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Faune Guadeloupe

              La Guadeloupe : Un département, Une région, 

          un Archipel tout en diversité

 

source : DIREN - Atlas du Patrimoine Naturel-2001

Entre la mer des Caraïbes et l’océan Atlantique, la Guadeloupe est un Département français d’Outre-Mer de 422 000 habitants.C'est également  une Région admnistrative. Du point de vue géographique c'est un pays à part entière, plus encore, un  Archipel d'îles et ilets. L’Archipel guadeloupéen se trouve à 6 750 km de Paris et à 120 km de la Martinique, l’autre DOM des Petites Antilles.

Les premiers habitants de la Guadeloupe furent les peuplements précolombiens : les Arawaks puis les Caraïbes qui l’avaient dénommée « Karukéra » (ou « île aux belles eaux »). L’arrivée des colons au XVIIIe siècle s’est accompagnée du massacre des indiens Caraïbes, ainsi que de la déportation et la mise en esclavage de milliers d’Africains (jusqu’en 1848).

La faune indigène a elle aussi payé un lourd tribut à l’arrivée des Européens. D’abord, par des massacres délibérés, ensuite par l’introduction d’espèces exotiques et, la dégradation des habitats. En effet, depuis la colonisation les biotopes originels - et avec eux, les espèces animales - ont été profondément altérés, notamment par les spéculations agricoles. L’Archipel guadeloupéen, dont l’économie est maintenant essentiellement fondée sur le tourisme, subit encore une forte dégradation de ses milieux naturels et sa faune continue de se fragiliser. 

Situation géographique de l’Archipel

La Guadeloupe est un archipel situé dans le tiers septentrional de l’arc des Petites Antilles, à 16° de latitude Nord et 61° de longitude Ouest, entre l’Océan Atlantique à l’est et la mer des Caraïbes à l’ouest. Les Petites Antilles forment un arc d’une vingtaine d’îles océaniques qui s’étend sur une courbe de 850 km, des Grandes Antilles aux îles continentales de Trinidad et Tobago. 


Géographie : îles et îlets de l’Archipel

L’Archipel guadeloupéen se compose de huit îles habitées. La Guadeloupe « continentale » avec ses 1 438 km² est la plus grande île des Petites Antilles. Elle est en fait constituée deux îles principales : la Basse-Terre à l’ouest et la Grande-Terre à l’est, séparées par un chenal très étroit (60 m), la Rivière Salée.

                                        la rivière salée , chenal qui sépare la Grande-Terre de la Basse-terre

Les autres îles sont dénommées les dépendances. Elles regroupent : Marie-Galante, les Saintes (Terre-de-Haut et Terre-de-Bas) au sud de la Basse-Terre et la Désirade à l’est de la Grande Terre.

Plus lointaines (200 km au nord-ouest), « les dépendances du Nord » appartiennent encore administrativement au Département de la Guadeloupe. Elles comprennent Saint-Barthélémy et Saint-Martin. Cette dernière est partagée entre les Pays-Bas et la France.


L’Archipel guadeloupéen se compose également de plusieurs îles et îlets inhabités. Ilets calcaires ou ilets de palétuviers, ils ont un grand intérêt naturel : ilets dortoirs reposoirs de frégates et pélicans ou hérons ; îlets "nichoirs" de sternes ; îlets habitat refuge de lézards comme l'Iguane des petites Antilles (Iguana délicatissima). Ce sont notamment : les îles de la Petite-Terre (Terre de Haut et Terre de Bas) au sud-est de la Grande-Terre ; l'îlet vieux-fort de Marie-Galante, l’île Tintamarre et l’îlet Pinel à Saint-Martin ; les îlets à Cabrit, la Coche, les Augustins, la Vierge et Grand-Ilet, aux Saintes ; les îlets Pigeon au large de Bouillante ; les îlets Frégate, Toc Vers, et Fourchue de Saint-Barthélemy ; l’îlet Kahouanne et la Tête à l’anglais au large de Deshaies ; les îlets Fajou, Carénage et la Biche dans le Grand Cul-de-Sac Marin entre la Basse-Terre et la Grande-Terre… Cette organisation en archipel est propice à l'endémisme. certaines espèces animales ne se retrouve que sur une île ou un îlet : L'anolis de Marie-Galante, L' Anolis de Kaouhanne, ...

 


L’Archipel guadeloupéen couvre une superficie totale de 1 780, 4 km².

Les principales îles de l’Archipel guadeloupéen :



Superficie (en km²)

Développement des côtes (m) 

Points culminants(m)

 

 

 

 
Basse-Terre

848

180

 

 

 

1467

 

Grande-Terre

590

260

135

 
Marie-Galante

158

83

204

 

La Désirade

20

30

276

Terre-de-Haut

 

Terre-de-Bas

 

 

9,4

 
 
4,5

 

 

48


 
44

309


 
293

Iles de Petite Terre

1,5


10

Saint-Martin*

53,2

72

424

Saint-Barthélemy

21

32

281

* partie française. 

Un  contraste géologique

Les Petites Antilles sont géologiquement plus récentes que les Grandes Antilles. L’édification de l’arc des Petites Antilles résulte de la subduction de la plaque Atlantique sous la plaque Caraïbe depuis 55 millions d’années.

Les îles les plus anciennes de l’arc antillais (la Désirade, Marie-Galante, Partie Ouest de Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Antigua,  la Grande-Terre, …) sont d’origine volcanique. Elles ont été érodées et leur soubassement volcanique a été recouvert par des formations coralliennes. Ces îles calcaires diffèrent profondément des îles volcaniques récentes (Montserrat, la Basse-Terre, les Saintes, partie Est de Saint-Martin, la Dominique…).



L’Archipel guadeloupéen bénéficie donc des deux types géologiques : volcanique récent (moins de 4 millions d’années) et calcaire ancien (plus de 5 millions d’années). La Basse-Terre est une île volcanique récente. Elle est parcourue suivant un axe nord-ouest / sud-est d’une chaîne montagneuse qui culmine à 1 467 m par le plus élevé des volcans de l’arc antillais : la Soufrière. Le massif de la Soufrière encore actif est le plus récent : 0,25 millions d’années à nos jours. La Grande-Terre est calcaire et presque plate. Sa région vallonnée « les Grands-Fonds » est formée de mornes peu élevés (135 m pour le plus haut situé à Sainte-Anne).

 

 

 



Ce contraste géologique participe à la diversité des paysages naturels qui caractérise l’Archipel guadeloupéen.


Le climat : dynamisme saisonnier régional et cyclones

La Guadeloupe a un climat de type tropical insulaire, adouci par les alizés (vents d’est). Pour caractériser le climat de l’Archipel antillais, Guy Lasserre souligne l’opposition entre « la constance des températures, celle de l’humidité atmosphérique, la singularité du souffle de l’alizé… » et les précipitations qui constituent « l’élément le plus capricieux du climat »*. En effet si les températures sont relativement constantes autour de 27°C, les précipitations varient au cours de l’année et selon les régions de l’Archipel.


Deux extrêmes saisonniers : le Carême et l’Hivernage
Le Carême, centré sur février, est une saison à caractère subtropical, sèche et fraîche. Durant le Carême, la pluviométrie et les températures sont les plus basses de l’année. Les vents sont de fréquence moyenne.

L’Hivernage, centré sur octobre, est une saison à tendance subéquatoriale, particulièrement humide et chaude. Les « pannes d’Alizés » sont nombreuses.

Le passage du Carême à l’Hivernage se fait progressivement au cours d’une période de pluviométrie moyenne dite la saison des Alizés (de type tropical).


Inégalité régionale de la pluviométrie
En réalité, « l’originalité profonde de l’Archipel guadeloupéen réside dans la très grande inégalité régionale de la pluviométrie ».

La Guadeloupe sèche comprend : les dépendances, les Nord, Nord-Est et Est de la Grande-Terre, ainsi que la Côte sous le vent de la Basse-Terre. Elle connaît une pluviométrie de moins de 1 500 mm par an.

Elle contraste radicalement avec la Guadeloupe hyperhumide représentée par le massif volcanique de la Basse-Terre au-dessus de 200 m. Cette région ne subit pas de saison sèche et sa pluviométrie est supérieure à 2 000 mm par an. Elle peut atteindre 10 000 mm par an au sommet de la Soufrière.



Une zone de transition, la Guadeloupe humide regroupe le sud-ouest de la Grande-Terre (les Grands-Fonds, Morne-à-l’eau, les Abymes, … ) et le piémont nord-oriental de la Basse-Terre (Lamentin, Baie-Mahault, Sainte-Rose…). Cette zone traduit la variabilité interannuelle : elle peut être sèche pendant les Carêmes très secs et très humide lors de forte pluviométrie. Elle abrite les principales zones de mangroves.

L’inégalité régionale de la pluviométrie détermine les différents étages de la végétation - xérophile, mésophile, hygrophile - et explique les contrastes saisissants des paysages naturels de l’Archipel.


Les cyclones

La plupart des cyclones tropicaux concernant l’Atlantique Nord prennent naissance aux alentours des îles du Cap Vert et de la côte africaine. Ils sont alors sous forme de simples perturbations tropicales. Quand ils atteignent les Antilles ils sont en revanche en pleine maturité.

La période cyclonique s’étend de début juillet à fin octobre (Hivernage). Mais la grande majorité (78 %) des événements cycloniques se produisent en août et septembre.

Les ravages des ouragans sont dus aux rafales de vent - des pointes à 350 km/h lors d’Hugo - et aux marées de tempête qui submergent les zones côtières. Les pluies associées (150 à 300 mm/24h) peuvent provoquer de fortes crues et de nombreux glissements de terrain. Ce fut le cas lors de Luis et Marilyn en 1995.

De tels cyclones dévastateurs constituent un facteur de menace pour la faune.

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S'il fallait retenir une phrase pour caratériser ce pays nous citerions Guy Lassere :

« L’Archipel guadeloupéen est un microcosme du monde tropical : en lui se retrouvent des paysages ailleurs séparés par des milliers de kilomètres, de l’Équateur aux confins des Tropiques ».

En effet, grâce à la variété de son relief, de ses sols et de son climat, la Guadeloupe possède une végétation très riche et diversifiée. Les diverses zones de végétation déterminent une grande diversité de milieux naturels : forêt tropicale humide, forêts inondées (mangroves et forêt marécageuses), bois et forêt xérophiles, forêts mixtes, ...)

Biblio:

*LASSERE, G. - La Guadeloupe.- 2 vol. Thèse : Doct. Lettre : Bordeaux : 1961.

 

 

* LASSERE, G. - LA Guadeloupe Tome 1 la nature et les hommes -1978 - E KOLODZIEJ- E.D.C.A

Published by asfa - - Milieux naturels

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Faune Guadeloupe

Site officiel de L'ASFA : L'Association pour la Sauvegarde et la réhabilitation de la Faune des Antilles. Etude et Conservation de la Faune sauvage terrestre de la Guadeloupe et des Petites Antilles : amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères (chauves-souris). Sensibilisation et alerte du public et des autorités sur les menaces qui pèsent sur cette biodiversité, singulièrement sur nos espèces endémiques (dégradation des habitats naturels, chasse, pollutions, espèces exotiques envahissantes, ...). Une association libre et indépendante de défense et de préservation de ce patrimoine unique et irremplaçable !!

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