Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Faune Guadeloupe

Faune Guadeloupe

Site officiel de L'ASFA : L'Association pour la Sauvegarde et la réhabilitation de la Faune des Antilles

Publié le par asfa
Publié dans : #Chasse excessive et braconnage intense

Braconnage intense : toujours d'actualité en Guadeloupe !

Braconnage sur les oiseaux

Il concerne presque toutes les espèces. Toutefois certaines « proies » sont plus faciles pour les braconniers.

Le braconnage sur les oiseaux s’exerce d’abord sur les espèces gibier en dehors des périodes légales de chasse. Les procès-verbaux dressés concernent essentiellement les dates de fermeture de la chasse et la chasse en zone protégée. Des braconniers sont parfois  surpris en pleine zone centrale du Parc National !

Au vu des constatations des agents du PNG, de l’ONF, des naturalistes, et des vétérinaires praticiens, les délits de braconnage s’exercent très souvent sur des espèces protégées. Parmi celles-ci,  plusieurs sensibles ou menacées voient leur statut précaire s’aggraver à cause précisément du braconnage.

Les limicoles et Anatidés protégés sont quasi systématiquement braconnés sur les vastes zones humides. De même que les Ardéidés, pourtant tous protégés et ne présentant aucune ressemblance avec quelque espèce gibier. Si le Héron garde-bœufs (Bubulcus ibis) est le principal visé, il faut souligner que cette « chasse au pic-bœufs » peut porter préjudice à d’autres espèces. En effet, le Héron garde-bœuf contribue à sécuriser et à fixer des espèces moins communes ou menacées au niveau des dortoirs : Aigrette neigeuse (Egretta thula), Aigrette bleue (E. caerulea), Grande aigrette (Ardea alba)…


 

Grande aigrette victime d'une fracture de l'aile


Les oiseaux marins - eux aussi tous protégés - sont parfois  victimes de plombs. Il en est ainsi des Pélicans bruns et des Frégates superbes, oiseaux gigantesques qu’il est impossible de confondre avec n’importe quelle espèce gibier ! .

                                                                            Pélicans bruns de l'anse Dumont

Même de superbes rapaces migrateurs comme le Faucon pèlerin (Falco peregrinus ) ou le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) ont déja été retrouvés victimes de plombs de chasse.

 

                                                                Faucon pèlerin victime de braconnage

L’avifaune de Guadeloupe est également victime du pillage des nids pour la consommation des œufs. Au moins 13 espèces d’oiseaux de mer seraient ainsi victimes de prélèvements. Les oeufs de Sternes fuligineuses (Sterna fuscata) semblent très prisées par les braconniers.

                                                        sternes fuligineuses sur un ilet de la pointe des chateaux

Chauves-souris victimes de braconnage


Les guimbos sont les grosses chauves-souris frugivores (Artibeus jamaicensis, Brachyphylla cavernarum,…). Leur chair est depuis fort longtemps très prisée par certains Guadeloupéens. Quelle personne âgée de la campagne guadeloupéenne (de Grande-Terre et Marie-Galante en particulier) n’a consommé de « guimbo » ?


Les chauves-souris sont le plus souvent capturées ou abattues à jets de pierre voire à coups de fusils directement au gîte. Lors des scènes les plus barbares, les braconniers utilisent des palmes de cocotier enflammées pour brûler le patagium des chauves-souris. Ils peuvent aussi s’armer de bois très spinescent pour déchirer ces ailes membraneuses (patagium). Actuellement, de telles pratiques ne semblent plus guère pratiquées que par quelques inconditionnels. Plusieurs anciens consommateurs contribuent même aujourdhui à la protection des ces animaux fascinants en nous indiquant des gites !

Les petites chauves-souris insectivores comme le molosse commun (Molossus molossus) et le tadarida du Brésil (Tadarida brasiliensis) qui gîtent dans les habitations (notamment sous les toits de tôle ondulée) sont souvent éliminées, certaines entreprises de dératisation proposant leurs services de « déchiroptérisation ». L'ASFA a alerté les autorités à plusieurs reprises sur la destruction délibérée de ces espèces protégées.

molosse commun souvent victime de destruction quand elle gîte sous les toits

 

 Le Raton laveur ou racoon


Comme l’Agouti, ce petit carnivore est fréquemment braconné au prétexte de sa chair délicate ou des dégâts qu’il ferait aux cultures. Les adeptes de la consommation de racoon utilisent des chiens ou posent des pièges. Souvent des racoons sont ainsi retrouvés blessés, une patte restée prise et « gangrenée. Ceux qui cherchent à éliminer les racoons qui s’aventurent dans les jardins potagers ou plantations utilisent des appâts. En général, il s’agit de raticides anticoagulants seuls ou mélangés à des organophosphorés redoutablement efficaces contre les carnivores.

                                              jeunes racoons sans doute orphelins

Visiblement le statut protégé de ce « petit ourson », emblème du Parc National, mascotte de l’Archipel, ne suffit pas à dissuader ses braconniers. 

 

 



 Braconnage sur les Reptiles


Le braconnage des serpents est une pratique « commune » dans les Petites Antilles. En Guadeloupe, les serpents Alsophis et Liophis  sont régulièrement tués. D’ailleurs, tous les Liophis trouvés par Breuil  ont été coupés à coup de machettes. Un agriculteur  a ramené chez un vétérinaire une grande couresse qu'il a tué dans son jardin à Capesterre  Belle -Eau , une espèce qui n'avait pas été trouvée en Basse-Terre depuis plus de 100 ans !

couresse de la Guadeloupe braconnée

Le braconnage à l’encontre des couresses tient surtout de l’ignorance et de la peur. En effet, bien que tous les serpents guadeloupéens soient inoffensifs, les guadeloupéens craignent tout ce qui pourrait ressembler à la redoutable vipère « fer de lance » (Bothrops lanceolatus) martiniquaise. D’autant que des rumeurs se répandent volontiers sur des introductions volontaires de ce serpent venimeux en Guadeloupe.

Autrefois consommés ou vendus empaillés aux touristes, les iguanes étaient fréquemment tués en Guadeloupe. Aujourd’hui encore, ces grands reptiles sont braconnés. Ils seraient toujours prisés par certains adeptes de leur consommation. Mais la plupart du temps, les iguanes sont éliminés à cause des dégâts qu’ils commettraient dans les jardins. L’espèce la plus souvent victime est sans doute l’Iguane commun (Iguana iguana). Ce lézard omnivore et opportuniste est en pleine expansion en Guadeloupe.  Il n’hésite pas à se rapprocher habitations en quête de nourriture : légumes, fruits, déchets de poubelle… Mais l'espèce endémique des petites antilles et menacée de disparition, L'Iguane des petites Antilles (Iguana delicatissima) peut subir  ce braconnage
.


En Guadeloupe, le braconnage est une pratique « traditionnelle » qu’il faut se donner les moyens de combattre. Si une timide volonté politique commence à se faire sentir, force est de constater que la lutte effective contre le braconnage souffre sur le terrain d’un manque crucial de moyens humains. Une réelle politique d’information à l’égard du public rendrait plus efficace la protection des espèces. Dans la plupart des Petites Antilles faut-il le rappeler, l’éducation du public et la protection législative de la faune ont réduit de façon significative la pression de chasse.

            

                         Vous êtes témoin d'un acte de braconnage ?

Contactez L'Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage :

Tel :0690 59 73 31  (Brigade Mobile d'Intervention)

mel : ONCFS971@guadeloupe.ecologie.gouv.fr

 

 

                      Participer à la préservation de nos oiseaux :             

                                 interdisez la chasse sur votre terrain  !!

 

crédits photos : Caroline Tarlier, Béatrice Ibéné

Voir les commentaires

Publié le par asfa
Publié dans : #Oiseaux des forêts et jardins

 Le Pic de la Guadeloupe  : le woody woodpecker guadeloupéen ! 

le tambouyè de nos forêts 

Melanerpes herminieri

 (Picidés)



Répartition géographique : seul oiseau survivant endémique de la Guadeloupe du point du vue spécifique. C'est aussi le seul pic sédentaire des Petites Antilles. Il n'est présent qu'en Basse-Terre et Grande-Terre.

Synonymie :

créole : tapeur tapè, toto bwa, toc toc.

Anglais : the Guadeloupe Woodpecker

Description: oiseau robuste de couleur noire. Sa gorge et son ventre sont rouges et le dos apparait plutôt bleuté. Le mâle a un bec plus long que la tête tandis que le bec de la femelle est de même longueur que sa tête.
Mensurations : 26 à 28 cm de long pour 70 à 96 grammes. les indidus vivant en Basse-Terre sont légèrement plus grands que ceux de la Grande-Terre.

                            un couple de pics au nid : le mâle à l'exterieur ,la femelle à l'intérieur s'apprête à lui laisser sa place .

Son langage : Il utilise au moins 8 vocalisations différentes (communication entre le couple , les jeunes ou avec les intrus).Son cri habituel est un "WA WA" rauque, facilement audible.


Écologie : le Pic a colonisé tous les milieux forestiers de la Guadeloupe. On le retrouve en effet en forêt humide, mésophile, marécageuse et en mangrove. La forêt humide constitue 70 % de la superficie occupée par l'oiseau. En Grande-terre on peut l'observer facilement même près des maisons quand les alentours sont suffisamment boisés.

C'est un oiseau territorial. Il vit et creuse son nid dans un territoire restreint (2 à 5 ha). Le couple a besoin d'un territoire minimal de 2 ha dont un tiers au moins doit être forestier.

D'après les prospections systématiques de Pascal Villard, le Pic occupe 45 % de la Basse-Terre et 23 % de la Grande-Terre, soit une aire de répartition totale pour l'espèce de 543 km². 

 



Alimentation : le Pic de Guadeloupe a un régime alimentaire assez éclectique. Les adultes se nourrissent de proies animales (termites, fourmis, larves d'insectes, myriapodes) qu'ils trouvent en creusant dans le bois mort, et de divers fruits (prunes mombin, cythères, payes,oranges,cabosses de cacao, fruits de bois canon....).

Les proies amenées au nid sont principalement des orthoptères, coléoptères, des larves et des hylodes.

 



Reproduction : la saison de reproduction s'étend de Février à Aout.

Durant cette période on peut entendre les tambourinages des mâles sur de supports de bonne résonnance. Les deux parents participent à l'excavation d'une cavité de nidification dans un tronc d'arbre mort ou dans un stipe de cocotier mort, mais resté dressé. Le nid peut être creusé dans la partie morte d'un arbre vivant ou quelquefois dans un cocotier vivant. généralement le nid n'est utilsé qu'un ou deux ans mais nous avons découvert que le couple peut réutiliser un nid plusieurs années (au moins 5 ans) pour peu que l'arbre reste dréssé.

Depuis quelques années nous avons constaté que des couples cherchent à utiliser des poteaux en bois éléctriques ou téléphoniques pour creuser leur nid.

Un couple élève 3 jeunes au maximum. Ils prennent leur envol une trentaine de jours après l'éclosion mais restent dépendants des parents plusieurs mois après le premier envol. Ils restent à leurs cotés parfois jusqu'à la prochaine saison de reproduction. Pendant plusieurs mois on peut donc observer une véritable famille de pics (de 3 à 5 membres).



La durée de vie du Pic de Guadeloupe est d'au moins 8 ans et probablement d'une dizaine d'années.

Importance numérique : Villard a estimé la population à 10 330 couples (avec une marge d'erreur de 1 000 couples ) : 7 920 couples en Basse-Terre et 2 410 en Grande-Terre.



Statut de conservation : dans la liste mondiale des oiseaux menacés,  le Pic de la Guadeloupe dans la catégorie UICN « Near Threatened » (proche de menacée).

Pour Villard, le Pic de la Guadeloupe est déjà dans la catégorie « Vulnérable » de l'UICN C'est à dire qu'il est confronté à un risque élevé d'extinction à létat sauvage à moyen terme. En effet, les conditions requises pour ce classement sont déjà virtuellement atteintes :


- faible aire de répartition : < 2 000 km² (critère principal)
- forte fragmentation (Grande-Terre et Basse-Terre ) (B1)
- déclin continu en étendue de la répartition (B2b)
- déclin continu en nombre d'individus matures en Grande-Terre (B2e)
- fortes fluctuations (cyclones) en nombre d'individus matures (B3d)
- faible population reproductrice.


Il est fort à craindre qu'à la vitesse à laquelle avance la déforestation, le Pic de Guadeloupe aura disparu de la Grande-Terre dans une dizaine d'années ! Si le morcellement de l'habitat se poursuit l'espèce perdra donc 25 % de sa population.



Menaces : la principale est la déforestation et la fragmentation de l'habitat. La disparition de son habitat forestier est surtout dramatique en Grande-Terre et en particulier dans les Grands-Fonds. L'urbanisation galopante, l'exploitation des carrières de tuf, la construction de routes et surtout depuis quelques années  l'extention de la pratique du charbon de bois qui touche cette région, constituent le plus grand danger pour la survie de cette espèce endémique.

 


Les cyclones : s'ils peuvent créer de nouveaux supports pour l'excavation de loge en sectionnant les palmes des cocotiers et en laissant des stipes dressés (ce fut les cas après Hugo), ils sont plutôt néfastes. Ainsi, les cyclones Luis et Marilyn ont jeté à terre de nombreux sites de nidification sans en générer d'autres.

 

arbre support d'un nid tombé au sol.


Les jeunes pics inexpérimentés payent un lourd tribut aux vents violents et fortes pluies qui caractérisent les ouragans.

Les rats sont les principaux prédateurs du Pic de la Guadeloupe. En particulier le Rat noir (Rattus rattus) qui mange les oeufs du pic et peut même s'installer dans les cavités pour y nicher.

Les pesticides : le Pic étant un prédateur d'insectes il peut accumler des pesticides présentes sur ses proies ou ingérées par elles . Il est sans doute  victime des traitements fongicides utilisés pour les bananeraies.

Le braconnage : bien que protégé le Pic de la Guadeloupe est encore parfois tiré à proximité des arbres fruitiers notamment lors de la chasse aux Colombidés. Il doit sans doute sa survie à la médiocre qualité gustative de sa chaire.

 


Sauvegarde : chacun peut aider notre dernier oiseau endémique !

- préserver les bois et forêts. Ne couper que les arbres présentant un danger pour la maison;

- conserver les arbres morts (poiriers, arbres à pain, cocotiers, ...)

- repérer les nids et les protéger de l'attaque des rats en positionnant une feuille de tôle autour du tronc

- réduisez l'usage des pesticides dans le jardin

- planter et favoriser des espèces végétales dont se nourrit le pic et qu'il pourr utiliser pour creuser son nid.

- observer un couple autour de chez vous et noter vos observations : elles sont précieuses car elles peuvent nous aider à mieux connaitre la biologie de l'espèce.

 

crédits photo : Céline Etzol, Béatrice Ibéné

En savoir plus sur le Pic de la Guadeloupe :

- la monographie de Pascal Villard : Villard, P. Le pic de la Guadeloupe. SEOF. 1999

 - L'exposition itinérante et le CD rom pédagogique (présentation powerpoint) de L'ASFA sur le Pic de la Guadeloupe. Disponible gratuitement pour les établissements scolaires :  

 voir rubrique expo pic

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Publié le par l'asfa
Publié dans : #Oiseaux des Zones Humides

Photo B.Ibéné

Ardea herodias


Taille: c'est le plus garnd des hérons: 105-130 cm ; 1,20 m de haut. Le grand héron est doté d'un plumage bleu-gris poudreux, son bec est jaune et ses pattes sont grisâtres.

                              Grand Héron en train de sécher sur la lagune de l'anse Dumont (Saint Felix, Gosier).

Comme tous les hérons, le Grand héron passe  beaucoup de temps à se nettoyer le plumage. Certaines plumes (duvet poudreux) des aisselles et du croupion se désagregent en poudre. La poudre est utilisée pour oter les impuretés du plumage perméable. elle est récupérée par le bec  de l'oiseau et ramenée aux doigts en particulier le doigt médian qui posède à son extrmité une griffe en forme de peigne (griffe pectinée) parfaitement adaptée au lissage de plumes non accesibles au bec ! 

 

 


Répartition géographique: du Sud du Canada au Mexique
C'est un migrateur hivernant (Nord de l'Amérique du Sud) observé chez nous d' octobre à avril.
Il est peu commun dans les Petites Antilles  

Alimentation : poissons,invertébrés aquatiques mais aussi petits vertébrés terrestres;
Habitat: Mangroves, étangs, lagunes, récifs

 

 

Menaces :

La destruction et la pollution des zones humides . Placé en haut de la chaine alimentaire, ce grand héron peut en effet bioaccumuler les pesticides (comme les organochlorés) et métaux lourds présents dans ses proies.

Voir les commentaires

<< < 1 2

Articles récents

Hébergé par Overblog