Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Milieux naturels


Jeudi 21 septembre 2006 4 21 /09 /Sep /2006 03:19

              La Guadeloupe : Un département, Une région, 

          un Archipel tout en diversité

 

source : DIREN - Atlas du Patrimoine Naturel-2001

Entre la mer des Caraïbes et l’océan Atlantique, la Guadeloupe est un Département français d’Outre-Mer de 422 000 habitants.C'est également  une Région admnistrative. Du point de vue géographique c'est un pays à part entière, plus encore, un  Archipel d'îles et ilets. L’Archipel guadeloupéen se trouve à 6 750 km de Paris et à 120 km de la Martinique, l’autre DOM des Petites Antilles.

Les premiers habitants de la Guadeloupe furent les peuplements précolombiens : les Arawaks puis les Caraïbes qui l’avaient dénommée « Karukéra » (ou « île aux belles eaux »). L’arrivée des colons au XVIIIe siècle s’est accompagnée du massacre des indiens Caraïbes, ainsi que de la déportation et la mise en esclavage de milliers d’Africains (jusqu’en 1848).

La faune indigène a elle aussi payé un lourd tribut à l’arrivée des Européens. D’abord, par des massacres délibérés, ensuite par l’introduction d’espèces exotiques et, la dégradation des habitats. En effet, depuis la colonisation les biotopes originels - et avec eux, les espèces animales - ont été profondément altérés, notamment par les spéculations agricoles. L’Archipel guadeloupéen, dont l’économie est maintenant essentiellement fondée sur le tourisme, subit encore une forte dégradation de ses milieux naturels et sa faune continue de se fragiliser. 

Situation géographique de l’Archipel

La Guadeloupe est un archipel situé dans le tiers septentrional de l’arc des Petites Antilles, à 16° de latitude Nord et 61° de longitude Ouest, entre l’Océan Atlantique à l’est et la mer des Caraïbes à l’ouest. Les Petites Antilles forment un arc d’une vingtaine d’îles océaniques qui s’étend sur une courbe de 850 km, des Grandes Antilles aux îles continentales de Trinidad et Tobago. 


Géographie : îles et îlets de l’Archipel

L’Archipel guadeloupéen se compose de huit îles habitées. La Guadeloupe « continentale » avec ses 1 438 km² est la plus grande île des Petites Antilles. Elle est en fait constituée deux îles principales : la Basse-Terre à l’ouest et la Grande-Terre à l’est, séparées par un chenal très étroit (60 m), la Rivière Salée.

                                        la rivière salée , chenal qui sépare la Grande-Terre de la Basse-terre

Les autres îles sont dénommées les dépendances. Elles regroupent : Marie-Galante, les Saintes (Terre-de-Haut et Terre-de-Bas) au sud de la Basse-Terre et la Désirade à l’est de la Grande Terre.

Plus lointaines (200 km au nord-ouest), « les dépendances du Nord » appartiennent encore administrativement au Département de la Guadeloupe. Elles comprennent Saint-Barthélémy et Saint-Martin. Cette dernière est partagée entre les Pays-Bas et la France.


L’Archipel guadeloupéen se compose également de plusieurs îles et îlets inhabités. Ilets calcaires ou ilets de palétuviers, ils ont un grand intérêt naturel : ilets dortoirs reposoirs de frégates et pélicans ou hérons ; îlets "nichoirs" de sternes ; îlets habitat refuge de lézards comme l'Iguane des petites Antilles (Iguana délicatissima). Ce sont notamment : les îles de la Petite-Terre (Terre de Haut et Terre de Bas) au sud-est de la Grande-Terre ; l'îlet vieux-fort de Marie-Galante, l’île Tintamarre et l’îlet Pinel à Saint-Martin ; les îlets à Cabrit, la Coche, les Augustins, la Vierge et Grand-Ilet, aux Saintes ; les îlets Pigeon au large de Bouillante ; les îlets Frégate, Toc Vers, et Fourchue de Saint-Barthélemy ; l’îlet Kahouanne et la Tête à l’anglais au large de Deshaies ; les îlets Fajou, Carénage et la Biche dans le Grand Cul-de-Sac Marin entre la Basse-Terre et la Grande-Terre… Cette organisation en archipel est propice à l'endémisme. certaines espèces animales ne se retrouve que sur une île ou un îlet : L'anolis de Marie-Galante, L' Anolis de Kaouhanne, ...

 


L’Archipel guadeloupéen couvre une superficie totale de 1 780, 4 km².

Les principales îles de l’Archipel guadeloupéen :



Superficie (en km²)

Développement des côtes (m) 

Points culminants(m)

 

 

 

 
Basse-Terre

848

180

 

 

 

1467

 

Grande-Terre

590

260

135

 
Marie-Galante

158

83

204

 

La Désirade

20

30

276

Terre-de-Haut

 

Terre-de-Bas

 

 

9,4

 
 
4,5

 

 

48


 
44

309


 
293

Iles de Petite Terre

1,5


10

Saint-Martin*

53,2

72

424

Saint-Barthélemy

21

32

281

* partie française. 

Un  contraste géologique

Les Petites Antilles sont géologiquement plus récentes que les Grandes Antilles. L’édification de l’arc des Petites Antilles résulte de la subduction de la plaque Atlantique sous la plaque Caraïbe depuis 55 millions d’années.

Les îles les plus anciennes de l’arc antillais (la Désirade, Marie-Galante, Partie Ouest de Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Antigua,  la Grande-Terre, …) sont d’origine volcanique. Elles ont été érodées et leur soubassement volcanique a été recouvert par des formations coralliennes. Ces îles calcaires diffèrent profondément des îles volcaniques récentes (Montserrat, la Basse-Terre, les Saintes, partie Est de Saint-Martin, la Dominique…).



L’Archipel guadeloupéen bénéficie donc des deux types géologiques : volcanique récent (moins de 4 millions d’années) et calcaire ancien (plus de 5 millions d’années). La Basse-Terre est une île volcanique récente. Elle est parcourue suivant un axe nord-ouest / sud-est d’une chaîne montagneuse qui culmine à 1 467 m par le plus élevé des volcans de l’arc antillais : la Soufrière. Le massif de la Soufrière encore actif est le plus récent : 0,25 millions d’années à nos jours. La Grande-Terre est calcaire et presque plate. Sa région vallonnée « les Grands-Fonds » est formée de mornes peu élevés (135 m pour le plus haut situé à Sainte-Anne).

 

 

 



Ce contraste géologique participe à la diversité des paysages naturels qui caractérise l’Archipel guadeloupéen.


Le climat : dynamisme saisonnier régional et cyclones

La Guadeloupe a un climat de type tropical insulaire, adouci par les alizés (vents d’est). Pour caractériser le climat de l’Archipel antillais, Guy Lasserre souligne l’opposition entre « la constance des températures, celle de l’humidité atmosphérique, la singularité du souffle de l’alizé… » et les précipitations qui constituent « l’élément le plus capricieux du climat »*. En effet si les températures sont relativement constantes autour de 27°C, les précipitations varient au cours de l’année et selon les régions de l’Archipel.


Deux extrêmes saisonniers : le Carême et l’Hivernage
Le Carême, centré sur février, est une saison à caractère subtropical, sèche et fraîche. Durant le Carême, la pluviométrie et les températures sont les plus basses de l’année. Les vents sont de fréquence moyenne.

L’Hivernage, centré sur octobre, est une saison à tendance subéquatoriale, particulièrement humide et chaude. Les « pannes d’Alizés » sont nombreuses.

Le passage du Carême à l’Hivernage se fait progressivement au cours d’une période de pluviométrie moyenne dite la saison des Alizés (de type tropical).


Inégalité régionale de la pluviométrie
En réalité, « l’originalité profonde de l’Archipel guadeloupéen réside dans la très grande inégalité régionale de la pluviométrie ».

La Guadeloupe sèche comprend : les dépendances, les Nord, Nord-Est et Est de la Grande-Terre, ainsi que la Côte sous le vent de la Basse-Terre. Elle connaît une pluviométrie de moins de 1 500 mm par an.

Elle contraste radicalement avec la Guadeloupe hyperhumide représentée par le massif volcanique de la Basse-Terre au-dessus de 200 m. Cette région ne subit pas de saison sèche et sa pluviométrie est supérieure à 2 000 mm par an. Elle peut atteindre 10 000 mm par an au sommet de la Soufrière.



Une zone de transition, la Guadeloupe humide regroupe le sud-ouest de la Grande-Terre (les Grands-Fonds, Morne-à-l’eau, les Abymes, … ) et le piémont nord-oriental de la Basse-Terre (Lamentin, Baie-Mahault, Sainte-Rose…). Cette zone traduit la variabilité interannuelle : elle peut être sèche pendant les Carêmes très secs et très humide lors de forte pluviométrie. Elle abrite les principales zones de mangroves.

L’inégalité régionale de la pluviométrie détermine les différents étages de la végétation - xérophile, mésophile, hygrophile - et explique les contrastes saisissants des paysages naturels de l’Archipel.


Les cyclones

La plupart des cyclones tropicaux concernant l’Atlantique Nord prennent naissance aux alentours des îles du Cap Vert et de la côte africaine. Ils sont alors sous forme de simples perturbations tropicales. Quand ils atteignent les Antilles ils sont en revanche en pleine maturité.

La période cyclonique s’étend de début juillet à fin octobre (Hivernage). Mais la grande majorité (78 %) des événements cycloniques se produisent en août et septembre.

Les ravages des ouragans sont dus aux rafales de vent - des pointes à 350 km/h lors d’Hugo - et aux marées de tempête qui submergent les zones côtières. Les pluies associées (150 à 300 mm/24h) peuvent provoquer de fortes crues et de nombreux glissements de terrain. Ce fut le cas lors de Luis et Marilyn en 1995.

De tels cyclones dévastateurs constituent un facteur de menace pour la faune.

                             ----------------------------------------------

S'il fallait retenir une phrase pour caratériser ce pays nous citerions Guy Lassere :

« L’Archipel guadeloupéen est un microcosme du monde tropical : en lui se retrouvent des paysages ailleurs séparés par des milliers de kilomètres, de l’Équateur aux confins des Tropiques ».

En effet, grâce à la variété de son relief, de ses sols et de son climat, la Guadeloupe possède une végétation très riche et diversifiée. Les diverses zones de végétation déterminent une grande diversité de milieux naturels : forêt tropicale humide, forêts inondées (mangroves et forêt marécageuses), bois et forêt xérophiles, forêts mixtes, ...)

Biblio:

*LASSERE, G. - La Guadeloupe.- 2 vol. Thèse : Doct. Lettre : Bordeaux : 1961.

 

 

* LASSERE, G. - LA Guadeloupe Tome 1 la nature et les hommes -1978 - E KOLODZIEJ- E.D.C.A


Mardi 1 août 2006 2 01 /08 /Août /2006 03:20

Zoom sur les oiseaux des zones humides de la Guadeloupe

lagune de l'Anse Dumont (St Felix, Gosier)

 Les Zones Humides sont des espaces de transition entre la terre et l’eau. Ce sont les mangroves, vasières de mangroves, lagunes et marais d’arrière mangroves, les salines, prairies humides, les étangs, mais aussi les rivières et étangs de montagne, …

  étang lagunaire des raisins clairs (Saint-François)

- Ces zones humides remplissent des fonctions naturelles essentielles. Elles participent à l’autoépuration de l’eau (rétention des sédiments, polluants). Véritables éponges,  elles atténuent l’effet de crues et stockent l’eau. Le rôle de la mangrove  dans la stabilisation du sol et la protection contre les dépressions tropicales est bien connu.

 - Refuges de biodiversité. Ce sont des milieux d’une grande richesse biologique : siège d’innombrables chaînes alimentaires (végétaux, insectes aquatiques, mollusques, crustacés, poissons, oiseaux,..). Indispensables à la reproduction d’espèces de crustacés et de poissons. Les formes larvaires et juvéniles de poissons et crustacés font le bonheur de nombre d’oiseaux échassiers petits et grands.

grande saline de st felix

 Les zones humides sont des lieux de vie pour nos oiseaux : zones de repos,  d’alimentation voire de nidification. Beaucoup d’oiseaux migrateurs y font une halte entre leur aire de reproduction (Amérique du Nord) et leur quartier d’hiver (Amérique du Sud). Certains peuvent même y séjourner durant tout la « mauvaise » saison de septembre à avril.  En Guadeloupe, plus d’une soixantaine des espèces d’oiseaux sédentaires nicheuses ou migratrices sont inféodées à ces zones humides : elles en dépendent directement.

 Des milieux menacés

 Remblais, urbanisation du littoral, extension des zones commerciales aéroportuaires, pollution par les eaux usées pesticides décharges sauvages, dépôts d’ordures de toute sorte (batteries, ..) détergents et hydrocarbures domestiques ou industriels.

fût jetté dans l'arriere mangrove (Sainte-Anne)

 Pour en rester aux oiseaux, cette dégradation des zones humides, occasionne une  perte de leur habitat et peut porter atteinte à leur santé.

 Zones humides polluées : les oiseaux s’empoisonnent

 Certains oiseaux tels  les grands « crabiers » comme la Grande Aigrette, le Grand Héron ou encore ce superbe aigle spécialisé dans la pêche de poissons (mangrove , grande rivières, étangs poissonneux), le Balbuzard pêcheur, sont des animaux situés en haut de la pyramide alimentaire. Position qui les rend particulièrement sensibles aux polluants de l’environnement. En effet, tout au long de la chaîne alimentaire il y a bioaccumulation de certaines molécules chimiques (organochlorés, métaux lourds, ..) qui peuvent avoir des effets délétères sur les fonctions de reproduction ou le système immunitaire.

Pélicans bruns sur la grande saline de st felix . Photo : Maurice Mahieu

l'espèce était en fort déclin dans les années 70 à cause d'un pesticide (DDT ) accumulé dans les poissons.

héron vert ou "kio" . Photo Pierre Garnier

 Un patrimoine à fort potentiel touristique et économique:

l’exemple des étangs de Saint-Martin.

 Grâce à la quasi absence de chasse sur les étangs de Saint-Martin et malgré une certaine dégradation environnementale alentour, ces zones humides accueillent une avifaune exceptionnelle. Exceptionnelle en terme de biodiversité (nombre d’espèces différentes) mais aussi en nombre d’individus qui se comptent par centaines pour certaines espèces comme la superbe Echasse d’Amérique. Les élus de Saint-Martin ont bien compris l’enjeu certes écologique mais aussi économique de préserver ces étangs. Leur protection réglementaire sous forme d’Arrêté de Protection de Biotope interdisant notamment toute forme de remblais, devrait permettre  d’y développer le birdwatching (observation des oiseaux sauvages dans leur milieu naturel) dont sont si adeptes les touristes nord-américains.

Grandes aigrettes en nidification sur un étang de st Martin- en Guadeloupe "continentale" l'espèce ne niche pas.

 Parions que si nous  diminuons sensiblement la trop forte pression de chasse sur certaines zones humides comme l’immense marais de Port Louis (Site Ramsar) la Guadeloupe pourrait réellement développer cette activité écotouristique.

Echasse d"Amérique nicheuse dans les îles du Nord

Développer le "birdwatching" suppose

 - la présence de zones humides diversifiées

 - des zones Humides accueillantes pour les oiseaux  c'est à dire préservées (pourtour arboré, non polluées)  et non chassées (plus grand nombre d’espèces et d’individus, oiseaux moins farouches).

 - faciles d’accès

 - présence d’observatoires discrets (cabanes en bois) bien intégrés au paysage

 - organisation de visites pédagogiques par des guides nature formés

Rechercher

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés