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Samedi 9 septembre 2006 6 09 /09 /Sep /2006 18:01

La Mangouste indienne  Herpestes auropunctatus

  

 mangouste juvénile apprivoisée , adorable animal de compagnie la mangouste est un prédateur redoutable pour la faune locale.

Mammifère introduit volontairement en Guadeloupe en 1888, afin de lutter contre les rats qui dévastaient les plantations de canne à sucre. Ce Viverridé prolifique (2 portées par an, de 1 à 5 petits, a colonisé tous les milieux de l’Archipel. En effet, si la Mangouste semble préférer les régions côtières xérophiles, elle est bien présente en forêt  hygrophile de la Basse-Terre et se retrouve même jusqu’à 1 100 m d’altitude au pied de la Soufrière.

Son régime alimentaire est éclectique : omnivore à tendance carnivore. Les rongeurs, oiseaux et leurs œufs sont les proies préférées des mangoustes, mais elles consomment aussi des amphibiens, petits reptiles terrestres, crustacés, myriapodes et des fruits.

 

 Cette introduction a été complètement inefficace dans la régulation à long terme des populations de rats et a été considérée comme un fléau. Devant les ravages qu’elles causaient aux élevages de volailles, des campagnes anti-mangoustes ont été menées. Comme les précédentes, la dernière en date de 1977, qui a éliminé près de 16 000 individus, a échoué.

  L’introduction de la Mangouste, comme dans beaucoup d’îles océaniques, a eu un  « impact écologique spectaculaire ». Elle fut en effet très dommageable pour la faune locale.

 

 On lui impute la disparition de l’Ameive de Guadeloupe (Ameiva cineracea) et de la Chevêche des Terriers (Athene cunicularia).

  Elle demeure un important facteur de raréfaction de plusieurs espèces insulaires. Les lézards du genre Ameiva, comme les couleuvres Alsophis sp. et Liophis sp., semblent particulièrement sensibles à la prédation de la mangouste. Les Scinques des Antilles (Mabuya mabouya) et les nouveau-nés ou jeunes iguanes payent probablement un très lourd tribut à son action prédatrice.

  Parmi les mammifères, l’Agouti est le plus menacé par le Viverridé qui s’attaque à ses petits.

  La prédation sur l’avifaune s’exerce principalement au nid, sur les œufs et les poussins ainsi que sur les juvéniles cherchant leur nourriture au sol. Les œufs et poussins des oiseaux de mer, notamment les sternes blanches nichant à même le sable, sont particulièrement vulnérables. Il en est de même des Colombidés du genre Geotrygon, connus pour leurs mœurs terrestres. La mangouste aggrave également le mauvais état de conservation de la Colombe à croissants (G. mystacea).

 

 Sources :

 - BÉNITO-ESPINAL, E. - La Faune II. – In La grande encyclopédie de la Caraïbe.- Italie, Sanoli éd., 1990. Tome 4, 207p.

- BREUIL, M.  - Histoire naturelle des Amphibiens et Reptiles terrestres de l'archipel guadeloupéen, Saint-Amrtin, SAint-Barthélémy. Patrimoine Naturels, 54, PAris, SPN/IEGB/MNHN, 2002, 339p

- CHARLES-DOMINIQUE, P. & MOUTOU, F.- Les carnivores des DOM-TOM.- Coll. Encyclopédie des carnivores de France.- Paris, S.F.E.P.M., 1987. 27p.

 - FELDMANN, P., BARRÉ, N., BREUIL, A., BREUIL, M., LORVELEC, O. PAVIS, C. - Les vertébrés terrestres du site du projet de barrage de Bras David (Basse-Terre). Rapport AEVA, 1996, n°14., Convention AEVA /Stucky S.A., Petit-Bourg, Guadeloupe, 54p.

 

- HENDERSON, R. W. - Consequence of predator introductions and habitat destruction on Amphibians and Reptiles in the Post-Columbus West Indies. – Caribbean Journal of Science, 1992, 28, 1, 1-10.

-IBENE, B - Conservation dela faune sauvage de l'Archipel guadeloupéen : espèces ensibles et menacées, dangers,mesures de sauvegarde -Thèse pour le Doctorat Vétérinaire - Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse, 2000. 136pp.

 - NELLIS D. W. & EVERARD, C.O.R.. - The biology of the mangoose in the Caribbean.- Studies on the fauna of Curacao and other Caribbean islands, 1983, 64, 1-162. 

 

 

- PASCAL, M., BARRÉ, N., LORVELEC, FELDMANN, P., PAVIS, C. - Faisabilité écologique d’un programme de piégeage de la Mangouste dans la Réserve Naturelle de la Caravelle (Martinique).- Rapport AEVA, 1996, n°12, Petit-Bourg, Guadeloupe.- 15p.

- PINCHON, R. - Faune des Antilles Françaises : les oiseaux. - 2ème éd. Fort de France, Compte d’auteur, 1976.- 325p.

 

 

 


Samedi 9 septembre 2006 6 09 /09 /Sep /2006 01:01

Les oiseaux constituent la classe de vertébrés terrestres la mieux représentée dans l'Archipel guadeloupéen.

La dernière liste d'oiseaux établie d'après les observations de plusieurs ornithologues compte 243 espèces dont 70 nicheuses. Il s'agit d'oiseaux sédentaires, de nicheurs non sédentaires, de migrateurs réguliers, et des espèces accidentelles ou erratiques. Cette liste comptabilise également plusieurs espèces introduites (échappées de volières) et naturalisées.




- Les espèces sédentaires
Le peuplement avien de l'Archipel s'est fait selon une voie du sud, celle du continent sud-américain, et une voie du nord, celle des Grandes Antilles et de l'Amérique centrale. Les espèces sédentaires ont donc des affinités biogéographiques avec l'avifaune de ces régions.

La région antillaise n'a pas une diversité spécifique aussi riche que les autres régions du « Nouveau Monde ». En effet, comme le souligne Jean Dorst (in Pinchon) seul un nombre restreint d'espèces ont pu parvenir aux îles car « l'isolement et l'insularité ont entraîné un sévère filtrage » . L'arc antillais est donc propice à l'endémisme : sur les 70 espèces sédentaires des Petites Antilles 33 y sont endémiques.

L'Archipel guadeloupéen possède avec la Martinique et la Dominique le plus grand nombre d'espèces sédentaires (une cinquantaine) des îles des Petites Antilles. La Guadeloupe héberge 13 espèces endémiques des Petites Antilles (3 d'entre elles étendent leur aire de répartiion à porto Rico et aux îles vierges). Elle compte une espèce endémique stricte, le Pic de la Guadeloupe, et 15 sous-espèces endémiques.


Répartition des 13 oiseaux endémiques des Petites Antilles présents en Guadeloupe

nom français

nom latin

nom créole

N d'îles

Pic de Guadeloupe

Melanerpes herminieri

toto bwa, tapè,

1(end)

Paruline caféiette

Dendroica plumbeus

caféiette, tic-tic

2

Moucherolle gobe-mouches  

Contopus latirostris

gobemouche, tobé lévé

3

Saltator gros bec

Saltator albicolis

grive gros bec

4

 Martinet chiquesol

Chaetura martinica

petit martinet noir

4

Grive à pattes jaunes

Cichlherminia lherminieri

grive pieds jaunes

4

Tyran janneau

Myiarchus oberi 

siffleur huppé

6

Moqueur grivotte

Margarops fuscus

grive fine

 9

Trembleur brun

Cinclocerthia ruficauda

grive trembleuse, cocobino

9

Colibri madère  

Eulampis jugularis

falle rouge

11

*Colombe à croissant

 Geotrygon mystacea  

perdrix croissant

12

°Colibri falle vert

Eulampis holosericeus

falle vert

12

°Colibri huppé

Orthorhiyncus cristatus

fou-fou

16  



Légende :
N* : Nombre d'îles des Petites Antilles où l'espèce est présente (sur 18).
end : endémique .

* : extension aux îles vierges , très rare à Porto Rico
° : extension  à Porto-Rico et aux îles Vierges.


Parmi les espèces sédentaires, nous incluons les espèces présentes toute l'année sur la Guadeloupe même si elles ne s'y reproduisent pas, comme par exemple la Frégate superbe (Fregata magnificens) nicheuse à Barbuda, ou la sous-espèce de Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus ridgwayi) nicheuse à Cuba et Sainte-Lucie. 


-  Les espèces nicheuses non sédentaires
Ce sont des espèces qui ne sont pas présentes toute l'année sur l'Archipel mais qui y viennent pour nicher. Il s'agit surtout des oiseaux de mer : phaétons, sternes, puffins,...soit une dizaine d'espèces.

                              Phaéton à bec rouge ou grand paille en queue qui ne fréquente la Guadeloupe que pour y nicher,    le reste du temps il vit au large

C'est aussi le cas de certains oiseaux migrateurs qui nichent dans la région et semblent migrer ensuite dans le Sud comme l'Hirondelle à ventre blanc ou hirondelle des Antilles (Progne dominicensis) ou le Gros martinet noir (Cypseloides niger).


- Les espèces migratrices régulières
L'arc antillais représente un axe de migration important pour nombre d'oiseaux nord-américains qui passent l'hiver aux Antilles (espèces hivernantes) ou y font escale avant de gagner l'Amérique du Sud. Certains reprennent cette même voie au retour, mais, souvent « pressés de regagner leur véritable patrie », ils s'attardent moins longtemps qu'à l'aller sur l'Archipel guadeloupéen. Les autres oiseaux migrateurs coupent en diagonale la mer des Caraïbes pour rejoindre directement l'Amérique du Nord.

Certains individus migrateurs affaiblis, blessés ou immatures, peuvent rester estiver en Guadeloupe.

Une soixantaine d'espèces migratrices régulières enrichissent ainsi l'avifaune indigène de la Guadeloupe.

Ce sont surtout les oiseaux inféodés aux zones humides : de nombreux limicoles, des Anatidés, des Ardéidés (hérons, aigrettes) ou encore le Martin-pêcheur d'Amérique (Megaceryle alcyon)

martin pêcheur d'amérique migrateur régulier sur nos zones humides

Plusieurs espèces terrestres visitent aussi régulièrement l''Archipel : des passereaux nord-américains (dont une quinzaine d'espèces de parulines), des rapaces (le Faucon émerillon - Falco columbarius, le Faucon pèlerin - Falco peregrinus, la sous-espèce migratrice de Balbuzard pécheur - Pandion haliaetus carolinensis), ), l'Engoulevent d'Amérique (Chordeiles minor), le Coulicou bec jaune (Coccyzus americanus).


- Les espèces erratiques ou accidentelles
Une soixantaine d'espèces erratiques ou accidentelles peuvent se trouver en Guadeloupe. Il s'agit notamment d'oiseaux déviés de leur route habituelle de migration.

Ces visiteurs occasionnels sont plus fréquemment observés lors de perturbations climatiques. Citons par exemple, la Barge marbrée (Limosa fedoa), la Spatule rosée (Platalea ajaja), ou le bel bis falcinelle (Plegadis falcinellus)

                                       Ibis falcinelle accidentel très raremet en visite chez nous (étang castaing Ste Anne)

- Les espèces introduites :
Ce sont des échappés de volières, principalement des Estrildés (capucins, astrilds..) et des Psittacidés (perruches, conures, amazones).
Parmi une trentaine d' espèces exotiques moins d'une diziane se sont naturalisées (devenues nicheuses) dont la Tourterelle turque (Streptopelia decaocto) devenue très commune et invasive en Guadeloupe. Elle rentre en compétition avec la tourterelle " locale" à queue carré et peut lui transmettre de maladies comme la   trichomonose (épidémie constatée depuis plusieurs mois en Guadeloupe).

                               Tourterelle turque, espèce introduite naturalisée et en pleine expansion même dans les milieux naturels de la Guadeloupe


Crédits photos : Pierre Garnier, Béatrice Ibéné

Sources :

- AEVA, 2005 (Levesque A., Villard P., Barré N., Pavis C. & Feldmann P., ). Liste des Oiseaux des Antilles françaises. Rapport n°29 de l'Association pour l'Etude et la protection des Vertébrés et végétaux des petites Antilles (AEVA). Petit-Bourg, Guadeloupe, juillet 2005

- Leblond, G. Les oiseaux marins nicheurs de Guadeloupe, de St Martin et St Barthélemy. 2003. BIOS/DIREN.

-BÉNITO-ESPINAL, E. - La Faune I. – In La grande encyclopédie de la Caraïbe. - Italie, Sanoli éd., 1990. Tome 3, 205p.

-BÉNITO-ESPINAL, E., & HAUTCASTEL, P. - Les oiseaux menacés de Guadeloupe et de Martinique. - In : Liste rouge des oiseaux menacés d’Outre Mer. – Saint-Cloud, C.I.P.O., 1988. Monographie n°5, 37-54

-PINCHON, R. - Faune des Antilles Françaises : les oiseaux. - 2ème éd. Fort de France, Compte d’auteur, 1976.- 325p.

- FELDMANN, P. & PAVIS, C.- L’Avifaune des étangs de l’Est de Saint-Martin : observation en période de migration (novembre 1994). Rapport AEVA, 1995, 4, Petit-Bourg, Guadeloupe, 12p


Jeudi 7 septembre 2006 4 07 /09 /Sep /2006 15:35

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