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Faune Guadeloupe

L'Iguane des Petites Antilles
Iguana delicatissima (Iguanidés)

Iguane des Petites Antilles (Photo : Michel Breuil)

Répartition géographique : endémique des Petites Antilles. Il est présent à Anguilla, Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Saint-Eustache, Antigua, en Guadeloupe, Dominique et Martinique.

Quantitativement, l'île de la Dominique possède la plus grande population continue de l'espèce, essentiellement grâce à l'importance de la superficie des habitats littoraux. En Guadeloupe, il est présent sur la Basse-Terre, la Désirade, les Saintes et les îles de la Petite-Terre.

Écologie :  régions côtières du niveau de la mer jusqu'à 300 m d'altitude. En Guadeloupe, l'espèce habite les broussailles sèches, les forêts littorales sèches, les ravines humides coupant les bananeraies et la mangrove d'arrière plage, même très dégradée. Sur les îles sèches, elle est inféodée au littoral.

Biologie : reptile végétarien. Sur les îles sèches, il apprécie particulièrement le Poirier, le Mancenillier, le Clerodendron, le Mapou, le Gaïac et les Capparis sp (Bois couleuvre). Sur la Basse-Terre, c'est une liane « patate sauvage » (Ipomoea tiliacea) qui a sa préférence.

Le régime alimentaire de l'Iguane des Petites Antilles varie avec les saisons : il se compose plutôt de feuilles au Carême, et davantage de fleurs ou fruits de divers arbres et buissons durant l'Hivernage.

Les femelles gravides semblent migrer vers leur lieu de naissance afin d'y pondre. Elles ont besoin de zones sableuses, drainées et ensoleillées, où elles forment un nid en tunnel de 1 m de long. Les nouveau-nés quittent le nid en pleine saison humide alors que la végétation est abondante.

Iguane des Petites Antilles (photo : Merlin/asfa)

Importance numérique : la population totale d'Iguanes des Petites Antilles est estimée à 30 / 40 000 individus.
L'effectif de l'espèce à Petite-Terre (12 000 individus en 1995, à l'apogée du développement de la population) est comparable à celui de la Dominique. Petite-Terre rassemble plus du tiers de la population mondiale de l'espèce. Ces îles de la Petite-Terre abritent la plus forte densité d'Iguanes des Petites Antilles : 88 individus /ha en 1995.
L'Archipel guadeloupéen héberge plus de la moitié des effectifs mondiaux d'Iguanes des Petites Antilles.

Statut : espèce endémique des Petites Antilles en forte régression. Le déclin de la population est supérieur à 10 % par génération pour les deux dernières générations et il n'existe que deux populations d'effectif supérieur à 5 000 individus (celles de la Dominique et de Petite-Terre.
Les critères « taille des populations » et « facteurs de menace » permettent de classer l'espèce dans les différentes Catégories UICN : 

-      L'Iguane des Petites Antilles est une espèce éteinte à Barbuda, Nevis, Saint-Christophe, ainsi qu'à Marie-Galante, les îles Fourchue, Chevreau, Bonhomme, Toc Vers, et Frégate (Saint-Barthélemy).

-      L'espèce est gravement menacée d'extinction en Grande-Terre, aux Saintes, à Saint-Martin, Antigua, Anguilla, Saint-Eustache. Il y a 50 % de risques d'extinction de l'espèce dans les deux générations suivantes.

-      Elle est menacée d'extinction à Basse-Terre (répartition supérieure en Côte sous le vent), Saint-Barthélémy, à la Martinique et sur son îlet Chancel. Ces îles ont connu une diminution d'effectif de l'Iguane des Petites Antilles d'au moins 50 % au cours des 3 dernières générations.

-      L'espèce est vulnérable à la Dominique, à la Désirade. Chaque île abrite une population inférieure à 10 000 individus. 


Menaces : si l'Iguane des Petites Antilles a pu survivre aux perturbations climatiques majeures telles les cyclones (bien que les ouragans Luis et Marylyn aient perturbé la dynamique de la population), les facteurs anthropiques le menacent sérieusement.

La destruction des habitats : les îles les plus cultivées sont celles où l'Iguane des Petites Antilles a disparu ou ne subsiste que sous forme de petites populations. Depuis la colonisation, son biotope originel s'est considérablement altéré à cause de l'agriculture (plantations de canne à sucre), l'exploitation du bois, le surpâturage par les petits ruminants, l'urbanisation du littoral et autres aménagements côtiers à des fins touristiques.

Le braconnage : c'est une pratique encore courante en Guadeloupe.

Le trafic routier : sont d'autant plus cruellement victimes les femelles gravides en migration vers les sites de ponte côtiers (fin Carême) et les petits quittant le nid (début Hivernage).

L'introduction d'espèces prédatrices de jeunes (les chats et chiens notamment). Elle subit également la compétition de l'Iguane vert ou Iguane commun (Iguana iguana), espèce anthropophile et opportuniste en pleine expansion.

Enfin, l'hybridation de l'Iguane des Petites Antilles  avec son seul congénère l'Iguane vert est un facteur déterminant de la raréfaction de l'espèce. Pour Michel Breuil, c'est le facteur principal de la disparition d'Iguana delicatissima aux Saintes. Sur Basse-Terre et grande-Terre l'Iguane vert fait disparaître les dernières populations d'Iguanes des Petites Antilles.

Seules les îles de Saint-Barthélemy, de Petite-Terre et de la Désirade, tout comme la Dominique, ont échappé pour l'instant à l'introduction (naturelle ou du fait de l'homme) et à la colonisation de l'Iguane vert.

En savoir plus :
Breuil M. - Histoire naturelle des Amphibiens et Reptiles terrestres de l'archipel Guadeloupéen. Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy. Patrimoines Naturels, 54, Paris, SPN / MNHN. 2002, 339 pp.

Published by l'asfa - - Lézards

commentaires

Iguanito 07/10/2010 18:54



Excellent article sur cette merveilleux animal qu'est l'Iguana Delicatissima !


Malheureusement, comme vous l'expliquez bien, il est actuellement en voie de disparition, et c'est bien triste...



Faune Guadeloupe

Site officiel de L'ASFA : L'Association pour la Sauvegarde et la réhabilitation de la Faune des Antilles. Etude et Conservation de la Faune sauvage terrestre de la Guadeloupe et des Petites Antilles : amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères (chauves-souris). Sensibilisation et alerte du public et des autorités sur les menaces qui pèsent sur cette biodiversité, singulièrement sur nos espèces endémiques (dégradation des habitats naturels, chasse, pollutions, espèces exotiques envahissantes, ...). Une association libre et indépendante de défense et de préservation de ce patrimoine unique et irremplaçable !!

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