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Texte Libre


Dimanche 13 août 2006 7 13 /08 /Août /2006 19:03

Les Reptiles de l’Archipel guadeloupéen (terrestres)

    (d’après Michel Breuil)

 

 

 

 

               Anolis à tête marbrée (Ph: B ibéné)

I-  Squamates : lézards et serpents

  1- les lézards (lacertiliens) :

      -  les iguanes (Iguanidés) :

- l’iguane des Petites Antilles (Iguana delicatissima)

Iguane des petites Antilles (Photo: RB/ASFA)

[Pas de grosse écaille sous le tympan ; maximum 10 épines sur le fanon et seulement en partie supérieure ; queue unie jamais annelée]

- l’iguane commun ou Iguane vert (Iguana iguana)  INT. INV.

 

 

  

Iguane vert ou commun (Photo: B Ibéné)

[Une Grosse écaille sous le tympan ; plus de 10 épines sur le fanon ;queue annelée de rayures noires]

      - les anolis (Polychrotidés)

- l’anolis de Marie Galante (Anolis ferreus)

                                                    crédit photo : Jérome Oster

- l’anolis d’Anguilla (Anolis gingivinus)

- l'anolis à tête marbré (Anolis marmoratus)
- l’anolis de Petite-Terre (Anolis (marmoratus )chrysops)
- l’anolis de la Désirade (Anolis (marmoratus) desiradei)
- l’anolis de Kahouanne (Anolis (marmoratus) kahouannensis)
- l’anolis de Saint-Martin (Anolis pogus)
- l’anolis des Saintes (Anolis terraealtae)

 

 

 

      - Holotropides (Holotropidés) :

- holotropide roquet (Leicephalus cf. cuneus) EXT.

      - les geckos (Geckkonidés)

- l’hémidactyle mabouia (Hemidactylus mabouia) INT.
- le sphérodactyle bizarre (Sphaerodactylus fantasticus)
- le petit sphérodactyle à grosse écailles (Sphaerodactylus parvus)
- le sphérodactyle d’Anguilla (Sphaerodactylus sputator)
- le Thécadactyle à queue épineuse  (Thecadactyle rapicauda)

Thécadactyle à queue épineuse (Photo: B Ibéné)

      - les gymnophtalmes (Gymnophtamidés)

- le gymnophtalme d’Underwood (Gymnophtalmus underwoodi)
- le gymnophtalme de Plée (Gymnophtalmus pleii)

      - les améives (Téidés)

- l’améive de la Guadeloupe (Ameiva cineracea) EXT.
- le grand Améive (Ameiva major) EXT.
- l’améive de Plée (Ameiva plei)

Améive de Plée (Saint-Barthélémy) . Ph : B Ibéné

      - les scinques (Scincidés)

- le scinque mabouya (Mabuya mabouya)
- le scinque sloanien (Mabuya sloanii)

  2- Les Serpents (ophidiens)

      - les couleuvres (Colubridés)

- la couresse de la Guadeloupe (Alsophis antillensis)

jeune Couresse de la Guadeloupe (Photo : B Ibéné)

- la couresse d’Anguilla (Alsophis rijgermaei)
- la couresse des Saintes (Alsophis sanctonum)

                                   Couresse des Saintes (de Terre de Bas)    (crédit photo : Jérome Oster)


- la petite couresse (Liophis juliae

 

 

 

 

     - les typhlops (Typhlopidés)

- le typhlops de la Guadeloupe (Typhlops guadeloupensis)
- le typhlops de Saint-Barthélémy (Typhlops annae)
- le typhlops brame (Ramphotyphlops braminus) INT. INV


II- Chélonniens : les Tortues (terrestres et palustres)

   - Testudinidés :

-  La tortue charbonnière (Chelonoidis carbonaria)
- La tortue denticulée (Chelonoidis denticulata)

   - Emydidés

- La trachémyde à tempes rouges (Trachemys scripta elegans) INT.INV.
- La trachémyde de Porto Rico (Trachemys stejnegeri)

  - Pélomédusidés

- La péluse de Schweigger (Pelusios castaneus)

Légende EXT. : Eteint,  Disparu  INT. : Introduit  INV. :  Invasif.

 SOURCES : , Breuil M. - Histoire naturelle des Amphibiens et Reptiles terrestres de l'archipel Guadeloupéen. Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy. Patrimoines Naturels, 54, Paris, SPN / IEGB / MNHN.2002. 339 pp

http://www.mnhn.fr/publication/spn/cpn54.html


Dimanche 13 août 2006 7 13 /08 /Août /2006 15:43

L'Iguane des Petites Antilles
Iguana delicatissima (Iguanidés)

Iguane des Petites Antilles (Photo : Michel Breuil)

Répartition géographique : endémique des Petites Antilles. Il est présent à Anguilla, Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Saint-Eustache, Antigua, en Guadeloupe, Dominique et Martinique.

Quantitativement, l'île de la Dominique possède la plus grande population continue de l'espèce, essentiellement grâce à l'importance de la superficie des habitats littoraux. En Guadeloupe, il est présent sur la Basse-Terre, la Désirade, les Saintes et les îles de la Petite-Terre.

Écologie :  régions côtières du niveau de la mer jusqu'à 300 m d'altitude. En Guadeloupe, l'espèce habite les broussailles sèches, les forêts littorales sèches, les ravines humides coupant les bananeraies et la mangrove d'arrière plage, même très dégradée. Sur les îles sèches, elle est inféodée au littoral.

Biologie : reptile végétarien. Sur les îles sèches, il apprécie particulièrement le Poirier, le Mancenillier, le Clerodendron, le Mapou, le Gaïac et les Capparis sp (Bois couleuvre). Sur la Basse-Terre, c'est une liane « patate sauvage » (Ipomoea tiliacea) qui a sa préférence.

Le régime alimentaire de l'Iguane des Petites Antilles varie avec les saisons : il se compose plutôt de feuilles au Carême, et davantage de fleurs ou fruits de divers arbres et buissons durant l'Hivernage.

Les femelles gravides semblent migrer vers leur lieu de naissance afin d'y pondre. Elles ont besoin de zones sableuses, drainées et ensoleillées, où elles forment un nid en tunnel de 1 m de long. Les nouveau-nés quittent le nid en pleine saison humide alors que la végétation est abondante.

Iguane des Petites Antilles (photo : Merlin/asfa)

Importance numérique : la population totale d'Iguanes des Petites Antilles est estimée à 30 / 40 000 individus.
L'effectif de l'espèce à Petite-Terre (12 000 individus en 1995, à l'apogée du développement de la population) est comparable à celui de la Dominique. Petite-Terre rassemble plus du tiers de la population mondiale de l'espèce. Ces îles de la Petite-Terre abritent la plus forte densité d'Iguanes des Petites Antilles : 88 individus /ha en 1995.
L'Archipel guadeloupéen héberge plus de la moitié des effectifs mondiaux d'Iguanes des Petites Antilles.

Statut : espèce endémique des Petites Antilles en forte régression. Le déclin de la population est supérieur à 10 % par génération pour les deux dernières générations et il n'existe que deux populations d'effectif supérieur à 5 000 individus (celles de la Dominique et de Petite-Terre.
Les critères « taille des populations » et « facteurs de menace » permettent de classer l'espèce dans les différentes Catégories UICN : 

-      L'Iguane des Petites Antilles est une espèce éteinte à Barbuda, Nevis, Saint-Christophe, ainsi qu'à Marie-Galante, les îles Fourchue, Chevreau, Bonhomme, Toc Vers, et Frégate (Saint-Barthélemy).

-      L'espèce est gravement menacée d'extinction en Grande-Terre, aux Saintes, à Saint-Martin, Antigua, Anguilla, Saint-Eustache. Il y a 50 % de risques d'extinction de l'espèce dans les deux générations suivantes.

-      Elle est menacée d'extinction à Basse-Terre (répartition supérieure en Côte sous le vent), Saint-Barthélémy, à la Martinique et sur son îlet Chancel. Ces îles ont connu une diminution d'effectif de l'Iguane des Petites Antilles d'au moins 50 % au cours des 3 dernières générations.

-      L'espèce est vulnérable à la Dominique, à la Désirade. Chaque île abrite une population inférieure à 10 000 individus. 


Menaces : si l'Iguane des Petites Antilles a pu survivre aux perturbations climatiques majeures telles les cyclones (bien que les ouragans Luis et Marylyn aient perturbé la dynamique de la population), les facteurs anthropiques le menacent sérieusement.

La destruction des habitats : les îles les plus cultivées sont celles où l'Iguane des Petites Antilles a disparu ou ne subsiste que sous forme de petites populations. Depuis la colonisation, son biotope originel s'est considérablement altéré à cause de l'agriculture (plantations de canne à sucre), l'exploitation du bois, le surpâturage par les petits ruminants, l'urbanisation du littoral et autres aménagements côtiers à des fins touristiques.

Le braconnage : c'est une pratique encore courante en Guadeloupe.

Le trafic routier : sont d'autant plus cruellement victimes les femelles gravides en migration vers les sites de ponte côtiers (fin Carême) et les petits quittant le nid (début Hivernage).

L'introduction d'espèces prédatrices de jeunes (les chats et chiens notamment). Elle subit également la compétition de l'Iguane vert ou Iguane commun (Iguana iguana), espèce anthropophile et opportuniste en pleine expansion.

Enfin, l'hybridation de l'Iguane des Petites Antilles  avec son seul congénère l'Iguane vert est un facteur déterminant de la raréfaction de l'espèce. Pour Michel Breuil, c'est le facteur principal de la disparition d'Iguana delicatissima aux Saintes. Sur Basse-Terre et grande-Terre l'Iguane vert fait disparaître les dernières populations d'Iguanes des Petites Antilles.

Seules les îles de Saint-Barthélemy, de Petite-Terre et de la Désirade, tout comme la Dominique, ont échappé pour l'instant à l'introduction (naturelle ou du fait de l'homme) et à la colonisation de l'Iguane vert.

En savoir plus :
Breuil M. - Histoire naturelle des Amphibiens et Reptiles terrestres de l'archipel Guadeloupéen. Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy. Patrimoines Naturels, 54, Paris, SPN / MNHN. 2002, 339 pp.


Dimanche 13 août 2006 7 13 /08 /Août /2006 14:47

anolis mangeant un jeune hémidactyle (Photo : b Ibéné)

 

 

 

 

Le peuplement herpétologique de l'arc antillais est riche en terme de diversité spécifique. En effet si chaque île possède relativement peu d'espèces de reptiles, cette pauvreté est compensée par un endémisme marquée. Ce peuplement se compose en majorité d'espèces originaires d'Amérique du Sud. En revanche, la contribution des Grandes Antilles dans l'origine du peuplement herpétologique des îles du Nord (dont Saint-Martin et Saint-Barthélemy) est importante.

Améive de Plée (Saint-Barth). Photo : B Ibéné

L'Archipel guadeloupéen possède avec Grenade le peuplement en reptiles le plus riche des Petites Antilles : 5 espèces de tortues térrestres, 20 de lézards (plus 3 taxons éteints), 7 de serpents (espèces indigénes et introduites sont comptabilisées)

Anolis à tête marbré "zandoli"  mâle, un anolis endémique très commun.

 



Reptiles endémiques de la Guadeloupe et des Petites Antilles:

Espèces endémiques de l'Archipel guadeloupéen 

- l'Anolis à tête marbrée   Anolis marmoratus ssp.

- l'Anolis des Saintes   Anolis (marmoratus) terraealtae°

- l'Anolis de la Désirade   Anolis (marmoratus) desiradei °

- l'Anolis de Petite-Terre   Anolis (marmoratus) chrysops°

- l'Anolis de Kahouanne   Anolis (marmoratus) kahouannensis°

- l'Anolis de Marie-Galante   Anolis ferreus

- l'Anolis de Saint-Martin   Anolis pogus (DN)

- le Sphaerodactyle bizarre   Sphaerodactylus fantasticus*

- le Typhlops de la Guadeloupe Typhlops guadeloupensis

- le Typhlops de Saint-Barthélémy   Typhlops annae (DN)

 
Espèces endémiques des Petites Antilles présentes en Guadeloupe:
 
- l'Iguane des Petites Antilles   Iguana delicatissima

- l'Ameive de Plée   Ameiva plei (DN)

- le Sphaérodactyle d'Anguilla   Sphaerodactylus sputator (DN)

- l'Anolis d'Anguilla    Anolis gingivinus (DN)

- la Petite couresse   Liophis juliae

- la Couleuvre d'Anguilla   Alsophis rijgersmaei (DN)

- la Couresse de Guadeloupe   Alsophis antillensis


 

 ° certains auteurs considèrent encore ces espèces comme des sous-espèces de A. marmoratus.

* 2 sous-espèces sur les 9 sont présentes en Dominique et Martinique.

(DN) : Dépendances du Nord 

 

Anolis de Saint-Barthélemy endémique de l'île.


Plusieurs espèces ont été introduites. C'est le cas du Mabouya domestique (Hemidactylus mabuia) qui n'est pas considéré comme un espèce invasive.

Thécadactyle à queue épineuse (Thecadactyle rapicauda) et un mabouya domestique (Hemidactylus mabuia) bien plus petit.  Photo : B Ibéné

Le statut indigène ou introduit reste incertain pour les tortues présentes en Guadeloupe,  aussi bien pour les espèces terrestres comme la Tortue charbonnière (Chelonoidis carbonaria), que pour celles palustres, comme la Trachémyde de Porto-Rico (Trachemys stejnegeri) ou la Péluse de Schweigger (Pelusios castaneus). Il s'agirait de toute façon d'introductions anciennes (certaines depuis les Arawaks), et ces espèces sont maintenant considérées comme patrimoniales.

En revanche, l'opportuniste et envahissante Trachémyde à tempes rouges appelée « Tortue de Floride » (Trachemys scripta elegans), d'introduction récente est compétitrice des autres espèces.


En savoir plus sur l'herpétofaune des Antilles 

http://www.mnhn.fr/publication/spn/cpn54.html

Breuil M. - Histoire naturelle des Amphibiens et Reptiles terrestres de l'archipel Guadeloupéen. Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy. Patrimoines Naturels, 54, Paris, SPN / IEGB / MNHN. 2002, 339 pp.

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