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Faune Guadeloupe

Faune Guadeloupe

Site officiel de L'ASFA : L'Association pour la Sauvegarde et la réhabilitation de la Faune des Antilles

especes invasives

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Le samedi 6 janvier 2018, nous avons organisé une sortie aux Saintes principalement dédiée à la visite des 2 colonies de Pélicans bruns que nous connaissons sur l’archipel.


Cette visite nautique nous a permis de vérifier nos premières estimations réalisées les semaines précédentes depuis des points d’observation terrestre.

Peu d’évolution sur les 2 colonies depuis nos premiers comptages et bien que la saison ne soit pas entièrement terminée, nous avons pu néanmoins observer une baisse des effectifs nicheurs de 15 à 20 % sur les deux colonies par rapport à la saison précédente. 

Comme au Gosier, nous avons également constaté une forte atteinte du littoral par l’ouragan Maria, assez importante sur l’une des colonies qui a perdu de nombreux supports de nidification. 

(Depuis la découverte par L’ASFA de la réinstallation du Pélican comme oiseau nicheur en Guadeloupe en 2007, l’association porte une veille attentive à l’évolution de la population nicheuse.C’est ainsi que nous suivons chaque année les effectifs nicheurs sur les 4 colonies connues actuellement en Guadeloupe). 

Nous étions accompagnés pour cette journée de Christophe Cuby présentateur de l'émission "C'est naturel" sur la radio Guadeloupe 1ère. Ce dernier malgré des conditions de mer pas évidentes a pu néanmoins sortir son micro.

Vous pouvez réécouter l'émission intitulée "Le Pélican à Grand Îlet et Terre-de-Bas" en podcast sur le lien suivant https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe/emissions-radio/c-est-naturel

Régis Gomès de L'ASFA au micro de Christophe Cuby de Guadeloupe La première radio  pour son émission du dimanche matin  (07h30-08h00) "C'est Naturel"

Régis Gomès de L'ASFA au micro de Christophe Cuby de Guadeloupe La première radio pour son émission du dimanche matin (07h30-08h00) "C'est Naturel"

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !
Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Cette sortie fut l'occasion de rechercher d'éventuelles autres colonies de pélicans et d'observer quelques espèces sédentaires comme le fou brun ou hivernantes comme le Grand héron.

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !
Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Après la pose déjeuner, tout le monde est prêt à rechercher les couleuvres ou couresses et les Sphérodactyles sur l'îlet Cabrit

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

L’Archipel des Saintes n’est pas reconnu uniquement pour ses populations d’oiseaux marins, il l’est aussi pour ses reptiles puisque l’archipel accueille pas moins de 4 espèces endémiques dont 3 strictement des Saintes : L’Anolis des Saintes (Anolis terraealtae), le Sphérodactyle des Saintes (Sphaerodactylus phyzacinus) et la Courresse des Saintes (Alsophis sanctonum). Le quatrième, le Scinque de Guadeloupe (Mabuya desiradea) est également encore présent à la Désirade et à Petite Terre. 

   Mis à part l’anolis encore commun, les 3 autres espèces se portent mal. Tellement mal que l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN) vient d'évaluer ces espèces comme confrontées à risque élevé à très élevé d'extinction.  

   Ce mauvais statut de conservation découle directement de la forte altération de leurs habitats principalement due aux ravages que font les cabris dans les sous-bois et à la présence de prédateurs introduits tels que les poules et les chats.

 Nous avons pu constater de visu cet état de fait, en réalisant une courte halte sur l’îlet Cabrit.
Courte car les conditions météorologiques et surtout notre accablement nous ont fait quitter l’îlet rapidement.
Accueillis par des légions de poules, de chats et de cabris laissés à leur sorts, nous avons découvert un îlet à la végétation complètement dégradée. Plus aucune strate herbacée ou arbustive, plus de litière au sol, une très forte érosion du sol : une vision apocalyptique !

Comment un Sphérodactyle ou une courresse peut-elle survivre dans un tel milieu ? 

Nous  trouverons quand même une courresse après 1h30 de recherche, cette dernière tentant de trouver une proie dans ce quasi désert écologique. Par contre aucun sphérodactyle à l'horizon !

Cet îlet est pourtant propriété du Conservatoire du Littoral depuis 2007 et bénéficie d’un plan de gestion depuis 2015 dans lequel la régénération des milieux naturels et la lutte contre les espèces exotiques envahissantes introduites sont identifiées !

Des mesures de conservations urgentes pour les espèces de reptiles en danger d’extinction sur cet îlet seront-elles prises ? Et seront-elles à la hauteur des enjeux ?

Des quantités de cabris, poules, chats sont présents sur l'îlet...

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !
Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Plus aucune litière au sol ! Plus aucune végétation à moins d'un mètre de hauteur !

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !

Après 1h30 de recherche sur les secteurs pourvus de quelques feuilles au sol, nous trouvons une courresse qui erre à la recherche d'une éventuelle proie...

Une journée naturaliste aux Saintes …entre émerveillement vives inquiétudes !
La perte de litière du fait de la déforestation outre la disparition de milieux de vie indispensables à l’entomofaune et aux espèces qui s’en nourrissent, est reconnue comme une des principales causes de dégradations des fonds marins coralliens. La mise à nu des sols, accélère leur érosion par le vent et la pluie. Les eaux de ruissellement emportent les particules de terre qui vont colmater les fonds marins et dégrader lentement mais surement ces derniers (turbidité de l’eau, baisse de la photosynthèse, nécrose des coraux …).
La perte de la strate arbustive permet également au vent de s’engouffrer bien plus facilement dans les peuplements forestiers et les fragilise face aux ouragans. Après le passage de Maria, il est facile de constater les nombreux arbres couchés loin à l’intérieur des îles).
 

Ces îlets constituent un patrimoine remarquable irremplaçable de l'Archipel guadeloupéen , il y a une réelle  URGENCE à tout mettre en oeuvre pour  leur protection effective et leur restauration 

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Publié le par asfa
Publié dans : #espèces invasives, #Lézards, #Reptiles

Voici une menace sérieuse

qui pointe son nez aux portes de la Guadeloupe

 

Cet anolis originaire du banc de Porto Rico, Ctenonotus cristatellus ou Anolis cristatellus est une espèce considérée comme invasive dans toute la Caraïbe. Connue à ce jour comme espèce introduite en Floride, au Mexique, au Costa Rica, à Saint-Martin, dans la grande majorité des Grandes Antilles et à la Dominique, elle pourrait être d’ores et déjà présente dans d’autres îles des Petites Antilles.

 

Cette espèce comme d’autres anolis peut voyager incognito sur les bateaux de plaisance ou au sein des containers voyageant d’îles en îles, mais elle peut aussi s’échapper de captivité, car il s’agit d’une espèce vendue comme NAC (Nouveau Animaux de Compagnie).

 

L'Anolis de Porto Rico est aujourd’hui considéré comme une Espèce Exotique Envahissante (EEE) pour :

- Son caractère très agressif qui en fait une espèce dominante face aux Anolis endémiques. Les mâles chassent les mâles des autres espèces qui disparaissent.

- Ses fortes capacités de colonisation des habitats xérophiles (secs) et littoraux.

 

A la Dominique depuis son arrivée à la fin des années 1990 à Roseau, l’espèce a rapidement colonisé une grande partie du littoral de la moitié sud de l’île. Aujourd’hui là où elle s’est installée, l’espèce endémique a quasiment disparu !

 

L’augmentation des échanges maritimes avec la Dominique (Passagers, barges de sables, ...) et l’engouement pour les Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC) en Guadeloupe constituent des risques importants d’introduction de cet invasif à court ou moyen terme dans notre Archipel. Ce qui serait une catastrophe pour nos espèces endémiques, particulièrement pour celles des dépendances et des îlets (Marie Galante, Petite Terre, La Désirade, Les Saintes, Îlet Kahouanne, Îlet Pigeon ...).

 

 

VIGILANCE ! 
N‘hésitez pas à prendre des photos de tout Anolis qui vous paraît étrange.

et à nous transmettre les photos à cette adresse : lasfa@wanadoo.fr

 

 

Comment le reconnaitre ?

 

Il est de taille identique à nos anolis, cependant quelques caractères anatomiques ou comporte- men- taux peuvent permettre de le différencier :

- Sa couleur dorsale varie de l’olive en passant au brun jusqu’au presque noir. Il présente généralement de nombreuses taches ou marbrures sur la queue, les pattes et les flancs.

- Les mâles ont le plus souvent une queue crêtée ondulée.

- Son crâne est plus massif avec des mandibules plus courtes.

- Fanon orangé à la bordure blanchâtre très souvent au centre verdâtre. - Très agressif vis-à-vis des autres anolis, lors des confrontations il peut émettre des sifflements et faire vibrer sa queue.

 

TELECHARGEZ LA FICHE SPECIALE réalisée par L'ASFA 

Vigie Reptiles : L'Anolis à crête de Porto Rico est aux portes de la Guadeloupe
Vigie Reptiles : L'Anolis à crête de Porto Rico est aux portes de la Guadeloupe

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Publié le par asfa
Publié dans : #Lézards, #espèces invasives, #Reptiles, #Etudes ASFA
Le Gecko lugubre, un nouvel invasif en Guadeloupe

Le Gecko lugubre (Lepidodactylus lugubris) est une nouvelle Espèce Exotique Envahissante arrivée en Guadeloupe depuis peu mais déja en pleine expansion.

Faites nous part de vos observations !

C'est un gecko qui fréquente les maisons. Il convient de le différencier de l'Hémidactyle mabouya (Hemidactylus mabouia) et du Thécadactyle à queue turbinée (Thecadactylus rapicauda).

 

Pour en savoir plus télécharger la fiche ci-dessous 

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Publié le par asfa
Publié dans : #Etudes ASFA, #espèces invasives, #Reptiles, #Lézards

Encore une espèce introduite en pleine expansion en Guadeloupe :

 Lepidodactylus lugubris (Duméril and Bibron, 1836)

 

L'archipel guadeloupéen connait l'expansion d'une nouvelle espèce de reptiles récemment introduite, un geckonidé (famille des mabouyas) Lepidodactylus lugubris. Il ressemble à l'Hémidactyle mabouia (Hemidactylus mabouai) introduit lui, depuis le commerce trianguaire, et considéré maintenant comme une espèce patrimoniale. 

 

 

Lepidodactylus lugubris

 

Observé pour la première fois aux Abymes en 2010 (1), ce petit gecko a été de nouveau observé en 2011 aux Abymes (1) et à Sainte-Rose (2), puis en 2012 toujours à Sainte-Rose (2) et à Pointe-à-Pitre (3). Cette année l’espèce a été observée sur le même site de Sainte-Rose (2) mais également au Gosier (3)

 

Si l'origine de son arrivée en Guadeloupe sera difficile à déterminer, son installation sur les îles de Basse-Terre et de Grande-Terre est maintenant établie. 

 

Il est possible que cette nouvelle espèce soit arrivée avec des matériaux ou végétaux d’importation comme le typhlos brame, un petit serpent invasif (serpent des pots de terre) et les rainettes Scinax x signées d'Amérique du Sud.

 

Toutefois,  ce gecko, prisé par les collectionneurs amateurs de NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie), facile à élever, robuste, à grande longévité,  et en vente dans les animaleries spécialisées pour une vingtaine d’euros a tout aussi bien pu s'échapper d'un terrarium !

 

 

Comment le reconnaitre ?

C'est un petit gecko d'une longueur de 10 cm (dont près de la moitié pour la queue).  De couleur crème fauve, avec sur le dos et les flancs des taches et marbrures brunes plus ou moins marquées. Le dessous du corps est beige. Une bande faciale brune plus ou moins marquée part du museau jusqu’aux épaules.  Elle peut se prolonger en bandes dorsolatérales chez les individus les plus marqués.


 Lepidodactylus lugubris

 

 

D'où vient- il ?  


Il est naturellement répandu sur la région Indo-Pacifique.

Il a été introduit sur les côtes Pacifiques de l’Amérique centrale (Smith et Grant, 1961; Schauenberg 1968 ; Henderson et al. 1976; Kraus, 2009; Uetz 2011), depuis 2007 il est signalé sur les côtes caribéennes du Panama, du Surinam (Bauer et al 2007) et en Guadeloupe (1)(2)(3)(4) .  

 

 

Ses habitats de prédilection 

 

Il habite naturellement les zones de faible altitude, les  mangroves, les zones côtières et anthropisées.  On le trouve souvent dans les milieux perturbés ou complètement artificiels en zone littorale où il va profiter des éclairages artificiels pour la capture de ses proies. Généralement nocturne, il se cache la journée dans les anfractuosités, sous l’écorce des arbres, les palmes de cocotiers ou les filaos. Il peut ponctuellement avoir une activité diurne.

 

 

Son mode de reproduction facilite son expansion rapide


C'est une espèce parthénogénique . Elle se reproduit à partir d'un gamète femelle non fécondé.  Les femelles sont territoriales et les affrontements territoriaux ne sont pas rares avec des poursuites. Les femelles dominantes repoussant les plus petites des zones les plus propices à l’alimentation. Les individus territoriaux sont capables de vocaliser. Leurs cris consistent à des séries de sons courts ressemblants à tchik.

C’est une espèce assez prolifique, la ponte généralement par séries de deux œufs mous est collée à un support quelconque avant de durcir. Ce quifacilite le transport des oeufs.  Plusieurs femelles peuvent pondre dans les mêmes fissures ou systèmes racinaires. L’incubation dure environ 2 mois. 

 

 

L'ASFA surveille  le caractère invasif (expansion, interactions et impacts sur les autres espèces, ...) de cette nouvelle espèce exotique envahissante sur notre archipel.

Rapplelons-le, l'introduction d'espèces exotiques est une cause majeure de fragilisation et de disparition des espèces insulaires, singulièrement des espèces endémiques !  

 

Faites-nous part de vos observations:

 lasfa@wanadoo.fr

 

 

Références :

-Bauer et Sadlier, The new Caledonian herpetofauna, 2000.

-Beate Röll. Sauria, Suppl., Berlin, 2002, 24 (3): 545-550

- (1) Lorvelec O., Levesque A.  and Bauer A. M. - First record of the Mourning Gecko (Lepidodactylus lugubris) on Guadeloupe, French West Indies. Herpetology Notes, volume 4: 291-294 (2011) 

- (3) Gomès R., Ibéné B. 2013.  Lepidodactylus lugubris (Mourning Gecko).  Caribbean Herpetology 44:1].

- (2) Parmentier P., Ibéné B., Gomès R. 2013. Lepidodactylus lugubris (Mourning Gecko).  Caribbean Herpetology  Herpetology 47:1].

 

 

 

 

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Publié le par asfa
Publié dans : #Etudes ASFA, #espèces invasives

 

Le Comité français de L'UICN et l'ONCFS ont réalisé et publié l'ouvrage :


" Les Vertébrés terrestres introduits en outre-mer et leurs impacts.  

Guide illustré des principales espèces envahissantes "  

Mars 2011 - 100 pages . ISBN 978-2-85692-004-6 


guide_vertebres_EEE-outre_mer.jpg

 

L'ASFA (Béatrice Ibéné, vétérinaire) est co-auteure des monographies sur les Reptiles (sauf celles de l'Hémydactyle bridé et du Grand gecko) et de toutes les monographies Amphibiens (sauf celles de la Rainette verte et dorée).

 

Le guide est téléchargeable ICI 


Les prospections et le recueil de données réalisés par l'ASFA depuis près de 10 ans  ont enrichi les contributions à cet ouvrage destiné à la fois au grand public et aux acteurs de la conservation de la biodiversité en outre-mer. 


Amplexus de rainettes Scinax x-signatus

Rainettes x signées en amplexus axillaire. Espèce introduite en Guadeloupe probablement par le transport de bois de construction en provenance d'Amérique du Sud. Elle est pleine expansion sur tout l'Archipel guadeloupéen depuis 10 ans profitant sans doute du transport de bois, de terre et de plantes de pépinièress.

 

 

NB : Le Typhlops brame (Typhlos braminus) un petit serpent fouisseur hermaphrodite ne figure pas sur le guide mais possède tous les critères d'une Espèce Exotique Enhavissante. Il est en pleine expansion en Grande Terre et Basse Terre depuis une dizaine d'années et est syntopique de l'espèce endémique, le Typhlops de la Guadeloupe (Typhlops guadeloupensis )

 

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Publié le par asfa
Publié dans : #Etudes ASFA, #espèces invasives, #Reptiles

 

 

 

Couverture CourrierNature

 

Article sur l'Herpétofaune

paru dans le Courrier de la Nature (N°249) 

revue éditée par la Société nationale de la protection de la nature* 


Téléchargez ici la 1ère partie : Modifications du peuplement herpétologique dans les Antilles françaises 


Les auteurs :

Michel Breuil

(MNHN - mail: breuil.michel@gmail.com)

Béatrice Ibéné

(L'ASFA - lasfa@wanadoo.fr)

Karl Questel

(www.stbarthnature.blogspot.com)

Fortuné Guiougou

(Association Le Gaiac)

 

 


* Société nationale de protection de la nature et d'acclimation de France

association fondée le 10 février 1854

reconnue d'utilité publique

9 rue Cels 

75014 Paris

tel: 01 43 20 15 39 

snps@wanadoo.fr

www.snpn.com 

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Publié le par asfa
Publié dans : #espèces invasives
L'ASFA poursuit depuis plusieurs années la prospection des grenouilles rainettes invasives Scinax x signées (Scinax x signatus) qui colonisent les zones humides des petites mares aux lagunes saumâtres  à salées !, en passant par la forêt marécageuse , les fonds de ravines des Grands Fonds , les étangs et mares d'elevage quelque soit leur taille, ... où elles se reproduisent (développement indirect avec un stade têtard aquatique à la différence des grenouilles hylodes).


                         
        rainette scinax x signée : le X sur le dos et pattes palmées permettent de la différencier facilement des autres grenouilles présentes en Guadeloupe.


Nous repérons les animaux à vue ou au "chant". Leurs vocalisations se caractérisent par des espaces de croassement qui différent de ceux des crapauds géants.

Comment reconnaître leur  "chant" ? 

  
scinax-21_08_09-09_01.m4a scinax-21_08_09-09_01.m4a


Une mare de taille moyenne peut contenir des milliers de scinax !

Cette espèce introduite probablement dans les années 2000 depuis l'Amerique du Sud (Probablement la Guyane) a déja colonisé plusieurs  îles de l'Archipel  (où le crapud buffle avait échoué comme à Marie Galante par exemple). Son expansion est très rapide.




Elle rentre en compétion avec les espèces locales indigènes (notamment l'hylode de la Martinique) déja menacées par la déforestation, l'urbanisation,  les pollutions diverses et la compétition avec une autre espèce introduite l'Hylode de Jonhstone (introduite dans les années 60 depuis Antigua). 

N'hésitez pas à nous faire part de vos observations  :
par tel : 0690 50 72 32
ou par mel :
lasfa@wanadoo.fr 

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Publié le par asfa
Publié dans : #espèces invasives

Les rats : une calamité pour la faune locale

Leur prolificité et leur alimentation éclectique en font des espèces très envahissantes.

 §         le Rat noir (Rattus rattus)

Il a été introduit dans l'Archipel probablement dès le début du XVIe siècle pas des galions espagnols. Le Rat noir s'est très rapidement étendu et multiplié. Cet omnivore a pu coloniser la quasi totalité des milieux, même la mangrove la plus halophile. En forêt marécageuse sa densité atteint jusqu?à 18 individus /ha.

 Ce rongeur aux moeurs arboricoles a un impact très négatif sur l'avifaune, ses proies de prédilection étant les oeufs et poussins. Le Rat noir est le seul prédateur des couvées et nichées dudu Pic de la Guadeloupe. Il s'attaque aussi aux jeunes couresses. 

 dispositifs de protection des nids de pic dans les stipes de cocotier

§          le Surmulot (Rattus norvegicus)
 Il aurait été introduit en Guadeloupe à la fin du XVIIe siècle. Il fréquente aussi tous les milieux mais a une forte affinité pour les zones anthropisées. Les multiples décharges à ciel ouvert sont autant d'aubaines pour l'installation du Surmulot en milieu naturel (mangrove, régions côtières).

 Ce rongeur bien que non arboricole exerce lui aussi une prédation sur les nids d'oiseaux notamment marins.

crédits photos : B Ibéné

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Publié le par asfa
Publié dans : #espèces invasives
La Mangouste indienne  Herpestes auropunctatus

  

 mangouste juvénile apprivoisée , adorable animal de compagnie la mangouste est un prédateur redoutable pour la faune locale.

Mammifère introduit volontairement en Guadeloupe en 1888, afin de lutter contre les rats qui dévastaient les plantations de canne à sucre. Ce Viverridé prolifique (2 portées par an, de 1 à 5 petits, a colonisé tous les milieux de l’Archipel. En effet, si la Mangouste semble préférer les régions côtières xérophiles, elle est bien présente en forêt  hygrophile de la Basse-Terre et se retrouve même jusqu’à 1 100 m d’altitude au pied de la Soufrière.

Son régime alimentaire est éclectique : omnivore à tendance carnivore. Les rongeurs, oiseaux et leurs œufs sont les proies préférées des mangoustes, mais elles consomment aussi des amphibiens, petits reptiles terrestres, crustacés, myriapodes et des fruits.

 

 Cette introduction a été complètement inefficace dans la régulation à long terme des populations de rats et a été considérée comme un fléau. Devant les ravages qu’elles causaient aux élevages de volailles, des campagnes anti-mangoustes ont été menées. Comme les précédentes, la dernière en date de 1977, qui a éliminé près de 16 000 individus, a échoué.

  L’introduction de la Mangouste, comme dans beaucoup d’îles océaniques, a eu un  « impact écologique spectaculaire ». Elle fut en effet très dommageable pour la faune locale.

 

 On lui impute la disparition de l’Ameive de Guadeloupe (Ameiva cineracea) et de la Chevêche des Terriers (Athene cunicularia).

  Elle demeure un important facteur de raréfaction de plusieurs espèces insulaires. Les lézards du genre Ameiva, comme les couleuvres Alsophis sp. et Liophis sp., semblent particulièrement sensibles à la prédation de la mangouste. Les Scinques des Antilles (Mabuya mabouya) et les nouveau-nés ou jeunes iguanes payent probablement un très lourd tribut à son action prédatrice.

  Parmi les mammifères, l’Agouti est le plus menacé par le Viverridé qui s’attaque à ses petits.

  La prédation sur l’avifaune s’exerce principalement au nid, sur les œufs et les poussins ainsi que sur les juvéniles cherchant leur nourriture au sol. Les œufs et poussins des oiseaux de mer, notamment les sternes blanches nichant à même le sable, sont particulièrement vulnérables. Il en est de même des Colombidés du genre Geotrygon, connus pour leurs mœurs terrestres. La mangouste aggrave également le mauvais état de conservation de la Colombe à croissants (G. mystacea).

 

 Sources :

 - BÉNITO-ESPINAL, E. - La Faune II. – In La grande encyclopédie de la Caraïbe.- Italie, Sanoli éd., 1990. Tome 4, 207p.

- BREUIL, M.  - Histoire naturelle des Amphibiens et Reptiles terrestres de l'archipel guadeloupéen, Saint-Amrtin, SAint-Barthélémy. Patrimoine Naturels, 54, PAris, SPN/IEGB/MNHN, 2002, 339p

- CHARLES-DOMINIQUE, P. & MOUTOU, F.- Les carnivores des DOM-TOM.- Coll. Encyclopédie des carnivores de France.- Paris, S.F.E.P.M., 1987. 27p.

 - FELDMANN, P., BARRÉ, N., BREUIL, A., BREUIL, M., LORVELEC, O. PAVIS, C. - Les vertébrés terrestres du site du projet de barrage de Bras David (Basse-Terre). Rapport AEVA, 1996, n°14., Convention AEVA /Stucky S.A., Petit-Bourg, Guadeloupe, 54p.

 

- HENDERSON, R. W. - Consequence of predator introductions and habitat destruction on Amphibians and Reptiles in the Post-Columbus West Indies. – Caribbean Journal of Science, 1992, 28, 1, 1-10.

-IBENE, B - Conservation dela faune sauvage de l'Archipel guadeloupéen : espèces ensibles et menacées, dangers,mesures de sauvegarde -Thèse pour le Doctorat Vétérinaire - Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse, 2000. 136pp.

 - NELLIS D. W. & EVERARD, C.O.R.. - The biology of the mangoose in the Caribbean.- Studies on the fauna of Curacao and other Caribbean islands, 1983, 64, 1-162. 

 

 

- PASCAL, M., BARRÉ, N., LORVELEC, FELDMANN, P., PAVIS, C. - Faisabilité écologique d’un programme de piégeage de la Mangouste dans la Réserve Naturelle de la Caravelle (Martinique).- Rapport AEVA, 1996, n°12, Petit-Bourg, Guadeloupe.- 15p.

- PINCHON, R. - Faune des Antilles Françaises : les oiseaux. - 2ème éd. Fort de France, Compte d’auteur, 1976.- 325p.

 

 

 

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Publié le par l'asfa
Publié dans : #espèces invasives

 les Rainettes x-signées : un danger pour les espèces locales

 encore une espèce introduite qui menace la faune locale de la Guadeloupe

 

 

 

 Des hôtes indésirables transportés par les matériaux et les plantes.

Après les escargots achatines et les cigales invasives voici qu'arrivent les rainettes X signées, des grenouilles envahissantes découvertes en 2003 par l?herpétologue Michel Breuil. D'après l'étude de prospection systématique que nous avons réalisée courant avril 2005 et les données récoltées depuis, ces grenouilles en provenance d'Amérique du Sud, sont en pleine expansion en Grande-Terre : de Saint-Francois à Pointe-à-pitre, en passant par Sainte-Anne, Gosier, Moule, Morne à l'Eau, Abymes ; du littoral à l'intérieur des terres ! . Nous l'avons trouvée dans les milieux anthropisés  (maisons, jardins, prairies pâturées, ...) mais aussi, fait plus inquiétant, dans des habitats naturels (bois et ravines des grands-fonds, forêt marécageuse, marais,)

 La rainette X signée a probablement été introduite en Guadeloupe depuis le milieu des années 90, par des matériaux de construction (bois de Guyane par exemple). Ensuite, elle a pu profiter du transport de matériaux pour les constructions à l'intérieur de l'île et surtout  de l'essor des pépinières, pour étendre sa répartition à travers toute la Grande-Terre. Elle est maintenant signalée en Basse-Terre : Sainte-Rose (Sofaia), Goyave, ...

 

  Une menace pour nos grenouilles endémiques

 Les rainettes X signées sont de même taille (environ 5 cm) que nos grenouilles locales les plus communes, appelées hylodes de la Martinique, mais en réalité endémiques de la Martinique, la Dominique et la Guadeloupe. Ce sont ces grenouilles arboricoles en forêt mais bien familières de nos cuisines et salles de bains où elles chassent divers insectes (moucherons, moustiques, petits papillons, cafards?). Les Rainettes peuvent rentrer en compétition avec elles pour la nourriture et le territoire comme l'hylode de Johstone introduite dans les années 60 et qui ne cesse de gagner du terrain sur l'hylode de la Martinique ce qui en fait une espèce presque menacée d'après l'UICN(L'Union Mondiale pour la Nature).

 Quant aux deux espèces endémiques de La Basse-Terre, l'hylode de Pinchon et l'hylode de Barlagne, déjà considérées en Danger de disparition par L'UICN, leur état de conservation pourrait dramatiquement s'aggraver si les rainettes parvenaient à s'introduire dans les forêts humides de la Basse-Terre. Les envahisseuses pourraient même leur transmettre un champignon cutané mortel. Ce champignon est d?ailleurs incriminé dans le déclin de nombreuses de espèces de grenouilles des forêts humides de la Caraïbe, notamment les grosses Montain chicken de la Dominique (Leptodactylus fallax) en danger critique de disparition, il y a peu, encore prisées pour la qualité gustative de leur chair.

 

Reconnaître les rainettes invasives 

 Ø   Elles ont un X sur le dos (deux parenthèses inversées)

 Ø   Elles ont les pattes arrière palmées dont sont dépourvues les grenouilles locales (doigts libres qui leur vaut leur nom de genre latin Eleutherodactylus)

 Ø   comme les crapauds elles ont des phases aquatiques. Elles pondent leur oeufs dans des points d’eau (mares, bidons , …) où se développent leurs têtards alors que les hylodes sont affranchies du milieu aquatique et pondent leur œufs au sol. De l’oeuf sortira directement une grenouille miniature de 5 mm à peine.

 Ø   Elles sont capables de sauts impressionnants : plus d’un mètre.

 

 

 

   Publication scientifique sur hylidés invasifs dans les Antilles par Michel Breuil et béatrice Ibéné. Téléchargez l'article : ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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