupe en 2007, l’association porte une veille attentive à l’évolution de la population nicheuse.C’est ainsi que nous suivons chaque année les effectifs nicheurs sur les 4 colonies connues actuellement en Guadeloupe). 

Nous étions accompagnés pour cette journée de Christophe Cuby présentateur de l'émission "C'est naturel" sur la radio Guadeloupe 1ère. Ce dernier malgré des conditions de mer pas évidentes a pu néanmoins sortir son micro.

Vous pouvez réécouter l'émission intitulée "Le Pélican à Grand Îlet et Terre-de-Bas" en podcast sur le lien suivant https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe/emissions-radio/c-est-naturel

Régis Gomès de L'ASFA au micro de Christophe Cuby de Guadeloupe La première radio  pour son émission du dimanche matin  (07h30-08h00) "C'est Naturel"

Régis Gomès de L'ASFA au micro de Christophe Cuby de Guadeloupe La première radio pour son émission du dimanche matin (07h30-08h00) "C'est Naturel"

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !
Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Cette sortie fut l'occasion de rechercher d'éventuelles autres colonies de pélicans et d'observer quelques espèces sédentaires comme le fou brun ou hivernantes comme le Grand héron.

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !
Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Après la pose déjeuner, tout le monde est prêt à rechercher les couleuvres ou couresses et les Sphérodactyles sur l'îlet Cabrit

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

L’Archipel des Saintes n’est pas reconnu uniquement pour ses populations d’oiseaux marins, il l’est aussi pour ses reptiles puisque l’archipel accueille pas moins de 4 espèces endémiques dont 3 strictement des Saintes : L’Anolis des Saintes (Anolis terraealtae), le Sphérodactyle des Saintes (Sphaerodactylus phyzacinus) et la Courresse des Saintes (Alsophis sanctonum). Le quatrième, le Scinque de Guadeloupe (Mabuya desiradea) est également encore présent à la Désirade et à Petite Terre. 

   Mis à part l’anolis encore commun, les 3 autres espèces se portent mal. Tellement mal que l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN) vient d'évaluer ces espèces comme confrontées à risque élevé à très élevé d'extinction.  

   Ce mauvais statut de conservation découle directement de la forte altération de leurs habitats principalement due aux ravages que font les cabris dans les sous-bois et à la présence de prédateurs introduits tels que les poules et les chats.

 Nous avons pu constater de visu cet état de fait, en réalisant une courte halte sur l’îlet Cabrit.
Courte car les conditions météorologiques et surtout notre accablement nous ont fait quitter l’îlet rapidement.
Accueillis par des légions de poules, de chats et de cabris laissés à leur sorts, nous avons découvert un îlet à la végétation complètement dégradée. Plus aucune strate herbacée ou arbustive, plus de litière au sol, une très forte érosion du sol : une vision apocalyptique !

Comment un Sphérodactyle ou une courresse peut-elle survivre dans un tel milieu ? 

Nous  trouverons quand même une courresse après 1h30 de recherche, cette dernière tentant de trouver une proie dans ce quasi désert écologique. Par contre aucun sphérodactyle à l'horizon !

Cet îlet est pourtant propriété du Conservatoire du Littoral depuis 2007 et bénéficie d’un plan de gestion depuis 2015 dans lequel la régénération des milieux naturels et la lutte contre les espèces exotiques envahissantes introduites sont identifiées !

Des mesures de conservations urgentes pour les espèces de reptiles en danger d’extinction sur cet îlet seront-elles prises ? Et seront-elles à la hauteur des enjeux ?

Des quantités de cabris, poules, chats sont présents sur l'îlet...

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !
Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Plus aucune litière au sol ! Plus aucune végétation à moins d'un mètre de hauteur !

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Après 1h30 de recherche sur les secteurs pourvus de quelques feuilles au sol, nous trouvons une courresse qui erre à la recherche d'une éventuelle proie...

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

La perte de litière du fait de la déforestation outre la disparition de milieux de vie indispensables à l’entomofaune et aux espèces qui s’en nourrissent, est reconnue comme une des principales causes de dégradations des fonds marins coralliens. La mise à nu des sols, accélère leur érosion par le vent et la pluie. Les eaux de ruissellement emportent les particules de terre qui vont colmater les fonds marins et dégrader lentement mais surement ces derniers (turbidité de l’eau, baisse de la photosynthèse, nécrose des coraux …).

La perte de la strate arbustive permet également au vent de s’engouffrer bien plus facilement dans les peuplements forestiers et les fragilise face aux ouragans. Après le passage de Maria, il est facile de constater les nombreux arbres couchés loin à l’intérieur des îles).

 

Ces îlets constituent un patrimoine remarquable irremplaçable de l'Archipel guadeloupéen , il y a une réelle  URGENCE à tout mettre en oeuvre pour  leur protection effective et leur restauration 

Voir les commentaires

Première mention d'un scinque Mabuya sp. à Terre-de-Bas, les Saintes

Dans le cadre de son étude sur les Reptiles rares de l'Archipel guadeloupéen, L'ASFA a accueilli deux stagiaires étudiants en licence Science de Terre et de l'Environnement à l'Université des Antilles. Au cours d'une journée consacrée à leur formation sur l'île de Terre-de-Bas des Saintes, un travail d'enquête auprès des habitants nous a permis d'envisager sérieusement la présence d'une population de scinques sur l'île.

Aussi, nous sommes revenus sur l'île quelques jours plus tard pour tenter de vérifier ces informations. Malgré de longues recherches dans la zone désignée, nous n'avons pu observer un seul scinque sur le terrain. Notre enquête nous a toutefois menés chez un habitant qui détenait un scinque, trouvé dans son jardin et qu'il conserve dans une bouteille de rhum ! L'observation de ce spécimen nous fait le rattacher de façon certaine au genre Mabuya .

Cet habitant de Terre-de-Bas nous a confirmé que l'espèce était encore assez courante dans cette région de l'île il y a 5 ans, période à laquelle le spécimen a été collecté.

Preuve est ainsi faite de la présence d'une espèce de scinque Mabuya sp sur Terre-de-Bas. Reste à savoir si elle est proche ou identique à celle découverte en novembre 2014 sur l'île voisine de Terre-de-Haut (B. Angin & R. Gomès, 2015).

La possibilité d'une nouvelle espèce du genre Mabuya pour le banc des Saintes n'est donc pas à exclure et demande, au vu des forts enjeux de conservation de ce genre en Guadeloupe, à être objectivée rapidement par une étude moléculaire. Une estimation de l'état de cette population est également à réaliser urgemment.

A suivre donc !

R. Gomès et B. Ibéné

Nous remercions chaleureusement les habitants des Saintes pour leur accueil chaleureux et leurs précieux témoignages. En particulier Eric, Véronique, Gislaine et Claude.

Un spécimen de scinque Mabuya sp de Terre-de-Bas, les Saintes trouvé par un habitant dans son jardin. C'est la toute première mention de scinque sur cette île.

Un spécimen de scinque Mabuya sp de Terre-de-Bas, les Saintes trouvé par un habitant dans son jardin. C'est la toute première mention de scinque sur cette île.

Voir les commentaires

Scinque Mabuya sp découvert par Baptiste Angin à Terre -de-Haut, les Saintes fin 2014

Scinque Mabuya sp découvert par Baptiste Angin à Terre -de-Haut, les Saintes fin 2014

 

Premières observations de scinques Mabuya sp. sur les îles des Saintes (Archipel de la Guadeloupe)

 

La découverte

L’un de nous (Baptiste Angin)  a eu l'heureuse surprise d’observer un scinque en novembre sur l'île de Terre-de-Haut aux Saintes.

Aussi, une nouvelle prospection a été programmée deux semaines plus tard. Et ce ne sont pas moins de 5 individus différents qui ont pu être observés et photographiés. Ce, sur une superficie d’à peine 1 200 m2 ! En revanche, des recherches complémentaires alentours  n’ont pour l’instant pas permis de mettre en évidence d’autres noyaux de population.

Si cette découverte a de quoi ravir autant les scientifiques naturalistes, c’est que les scinques sont devenus très rares en Guadeloupe !

Les scinques étaient sans doute autrefois communs et répandus sur l'ensemble des îles de notre archipel. Malheureusement, c’était avant. Avant l’introduction de redoutables prédateurs auxquels les scinques n’avaient jamais été confrontés au cours de l’évolution naturelle : mangoustes, chats errants, rats noirs, poules,  … Avant  la dégradation continue de leurs habitats naturels notamment par les déboisements étendus, le surpâturage par les petits ruminants - nombreux en divagation sur les îlets et  îles du sud -, et l’usage excessif des pesticides.

On présume que les scinques ont disparu de Grande-Terre, Basse-Terre, de Marie-Galante. Et plus récemment, de l'îlet Cochon.

Actuellement, les seules populations connues encore existantes sont celles des îles de la Désirade et de Petite Terre (Breuil, 2002; Lorvelec et al. 1998 ; Lorvelec 2011 ; Hedges & Conn, 2012 ; Pare & Lorvelec, 2012 ; Gomès & Ibéné, 2013).

Historiquement la présence de scinques aux Saintes n'avait jamais été prouvée. On retrouve dans la littérature une seule mention pour Terre-de-Bas faite par Schwartz (1967) mais cette donnée a été considérée comme erronée jusqu'alors par les herpétologues contemporains (confusion avec Terre de Bas de Petite Terre). Depuis, alors que les Saintes constituent des îles souvent visitées par des naturalistes, aucun scinque n’y avait été observé et aucun témoignage d’habitant n’en avait fait état.

Néanmoins, il était permis d’espérer sa présence car ces îles sont exemptes de mangoustes, le plus redoutable prédateur de l’herpétofaune antillaise. Ce sont d’ailleurs les dernières îles de l’Archipel guadeloupéen où les couresses (couleuvres) y sont encore assez communes. Alors que les autres couleuvres de la Guadeloupe ont disparu ou sont en danger critique d’extinction : la Petite Couresse, (Erythrolamprus juliae , ex Liophis juliae) et la Grande Couresse de Guadeloupe  (Alsophis antillensis), la Couresse des Saintes (Alsophis sanctonum), respectée par la plupart des habitants, elle, ne semble pas en danger d'extinction, tout au moins à Terre-de -Bas.

Quelques temps après, lors d'une nos prospections sur Terre-de-Bas dans le cadre de l’étude que mène L’ASFA sur les Reptiles rares de l'Archipel guadeloupéen, nous avons pu obtenir une preuve de la présence de l'espèce sur cette île ! En effet, un habitant conserve un spécimen prélevé dans son jardin il y a 5 ans.

Mais là, plusieurs autres séances de recherche sur le terrain ont été infructueuses. Ce qui nous fait craindre que ce noyau de  population soit déjà au bord de l’extinction.

Pour ces deux îles, ces données sont les premières mentions de la présence de scinques sur l'archipel des Saintes. Bien que l’observation des scinques est réputé difficile, l’absence de données sur ces îles malgré le passage d’un grand nombre de naturalistes, laisse à  penser que ces populations sont très localisées, en faible effectif, et par conséquent, menacées de disparition.

 

Nouvelle population d’une espèce déjà décrite ou une nouvelle espèce ?

 

Maintenant que la présence du Scinque est avérée sur les îles des Saintes, reste à en déterminer l’espèce. Il s'agit là d'un autre problème.

En effet, dans un passé récent, toutes les populations de scinques en Guadeloupe comme dans une grande partie des Petites Antilles faisaient partie de la même espèce Mabuya mabouya (Lacépède, 1788). En 2012, des scientifiques herpétologues américains, Hedges et Conn, ont proposé une nouvelle classification du genre basée pour la Guadeloupe sur l’analyse morphologique de quelques individus. Ils proposent ainsi de scinder les populations guadeloupéennes en cinq espèces : Mabuya desiradea pour l'île de La Désirade et les îlets de Petite Terre, Mabuya cochonae pour l'Ilet Cochon, Mabuya grandisterrae pour l'île de Grande-Terre, Mabuya guadeloupae pour l'île de Basse-Terre et Capitellum mariagalantae pour Marie-Galante.

Ainsi l'isolation géographique des îles aurait donné naissance à une espèce à part entière sur chaque île. Nous nous retrouverions en Guadeloupe avec 5 nouvelles espèces endémiques (de chaque île). Et 4 d’entre elles auraient disparu !

La dernière en date, celle de l'îlet Cochon (petite île de 25 hectares située dans le Petit Cul-de-Sac Marin) n'a pas été retrouvée malgré plusieurs prospections (Breuil, 2002 ; AEVA, com. pers. 2013 ; L'ASFA, 2014). L'hypothèse la plus plausible de sa disparition est la prédation par la population férale de chats implantée sur l’îlet (abandons délibérés ou en relation avec les habitations sur l'île). Si l’espèce y subsiste, elle serait en danger critique d’extinction. 

Pour les Scinques des Saintes, les observations de terrain et l'analyse des photographies prises confirment leur appartenance au genre Mabuya. En revanche, il nous est aujourd'hui impossible de déterminer de quelle espèce il s'agit par la simple observation des caractères morphologiques.

Est-ce une des 5 espèces décrites par Hedges et Conn en 2012 ? Est-ce l’espèce connue à la Dominique ? Est-ce l’espèce mère Mabuya mabuya ? Est-ce une espèce commune à toutes les îles de l’Archipel guadeloupéen ? Ou alors,  est-ce une nouvelle espèce pour la science qui serait endémique du banc des Saintes, la 6ième espèce de scinques de la Guadeloupe ?

Il faut relever que l'herpétofaune des Saintes montre que ses représentants sont pour la plupart, des espèces à part entière, différentes de celles du "continent". C’est le  cas pour la Couresse des Saintes (Alsophis sanctonum), le Sphérodactyle des Saintes (Sphaerodactylus phyzacinus) et l’Anolis des Saintes (Ctenonotus terraealtae). Toutes ces espèces sont endémiques aux Saintes. Autrement dit, elles sont présentes aux Saintes et nulle part ailleurs au monde !

Le juge de paix sera sans doute la génétique. Afin de préciser la taxinomie des scinques des Saintes, nous projetons donc de mener une étude moléculaire avec le concours d’un spécialiste français de la phylogénie des scinques en partenariat avec les services de l'Etat.

 

A peine découverte, cette population apparaît menacée

 

Quoi qu’il en soit, l’avenir des  populations de scinques des Saintes est très incertain. Des menaces sur les habitats où subsistent des individus sont identifiées et il y a urgence à les  réduire drastiquement.

 

Parmi les mesures qu’il conviendrait d’ores et déjà de mettre en œuvre on peut citer :

  • la préservation de tous les habitats où la présence de scinques a été notée,
  • une gestion raisonnée des populations de chats errants et divagants (prise en charge par des Associtations de Protection Animale, stérilisation, sensibilisation des propriétaires,..),
  • campagnes de piégeages de rats,
  • gestion des cabris et poules en divagation,
  • proscrire tout traitement pesticide dans les zones à scinques
  • surveillance étroite de toute arrivée d’espèce exotique envahissante (notamment la petite mangouste indienne)

 

Il va sans dire que tout projet d’aménagement dans ces zones devra scrupuleusement prendre en compte les populations  de scinques.

 

Baptiste Angin, Régis Gomès et Béatrice Ibéné 

 

AIDEZ-NOUS à mieux les connaître !!!

En l’état actuel, les Scinques font partie des espèces les plus menacées de la Guadeloupe.  Endémiques, elles ont une très grande valeur patrimoniale. Si ces espèces venaient à disparaitre ce serait une perte définitive pour la Guadeloupe mais également pour la biodiversité mondiale.
Il n'est pas à exclure que des reliquats de populations de scinques subsistent en Basse-Terre et en Grande-Terre. En effet, comme le montre la découverte aux Saintes,  l'espèce peut se faire très discrète de la communauté naturaliste et scientifique.

 

 

Vous pouvez participer à la connaissance et à la sauvegarde

de ces espèces patrimoniales

en nous faisant part de vos observations :

Contactez l'ASFA 

par mail : lasfa@wanadoo.fr

ou à défaut, par téléphone au  0690 50  72 32 

 

 

Scinques de  la Désirade (Mabuya desiradea)  photographié à Petite Terre en haut (R. Gomès) et à la Désirade  (B. Ibéné
Scinques de  la Désirade (Mabuya desiradea)  photographié à Petite Terre en haut (R. Gomès) et à la Désirade  (B. Ibéné

Scinques de la Désirade (Mabuya desiradea) photographié à Petite Terre en haut (R. Gomès) et à la Désirade (B. Ibéné

 

Que sont ces lézards dorés, les scinques ?

 

Des lézards  qui brillent

Les scinques sont des lézards terrestres de taille moyenne de 20 à 25 centimètres queue comprise, plus gros que les Anolis mais plus petits que les jeunes iguanes. Ils peuvent être confondus avec d’autres lézards terrestres, les gymnophtalmes qu’on appelle « chauffé soley». Mais ils sont plus grands, plus épais, de couleur plus claire et montrent une bande foncée sur les flancs.  

On reconnaît les scinques à leur corps presque cylindrique et brillant. Leur queue est plus longue que le corps. Ils présentent une couleur bronze métallique sur le dessus et les flancs. Une ligne noire caractéristique partant des narines traverse les yeux puis les flancs et s’estompe au niveau des pattes arrières. Le dessous du corps est crème.

Selon l’exposition, et la réflexion de la lumière ils apparaissent de couleur dorée ou cuivrée. Raison pour laquelle ils sont appelés par certains « lézards dorés ». D’autres dans les îles du nord où existe un autre genre, leur préfèrent le nom de « couleuvre batarde » car ces lézards ont de courtes pattes et ne sont pas très visibles lorsqu’ils s’enfuient. Leurs grands yeux et leur regard très expressif captent l’attention de l’observateur.

L’observation des scinques est difficile. Elle requiert beaucoup de patience et une grande discrétion. Ce sont des animaux plutôt farouches et qui ne sortent qu’aux heures les plus chaudes de la journée.

 

Des prédateurs d’insectes

Les scinques consomment des insectes qu’ils chassent essentiellement au sol, dans la litière, les chaos rocheux, …. Ils peuvent également rechercher leurs proies en prospectant le long des troncs d’arbre ou dans entrelacs de racines aériennes.

 

Des reptiles évolués

Une caractéristique des scinques assez originale dans la classe des reptiles est leur reproduction vivipare. Les femelles donnent directement naissance à des jeunes, contrairement à la plupart des reptiles qui pondent des œufs.

 

Scinque (Mabuya sp) photographié à  Terre-de-Haut, les Saintes  (crédit : B. Ibéné) -

Scinque (Mabuya sp) photographié à Terre-de-Haut, les Saintes (crédit : B. Ibéné) -

Attention tout lézard brillant n'est pas un scinque !

Les scinques peuvent être confondus avec les chauffé soley 

 

Les gymnophtalmes sont aussi des lézards terrestres brillants qui sortent au plus chaudes heures de la journée (10-15h). On les appelle "chauffé soley".

Le Gymnophtalme d'Underwood (Gymnophtalmus underwoodiest une espèce exotique en pleine expansion en Guadeloupe. Il est devenu très commun à la différence de nos scinques endémiques, rares et très localisés. 

Il est plus petit que nos scinques : 6-8 cm maximum. De couleur bronze, les gymnophtalmes brillent au soleil mais sont dépourvus de la bande noire latérale caractéristique des scinques. Ils ont les pattes très courtes et se déplacent en serpentant au sol sur la litière.

 Dans le doute, n'hésitez pas à prendre des photos

et à nous les envoyer à cette adresse

: lasfa@wanadoo.fr 

 

gymnophtalmes d'Underwood appelés "chauffé soley". A ne pas confondre avec les scinques. (Photos : R. Gomès (h); K.Questel (b))
gymnophtalmes d'Underwood appelés "chauffé soley". A ne pas confondre avec les scinques. (Photos : R. Gomès (h); K.Questel (b))

gymnophtalmes d'Underwood appelés "chauffé soley". A ne pas confondre avec les scinques. (Photos : R. Gomès (h); K.Questel (b))

Références 

 

  •  Hedges B. & Conn C.E., 2012. A new skink fauna from Caribbean islands [Squamata, Mabuyidae, Mabuyinae], Zootaxa, 3288 : 1-244 
  • Lorvelec O., Barre N. & Pavis C. 2012. Les dernières populations de Scinques dans les Antilles françaises : état des connaissances et propositions d'actions. Rapport AEVA n°35 , Octobre 2012. 35 pp.
  • Miralles A, Carranza S, 2010. Systematics and biogeography of the neotropical genus Mabuya, with special emphasis on the Amazonian skink Mabuya nigropunctata (Reptilia, Scincidae). Molecular Phylogenetics & Evolution, 54(3): 857-869.
  • Miralles A, Rivas Fuenmayor G, Bonillo C, Schargel WE, Barros T, Garcia-Pérez JE & Barrio-Amoros CL, 2009. Molecular systematics of Carribean skinks of the genus Mabuya (Reptilia, Scincidae), with descriptions of two new species from Venezuela. Zoological Journal of the Linnean Society, 156: 598-616.
  • Miralles A, Barrio-Amoros CL, Rivas G & Chaparro-Auza JC, 2006. Speciation in the "Várzéa" flooded forest: a new Mabuya (Squamata: Scincidae) from Western Amazonia. Zootaxa, 1188: 1-22
  • Breuil M., 2002.  Histoire Naturelle des Amphibiens et Reptlies tesrrestres de l'archipel Guadeloupéen. Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélémy. Patrimoines Naturels, 54 : 339 p.

 

Notes

  • Paré T. et Lorvelec O., 2012. Mabuya desiradae (Désirade Skink). Conservation. Caribbean herpetology, 38:1. 

 

Voir les commentaires

Voici une menace sérieuse

qui pointe son nez aux portes de la Guadeloupe

 

Cet anolis originaire du banc de Porto Rico, Ctenonotus cristatellus ou Anolis cristatellus est une espèce considérée comme invasive dans toute la Caraïbe. Connue à ce jour comme espèce introduite en Floride, au Mexique, au Costa Rica, à Saint-Martin, dans la grande majorité des Grandes Antilles et à la Dominique, elle pourrait être d’ores et déjà présente dans d’autres îles des Petites Antilles.

 

Cette espèce comme d’autres anolis peut voyager incognito sur les bateaux de plaisance ou au sein des containers voyageant d’îles en îles, mais elle peut aussi s’échapper de captivité, car il s’agit d’une espèce vendue comme NAC (Nouveau Animaux de Compagnie).

 

L'Anolis de Porto Rico est aujourd’hui considéré comme une Espèce Exotique Envahissante (EEE) pour :

- Son caractère très agressif qui en fait une espèce dominante face aux Anolis endémiques. Les mâles chassent les mâles des autres espèces qui disparaissent.

- Ses fortes capacités de colonisation des habitats xérophiles (secs) et littoraux.

 

A la Dominique depuis son arrivée à la fin des années 1990 à Roseau, l’espèce a rapidement colonisé une grande partie du littoral de la moitié sud de l’île. Aujourd’hui là où elle s’est installée, l’espèce endémique a quasiment disparu !

 

L’augmentation des échanges maritimes avec la Dominique (Passagers, barges de sables, ...) et l’engouement pour les Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC) en Guadeloupe constituent des risques importants d’introduction de cet invasif à court ou moyen terme dans notre Archipel. Ce qui serait une catastrophe pour nos espèces endémiques, particulièrement pour celles des dépendances et des îlets (Marie Galante, Petite Terre, La Désirade, Les Saintes, Îlet Kahouanne, Îlet Pigeon ...).

 

 

VIGILANCE ! 

N‘hésitez pas à prendre des photos de tout Anolis qui vous paraît étrange.

et à nous transmettre les photos à cette adresse : lasfa@wanadoo.fr

 

 

Comment le reconnaitre ?

 

Il est de taille identique à nos anolis, cependant quelques caractères anatomiques ou comporte- men- taux peuvent permettre de le différencier :

- Sa couleur dorsale varie de l’olive en passant au brun jusqu’au presque noir. Il présente généralement de nombreuses taches ou marbrures sur la queue, les pattes et les flancs.

- Les mâles ont le plus souvent une queue crêtée ondulée.

- Son crâne est plus massif avec des mandibules plus courtes.

- Fanon orangé à la bordure blanchâtre très souvent au centre verdâtre. - Très agressif vis-à-vis des autres anolis, lors des confrontations il peut émettre des sifflements et faire vibrer sa queue.

 

TELECHARGEZ LA FICHE SPECIALE réalisée par L'ASFA 

Vigie Reptiles : L'Anolis à crête de Porto Rico est aux portes de la Guadeloupe
Vigie Reptiles : L'Anolis à crête de Porto Rico est aux portes de la Guadeloupe

Voir les commentaires

Le Gecko lugubre, un nouvel invasif en Guadeloupe

Le Gecko lugubre (Lepidodactylus lugubris) est une nouvelle Espèce Exotique Envahissante arrivée en Guadeloupe depuis peu mais déja en pleine expansion.

Faites nous part de vos observations !

C'est un gecko qui fréquente les maisons. Il convient de le différencier de l'Hémidactyle mabouya (Hemidactylus mabouia) et du Thécadactyle à queue turbinée (Thecadactylus rapicauda).

 

Pour en savoir plus télécharger la fiche ci-dessous 

Voir les commentaires

1 2 3 > >>
Haut

Faune Guadeloupe

Site officiel de L'ASFA : L'Association pour la Sauvegarde et la réhabilitation de la Faune des Antilles. Etude et Conservation de la Faune sauvage terrestre de la Guadeloupe et des Petites Antilles : amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères (chauves-souris). Sensibilisation et alerte du public et des autorités sur les menaces qui pèsent sur cette biodiversité, singulièrement sur nos espèces endémiques (dégradation des habitats naturels, chasse, pollutions, espèces exotiques envahissantes, ...). Une association libre et indépendante de défense et de préservation de ce patrimoine unique et irremplaçable !!

Hébergé par Overblog